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vendredi, 15 juin 2012

La corrida

Le ridicule ne tue pas, il n’en mourra donc pas. Le grand Hamed Bakayoko doit être actuellement dans ses petits souliers quand il se sera rendu compte qu’il n’est pas tombé sur le bon document. On comprend que, pressé de faire son émission-scoop, il s’est précipité d’envoyer un commando au Togo se saisir de Moise Lida Kouassi, dans la foulée, ramasser tout ce qui est données informatiques pour faire son grand déballage à la télévision et tenter d’exorciser les démons de la déstabilisation qui ne se sont plus jamais éloignés de ce pays depuis qu’un certain politicien a annoncé frapper les régimes moribonds, mélanger ce pays et faire tomber les régimes mûrs comme des fruits pourris. S’il est avéré que de la position qu’il occupe, Hamed Bakayoko a flairé le parfum d’un coup d’Etat, la précipitation qui caractérise les hommes qui manquent de sérénité l’a certainement induit en erreur parce qu’il est loin des véritables preuves de déstabilisation. Et ce n’est certainement pas fortuit. Les techniques de déstabilisation peuvent avoir changé comme changent les formules technologiques. Le ministre d’Etat au phrasé approximatif doit-il se recycler et intégrer dans sa technique de « profiler » ou de traqueur la dimension psychologique, sociologique et intellectuelle des comploteurs. Comme un baroudeur au reflexe instinctif, Hamed Bakayoko, dès sa rumeur de coup de force s’est rué sur Lida Kouassi pour lui faire dire ce qu’il veut entendre. Prenant ainsi le risque énorme de se faire leurrer comme un taureau dans une corrida. Parce que tous les documents qu’il a certainement ramassés sans distinction chez le ministre Lida sont loin d’être des preuves de coup d’Etat. Un document qui a été rédigé juste deux mois après le kidnapping du président Laurent Gbagbo pour reconstruire une politique de communication autour de lui ne peut être sérieusement pris pour un plan de déstabilisation sans donner dans le ridicule. Pour une raison toute simple que, depuis lors, beaucoup de choses ont changé. Il aurait suffit à Hamed Bakayoko de regarder la date et la structure du document qui a tout l’air d’une ébauche, pour se rendre compte que ce n’est pas le bon et que si coup d’Etat il doit y avoir, les éléments de preuve doivent avoir été mieux élaborés. Mais cela demande beaucoup de ressources. Le ministre a fait ce qu’il pouvait faire m’a confié un ami qui s’y connaît un peu en renseignements généraux. Le recoupement de toutes les informations dans un Etat qui se veut policier demande un autre niveau d’intelligence. Sans cela, on n’est obligé de se contenter de tracts politiques dignes des publications des réseaux sociaux sur le net. Qu’Hamed Bakayoko se dise donc que sa course est loin d’être terminée. Le stratège militaire qu’est Lida Kouassi est capable de mieux que de dresser une liste de tous ses camarades de lutte avec celle des divers soutiens sur qui compter dans leur exil.

Joseph Marat

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