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vendredi, 01 juin 2012

Ragots



Il n’y pas longtemps, précisément le 16 mai dernier, la presse se faisait l’écho des 600 éléments de preuves réunies par OCampo contre le président Laurent Gbagbo. On s’était même étonné qu’on ait pu réunir autant de preuves contre un co-auteur indirect. L’inquiétude a ensuite fait place à l’étonnement. Si ces preuves contre le président Gbagbo sont réellement constituées, ne serait-ce qu’au quart, nous avons des raisons de craindre de ne pas revoir de si-tôt notre champion. Nous qui vivons les événements depuis le début et qui sommes convaincus de la vacuité de tout ce qu’on peut reprocher au président Laurent Gbagbo, sommes tout de même inquiets parce que malgré notre foi en son innocence, nous savons quelque part que ceux qui nous font subir le martyre depuis plus de vingt ans et qui ont été capables de bombarder le palais d’un chef de l’Etat avant de l’enlever et de le déporter hors de son pays, sont capables de tout. Même inventer des preuves pour parachever ce qu’ils ont commencé. Ils avaient déjà fait le plus dur. Ils ont mobilisé des armées, écrasé avec leurs chars les corps de jeunes patriotes qui formaient des boucliers humains devant le palais de la présidence, tué un ministre de la République qui brandissait un drapeau blanc en guise de cessez-le-feu, ils ont ensuite traqué à travers tout le pays tous ses partisans, les désargentant et les condamnant à l’exil forcé pour les plus heureux, assassinés et « fossecommunisés » pour les plus malheureux. Ce n’est donc pas une compilation de mensonges contre le persécuté de Mama qui aurait été le plus difficile. Dans un coin de l’espoir que nous entretenons de voir la véritable justice triompher dans cette affaire, la crainte de cette capacité de nuisance dont ils ont déjà fait preuve ne cesse de nous tarauder. Et c’est d’ailleurs cette force énorme contre le président Laurent Gbagbo qui alimente notre foi en ce Dieu qui a livré Goliath à David. Notre état d’esprit était loin d’intégrer que le fameux procureur de la CPI qui a traqué le chef de l’Etat Soudanais Oumar Al Bachir et eût la main heureuse sur Laurent Gbagbo était un plaisantin. Le document qui accompagne les 600 éléments de preuves d’OCampo nous est parvenu par une correspondance particulière. Il ne nous a pas été possible d’en faire une lecture profonde. Mais notre lecture diagonale, nous a suffisamment permis de juger à quel point le procureur de la CPI est un « ragoteur » à la petite semaine. Avant de vous laisser lire ce document qui vous permettra d’avoir une idée de la palette d’absurdités et de commérages que l’Argentin colporte contre le président Gbagbo, sachez qu’une obsession a été communiquée au pauvre procureur qui, à travers son document montre nettement qu’il était loin des faits. Celle qui consiste a croire que Laurent Gbagbo est le seul comploteur dans toute l’affaire. Il ne lui manquait plus qu’à dire, comme nous l’avons souvent entendu dans les réunions de nos amis d’en face, que c’est Laurent Gbagbo lui-même qui a planifié la rébellion contre son propre régime. Le correspondant de Soro Guillaume tient tellement à innocenter ses commanditaires pour condamner le président Gbagbo qu’il lui nie toute forme d’intelligence. Car pour le procureur OCampo la seule chose que le « dictateur » Laurent Gbagbo aurait trouvée pour se maintenir au pouvoir (acquis démocratiquement en 2000) est d’organiser la rébellion, la guerre et l’extermination de son peuple dès 2002. Alors on se demande pourquoi il le poursuit pour coaction indirecte. A force de nous prendre pour des sots, ils ont oublié que nous avons aussi étudié Aristote et Platon et que dans l’Apologie de Socrate, quand le sage se laisse condamner et boit la cigüe, c’est pour que triomphe l’idée de la justice et non pour que des ragots supplantent des évidences.

Joseph Marat

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