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jeudi, 22 novembre 2012

Des luxes pour sauvages

Ce ne sont pas les sujets qui manquent. Le folklore mal exécuté de Alassane Ouattara qui, sous un coup d’humeur, dissous un gouvernement de « technocrates » avant de s’offrir une petite balade dans les couloirs du Vatican, ses 33 minutes face à Bédié pour liquider notre sort, le rapport de Human Right Watch, l’organisation alliée du régime qui ne peut plus cacher le soleil avec la main, sont autant de sujets auxquels j’ai pensé. Mais je n’ai pas pu m’empêcher de rester contemplatif devant les fresques de l’histoire.
Il y a eu, avant-hier, un rebondissement dans l’élection du président de l’UMP, le parti de Nicolas Sarkosy. En tenant compte des voix de 3 circonscriptions électorales d’outre mer, oubliées dans le recomptage par la commission électorale du parti, François Fillon coifferait l’autre François de 23 points. On a donc abondamment parler de coup de théâtre hier et comme si je m’y attendais un peu, je me suis dit que c’aurait été un peu trop facile. Nos amis d’en face qui avaient le regard fuyant sur cette crise à l’UMP, l’allié naturel, s’apprêtaient à nous sortir l’une de ces formules clichées du genre « la leçon de Fillon à Gbagbo !». Mais Dieu laisse rarement son œuvre en friche. Il fallait ce dernier retournement de situation pour que le tableau soit parfait.
Ecoutez Fillon sur le plateau de 20 H de TF1 avant-hier « je renonce à la présidence de l’UMP parce que je pense qu’avec 23 points d’écart, je ne pense pas le parti ait franchement tranché. Par contre je tiens à ce que Jean François Copé dirige une transition vers de nouvelles élections pour que d’ici là nous puissions réunir notre famille politique… » Ce monsieur qui renonce à sa victoire au nom de l’unité de sa famille politique est celui qui, au lendemain de la crise dite postélectorale, est venu marcher sur les ruines de l’unité du peuple ivoirien après que son gouvernement ait bombardé nos institutions pour que celui dont l’élection était encore plus douteuse que la sienne aujourd’hui s’installe au pouvoir. Dans le même élément de TF1, le crachoir a été tendu à Jean François Copé qui semble ne pas beaucoup aimer la proposition de Fillon et se refugie derrière le caractère solennel et univoque de la proclamation des résultats définitifs. En Côte d’Ivoire ces mêmes « copains » ont fait dire à Yao Paul Ndré une chose et son contraire pour que finalement, ne sachant pas ou se trouve la vérité, nous soyons livrés à la force sauvage.
A l’occasion je me suis souvenu de ce que m’a dit un ami au cours d’une conversation sérieuse. Il m’a dit de me méfier de tous les occidentaux. Il n’y a pas un seul qui nous prenne pour des être humains. Excessif ? Je n’en sais rien. Mais ce qui est certain c’est qu’avec eux nous n’étions pas déjà assez murs pour la démocratie. Avec ces élections à l’UMP, nous apprenons aussi que le recomptage des voix, l’unité nationale, une décision insusceptible de recours d’un conseil constitutionnel … sont des luxes pour les « sauvages » du continent noir.

Joseph Marat

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