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jeudi, 03 mai 2012

Les prisonniers politiques


Nous avons énormément régressé dans la vie politique en Côte d’Ivoire. Oui ! il n’y pas qu’en politique que nous ayons régressé. En attendant de revenir sur toutes les régressions que nous impose le régime de Dramane Ouattara, je voudrais m’appesantir sur une situation politiquement dépassée à laquelle on est en passe de s’accommoder en Côte d’Ivoire. Avant Dramane Ouattara, nous avons connu le régime d’Houphouët Boigny, ensuite celui de Henry Konan Bédié, Robert Guei, et enfin de Laurent Gbagbo. Tous ces régimes différents les uns des autres nous ont donné comme une tradition ou une culture qui traverse les générations politiques, le respect, dans une certaine mesure, de la dignité de nos concitoyens. Avec le temps, les Ivoiriens ont commencé à comprendre que malgré nos divergences politiques qui peuvent émaner de nos diversités culturelles, nous formons une unité indivisible de frères. En le disant, d’aucuns croiraient que nous voulons donner dans le sentimentalisme pour amadouer un régime cruel. Non, notre démarche relève d’un constat qui refuse d’être un appel à la compromission. Parce que je suis convaincu, qu’on peut être humain en politique sans se compromettre. Au début des indépendances, on a pu mettre la fermeté politique et toutes les violations des droits de l’homme sur le compte de toutes les velléités de sécession, quelque fois à caractère tribale qui secouaient la frêle nation qui venait de naitre. Sans donner un quitus aux méthodes sauvages qui ont accompagné la répression du président Houphouët, on pouvait toujours comprendre qu’il a fallu une certaine dose de fermeté pour asseoir la nation ivoirienne. On pouvait d’autant plus comprendre cela que le président Houphouët, une fois que de la Cote d’Ivoire s’est consolidée dans la réalité d’une communauté ivoirienne distincte, ne s’est jamais accommodé à l’idée d’avoir un prisonnier politique. Il n’aimait certainement pas l’adversité politique, mais il respectait ses opposants politiques. De lui malgré tout ce qu’on a pu imaginer d’atroce, son opposant historique Laurent Gbagbo a retenu cette expression célèbre : « Hélas, tu me ressembles ! ». La ressemblance de l’amour que les deux portaient pour leur pays. Après cet épisode, les ivoiriens ont connu le régime de Konan Bédié, celui de robert Guei et de Laurent Gbagbo. Sous aucun de ces régimes on n’a parlé de prisonniers politiques malmenés dans des goulags. Ces hommes politiques ont compris qu’au-delà de tout ce qui pouvait les diviser, il y a l’amour d’une nation qui les unit quelque part et qui les force au respect mutuel. On ne peut pas aimer un peuple et indigner ses fils au delà du nécessaire. Nous ne nous souvenons plus dans quel pays en Afrique un dirigeant politique s’accommode d’avoir des prisonniers politiques. Depuis la libération de Nelson Mandela, il n’y a que Dramane Ouattara qui se plait d’avoir emprisonné un chef de parti politique, des députés de la nation, des journalistes, et de simples citoyens pour leurs opinions… Même la junte militaire Birmane trouve cela démodé. Mais que voulez-vous ? Sommes-nous encore une nation souveraine, une communauté soudée par la tradition ?

Joseph Marat

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