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jeudi, 03 mai 2012

Repassez après cinq ans pour les doléances


Dramane Ouattara n’était pas là hier à la fête du travail du premier mai. Y a-t-il un mal particulier qui le saisit chaque fois à l’approche de cette fête ? L’année passée aussi il a fait un faux bond aux travailleurs qui sont restés sans interlocuteurs avec leur pile de doléances. Cette année, Il a pris soin, la veille de la fête des travailleurs de prendre un avion pour la France où officiellement il effectue une visite privée. Et surtout, où, son ami Nicolas Sarkozy organise à la place du Trocadéro une fête pour les “vrais travailleurs”. La discrimination n’a pas de frontières. Un pied de nez à tous ces misérables, sans emploi qui vivent des allocations, fruits du travail vrai des autres. Sous les tropiques cela ne risque même pas d’arriver. On n’a pas fini de payer les travailleurs qui sont d’ailleurs “en voie de disparition“. Les chômeurs ne peuvent même pas espérer un centime pour leur désespérance et leur démographie galopante. En fait, sous les tropiques, il faut plutôt parler de la fête du chômage. Et Dramane Ouattara qui, depuis deux ans, marque chaque fois son absence à cette occasion, n’a pas tort. Il n’a pas envie d’écouter les jérémiades des gens qui veulent «travailler» alors que tout est fait pour qu’ils célèbrent plutôt le chômage. La véritable fête du travail c’est à la place du Trocadéro et non ici. L à bas, Sarkozy a invité tous ses partisans à un grand meeting pour l’aider à rempiler en dénonçant tous les privilèges qu’on accorde à des gens qui ne travaillent pas parce qu’ils ne veulent certainement pas travailler. Depuis que le militant a répondu à l’appel du leader charismatique laissant les soi-disant travailleurs ivoiriens à leur sort, les mauvaises langues ne cessent de médire. Il serait allé avec une mallette de 500 bâtons pour se faire pardonner sa petite trahison. Il aurait douté du succès final du guide éclairé de la françafrique et aurait osé faire la cour à l’adversaire socialiste. Un simple coup de fil n’aurait pas suffi. Dans certaines traditions, un tel crime de lèse majesté vaut le sacrifice de plusieurs moutons. A une échelle moderne, on a certainement transmis le message qu’un meeting à la place Trocadéro pour exorciser tous les démons de la défaite électorale vaut bien un déplacement et une serviette bien pleine.

Joseph Marat

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