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mardi, 15 mai 2012

La clé de son discours


Décidemment ! Dramane Ouattara ne finira pas de nous surprendre. Ou du moins il a fini de nous surprendre. On a finalement fini de comprendre comment il fonctionne. La clé pour lire dans l’homme comme dans un livre ouvert est simple. Il suffit de penser le contraire de tout ce qu’il dit. Il fait partie de ces hommes qui disent simplement ce qu’ils ne peuvent pas faire ou ce dont ils s’engagent à faire le contraire.
Je lisais hier la contribution d’un de nos lecteurs à propos de l’injonction que ce dernier a faite à la junte bissau-guinéenne de libérer tous les prisonniers politiques. Dans l’absolu, nous condamnons non seulement le coup de force mais aussi le fait qu’un régime quel qu’il soit s’encombre de prisonniers politiques. Mais entre nous, Dramane Ouattara se croit-il en mesure de faire la morale à une junte militaire sur la question. Lui, qui prétend être un « démocrate », a-t-il oublié qu’il est le modèle de tous ces putschistes de la sous-région. Ceux de la Guinée Bissau ont seulement pris un raccourci, sinon ils ne se disent pas moins « démocrates ». C’est d’ailleurs au nom de toutes ces valeurs qu’ils ont, en plein processus électoral, opté pour un coup de force. Ils se sont souvenus que le patron actuel de la CEDEAO avait plutôt opté pour le bombardement des institutions et le kidnapping du président en exercice du pays qu’il dirige aujourd’hui au lieu de laisser le processus électoral aller jusqu'à son terme par un simple recomptage des voix. Il est d’autant mal placé pour faire cette leçon aux putschistes bissau-guinéens qu’au moment où il la fait, ses goulags à lui sont remplis de chefs de partis politiques, de professeurs d’université et de haut cadres dont les compétences jurent avec celles de ses actuels proches collaborateurs.
J’étais encore en train de méditer les observations de notre contributeur quand j’apprends qu’alors que les Ivoiriens font le parcours du désert sans oasis avec la simple promesse sans suite d’une pluie de milliards, un autre coup dur viendra meubler leur quotidien. Les factures de l’eau et de l’électricité vont prendre l’ascenseur. Il faut avoir le moral parce que désormais nous connaissons l’homme. Quelques morceaux choisis. Pour cinq universités en cinq ans à raison d’une par an, il les a toutes fermées. Il a promis 200 000 emplois par an, après une année seulement il en a fait perdre plus de 200 000. Lui, qui moquait le président Gbagbo de déshonorer la Côte d’Ivoire avec le PPTE, il ne jure plus que par sa coquille vide.

Joseph Marat

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