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dimanche, 06 mai 2012

Il y avait un chiffonnier sur le plateau


Les débats entre les deux candidats du second tour des élections en France ont toujours eu une constance qui me fonde à dire que le peuple et peut être tous les peuples au monde n’aiment pas avoir a leur tête des hommes agités. Quand j’étais plus jeune, j’ai vu la fougue de jacques Chirac face à un Mitterrand, à mon sens trop timoré. Avec un peu d’expérience je dirai aujourd’hui « bien serein ». J’ai regardé Lionel Jospin face à Jacques Chirac en 1995. Jospin qui participait a son premier débat de ce niveau, faisait office de challenger. Il avait la fougue de son coté. Chirac qui n’était pas à son premier coup, m’a paru dans les cordes devant l’excitation chaleureuse du jeune premier. En 2002, il n’y a pas eu de débat. En 2007, le débat a opposé Ségolène Royal à Nicolas Sarkozy. Les deux étaient novices. Mais Nicolas Sarkozy qui héritait par idéologie du bilan de Chirac, pouvait difficilement jouer le rôle d’un challenger. Il eut néanmoins une phrase célèbre qui marqua le tournant du débat. Devant une Ségolène Royale qui refusait de se calmer, il dit calmement : « pour diriger un pays comme la France, il faut bien être calme ». Même si, durant les cinq dernières années, la France n’a jamais eu une chef d’Etat aussi agité, Sarkozy avait su camper, à cet instant, le rôle parfait du président que les français ont toujours voulu. Nous qui, avant de comprendre, avions une vision pugilistique des débats politiques, avons chaque fois été déçu du résultat final. Nous ne comprenions pas pourquoi ces français choisissaient chaque fois le moins pugnace et le moins bon des débateurs. La maturité nous permettra de comprendre que les peuples font toujours le choix de la sérénité et de la maitrise de soi chez les candidats à l’élection présidentielle. Avant-hier, au cours du débat qui a opposé Nicolas Sarkozy à François Hollande, mis a part les militants Ump qui veulent encore y croire, la victoire a choisi son camp. La petite expérience que j’ai des élections présidentielles en France me dit que le 6 mai prochain François Hollande l’emportera devant Sarkozy qui a été dans une méforme qui n’a échappé à personne. Les observateurs du langage comportemental diront même que celui qui a incarné la présidence française ces cinq dernières années, s’était lui-même convaincu qu’il perdra. Pour notre part, il faudra certainement se désillusionner et penser qu’avec Hollande, tous nos problèmes prennent fin. Il a été élu pour défendre les intérêts du peuple français. Le seul intérêt pour toutes les luttes à l’émancipation des peuples encore opprimés, c’est que cette élection nous aura débarrassé d’un interlocuteur qui n’écoutait que la voix de son instabilité.

Joseph Marat

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