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lundi, 04 juin 2012

L’effet Hollande


Faut-il parler de réveil tardif ou de l’une de ces comédies humaines auxquelles la classe politique ivoirienne nous a un peu trop habitués ces deux dernières décennies ? En tout cas nous avons l’impression que le PDCI veut sortir de ses gonds. Il veut enfin se défaire de ses propres fers. Va-t-il s’y engager vraiment dans le véritable intérêt du peuple ivoirien ou joue-t-il le jeu de l’appât du chantage pour mieux se repositionner dans son alliance avec le RDR. Tout compte fait, le samedi dernier, à la maison du parti de Cocody, le bureau politique du PDCI, la deuxième instance du parti après le congrès, n’y est pas allé du dos de la cuillère. Les décisions prises à l’issue de cette réunion du bureau politique sont, on ne peut plus surprenantes pour un parti qui s’est jusqu’ici sabordé pour se contenter de sa propre ombre derrière le RDR. Pour les puristes, il n’y pas deux manières de se révolter et de déchirer la charte de l’alliance qui le liait au parti au pouvoir. Pourquoi ? Une demi-douzaine des décisions prises au cours de cette assise sont de sérieux signaux que peut donner un parti se désolidarisant de Dramane Ouattara et de sa politique. Que le Pdci demande à Ouattara de renoncer à son actuelle armée pour construire une armée nationale et républicaine purgée de tous ses supplétifs étrangers est, non seulement une critique ouverte, mais aussi une façon inélégante de dire à Dramane Ouattara qu’il raconte des contre-vérités quand il crie sur tous les toits avoir réunifié et constitué une armée républicaine. Il n’y a pas longtemps, sur RFI, Ouattara affirmait que le rattrapage ethnique ne voulait rien dire et que toutes les nominations administratives, sous lui, étaient équilibrées. Que le PDCI reprenne, près de deux semaines après, une critique enjoignant à Ouattara de tenir compte des compétences dans ses nominations n’est rien moins qu’un désaveu et une dénonciation de sa politique de rattrapage ethnique. Si le régime de Dramane Ouattara s’est précipité d’organiser les élections législatives en décembre 2011 dernier, profitant de la faveur de la commission électorale dite indépendante et totalement acquise à sa cause, c’est pour bénéficier du caractère monocolore du parlement pour changer certaines lois qui l’indisposent dans sa politique de déplanification. Au nombre de ces lois il y a en bonne place celle de 1998 sur le foncier rural. Il n’y a pas longtemps il a même annoncé la modification de cette loi dès la mise en place de la nouvelle législature. Quand le PDCI revient aujourd’hui sur ce qui pour Dramane Ouattara et son camp est un acquis, avec injonction de faire retrouver à tous les paysans leurs plantations occupées par des hors-la-loi, il se réveille pour remettre en cause le fondement même de l’alliance RHDP depuis les assises de Marcoussis. Faut-il mettre ce revirement de situation au PDCI sur le compte du vent qui a tourné en France ? On n’aurait pas tort. Parce que le PDCI n’a jamais été autre chose qu’un parti politique opportuniste. Son alliance avec le RDR est une création de Jacques Chirac. Elle a été gérée ensuite par Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui le PDCI croit pouvoir se faire cornaquer par François Hollande par son virage, à peine, à deux degrés. Parce que dans le fond, le PDCI qui n’est pas blanc comme neige dans le drame que nous vivons en Côte d’Ivoire, pose tout sauf les véritables problèmes de fond politique. Comment va-t-il faire ? Passé l’effet des incantations politiques pour avoir gain de cause s’il est toujours dans une alliance qui nous donne à voir toutes les dérives démocratiques dans ce pays ?
Joseph Marat

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