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vendredi, 02 novembre 2012

On brasse du vent devant l’Ogre


Un ami avec qui je partage des opinions diverses sur la marche de ce qui reste encore de la nation ivoirienne a bien voulu m’inviter au premier congrès de l’opposition de l’ère Ouattara. C’était celui de l’UDCY de Mel EG Théodore, le samedi 13 octobre dernier à la bourse de travail de Treichville. La salle était comble pour un parti politique qui compte encore peu pour l’instant. J’en ai déduit que les Ivoiriens ont soif de s’opposer. Le panel des opposants officiels n’enregistrait pas d’absent. Ils étaient tous là même s’ils n’ont pas tous eu droit à la parole. Ça n’aurait servi à rien d’ailleurs. A part le FPI, ceux qui se sont succédé au pupitre ont trouvé en la langue de bois un paradigme politique nouveau. Et rassurez-vous, ce n’est pas comme s’ils en avaient conscience. En toute naïveté la nouvelle classe politique ivoirienne de l’après 11 avril 2011 pense vraiment faire de l’opposition en usant de courbette pour attendrir la monstruosité de la force du pouvoir selon la belle expression selon l’inusable Laurent Dona Fologo… Seul le représentant du FPI a pu dire du régime de Ouattara qu’il utilise les ressources des contribuables ivoiriens pour traquer d’autres Ivoiriens jusque dans leur dernier retranchement pendant que dans l’ouest de pays, il négocie avec des terroristes et pilleurs burkinabés.
Je me souviens avoir dit à l’ami qui m’a invité à cette foire que son congrès fut un succès dans son genre. La comédie fut presque parfaite et le marionnettiste amateur n’a presque pas caché son jeu. Parce que tel que Ouattara Alassane a pris le pouvoir, adoubé par la communauté internationale, c’est presque gênant, un an et demi après que le messie n’ait pas réuni les ivoiriens autour des valeurs sociétales qu’il pensait défendre. Au contraire le régime de Ouattara mérite bien de figurer dans le livre des records des dictatures les plus liberticides. Et il faut bien sauver la face. Pour une fois en Afrique un chef d’Etat maintient toute son opposition significative en prison et en exil s’il ne les conduit pas au cimetière et les medias occidentaux préfèrent parler de pro-Gbagbo comme si ce concept suffisait pour les déclassifier en tant qu’être humain justiciable devant le droit des hommes. Là où ces mêmes medias disent que Ben Laden aurait dû avoir droit à un procès équitable et mettent la pression sur Barack Obama pour fermer Guantánamo, le silence sur les pratiques de Ouattara contre sa véritable opposition est tout simplement suspect.
C’est cette suspicion légitime qui s’est confirmée lors de ce congrès de Mel Théodore. Il faut bien une opposition au « démocrate » installé à coup de bombardement. Ils étaient donc tous d’accord pour être des opposants selon Ouattara. Minés par le complexe de castration, ils sont tous prêts à négocier leur propre droit à l’existence, à se résigner devant la force du Léviathan, et à accompagner Ouattara dans sa volonté de se tailler une opposition sur mesure.
J’appelle cela brasser du vent pour le confort de l’Ogre de l’enfer politique.

Joseph Marat

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