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mardi, 08 mai 2012

Le changement


« Nicolas Sarkozy est tombé, mais cela ne changera rien dans les relations entre la France et la Cote d’Ivoire ». M’a lancé un ami du RHDP avec qui j’ai voulu partager la nouvelle du changement de pouvoir en France. Je n’ai pas voulu poursuivre cette conversation. Elle ne m’aurait pas avancé puisque sa réaction me donnait le sentiment qu’il n’était pas prêt à saluer la victoire de la démocratie en France. Il semblait trop attaché à la personne de Nicolas Sarkozy. Et je le comprenais Ị Plus tard un collègue me dira que dans le taxi communal qu’il a emprunté ce lundi matin, le chauffeur plaignait les français. « Les français ne sont pas très futés, ils ont chassé Sarkozy, ils vont le regretter ». Tout cela montre l’ampleur du désespoir de tout ceux qui ont un peu trop vu en Sarkozy un surhomme qui aurait du s’imposer à son peuple comme il a imposé ses petits copains aux autres peuples. Sans m’attarder sur ces réactions qui cachent les larmes d’une défaite personnifiée, je me suis aussi souvenu d’une réflexion que Michel Rocard aurait, en privé, confié à un homme politique ivoirien. « Pour que ça change chez vous, il faut que ça change chez nous et pour que ça change chez nous il faut que ça change chez vous ». Je suis de ceux qui pensent que la rencontre de l’Afrique et de la France a produit une autre culture de coopération qu’une révolte de ressentiments ne suffirait pas à déconstruire. La volonté de déconstruction de cette relation serait même commune de part et d’autre qu’elle n’y arriverait pas. Les Etats colonisés par la France sont devenus plus francophone, plus français et plus francophile quelquefois à leur corps défendant. Et la France a commencé à se colorer des apports de toutes ses connexions internationales. Ce qu’il nous faut combattre, en attendant de le nommer autrement, c’est le caractère vicié de la françafrique qui consiste à continuer de traiter les peuples qu’on a annexés dans le passé comme des civilisations inferieures pour qui la démocratie serait un luxe et qui ne seraient pas entrées suffisamment dans l’histoire. Je présuppose donc une autre France-Afrique ou pourquoi pas une Afrique-France pour dire avec Rocard que pour que ça change ici, il faut que ça change là bas et pour que ça change là bas il faut que ça change ici. Pour notre part en Cote d’Ivoire, l’élection de François Hollande est le dernier changement que nous attendions pour que tout change pour nos deux peuples. Pour ce bond qualitatif commun dans le rapport de l’Afrique avec la puissance Française, la Cote d’Ivoire a pris de l’avance depuis 2000. Ça avait déjà changé chez nous avec l’élection de Laurent Gbagbo et sa politique de refondation. Sur la marche du changement de mentalité et du progrès pour tous nous attendions la France. Nous espérons seulement que le changement dont parle François Hollande ne sera pas celui d’un écran de fumée.

Joseph Marat (Aujourd'hui)

Commentaires

Il nous appartient de combattre sans états d'âme cette hydre à mille tête appelée françafrique. Sans états d'âme car l'homme blanc n'acceptera jamais, librement, de lâcher sa proie Africaine. Sa survie en dépend. Bientôt, je vous ferai parvenir une réflexion en ce sens.

Écrit par : kephrem | jeudi, 10 mai 2012

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