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dimanche, 24 février 2013

Le discours de la méthode

Je viens de revoir la vidéo du 4ème jour d’audience du procès du Président Laurent Gbagbo à la CPI. Le moins qu'on puisse dire c'est que le désordre ne résiste pas à la force de l'ordre et au discours de la méthode ou à la méthode du discours. "Venons-en aux faits" a bien voulu intimer comme ordre le procureur à la défense. La réponse de Maitre ALTIT ne s’est pas attendre : « pour la compréhension des faits incriminés et imputés à tort au Président Gbagbo, il faut bien aller à l’origine ». Toute la différence entre le sage et l’insensé réside là. Le premier sait que les événements sont toujours complexes en dépit du voile de la simplicité dont on le recouvre souvent. Il met donc un point d’honneur à dénouer tous les enchevêtrements pour comprendre le fait. De sorte que, pour le sage, la vérité est toujours dans un ailleurs de la réalité. Platon, dans l’antiquité, disait que la vérité est une catégorie du monde intelligible. Pour Hegel, il ya une raison qui préside les événements. Quant à Kant et Descartes, ils disent qu’il ne faut jamais se fier au divers sensible dans le recherche du vrai. Le sage est donc toujours dans un ailleurs du factuel pour percevoir le vrai fond du fait. Il n’est pas hors sujet. C’est l’insensé, dans sa volonté de vouloir perdre les hommes de bon sens, ramène tout aux faits divers, croyant pouvoir imputé aux autres ses propres crimes. C’est donc à juste titre que Maitre ALTIT demande au procureur de prendre son mal en patience. Ce lundi on arrivera au fait et il comprendra alors qu’on ne être, dans le même instant, à la fois victime et bourreau.

Joseph Marat

vendredi, 22 février 2013

Agrégat de faits divers

Ils ont passé pratiquement trois heures à ressasser les crimes qu’aurait commis le Président Laurent Gbagbo. Dans leur accusation il y a du tout. Du crime crapuleux au viol de pauvres femmes en passant par des délits d’opinion tenue contre Ouattara. C’est de bonne guerre. Les Procureurs mandatés par Dramane ont intérêt à dépeindre le Président des Ivoiriens comme un monstre de la pire espèce. Peu importe que leurs soi-disant témoins traficotent la vérité ou non. Ce n’est pas important. Pourvu que ce qu’ils racontent serve à salir au maximum leur accusé qui d’ailleurs ne leur a jamais dit qu’il était saint. Mais dans le fond, là n’est pas le paradoxe. Même si, à l’allure ou vont les choses, dans un an ou deux, ils n’auront pas fini de lister tous les témoignages de chaque partisan de Dramane. Ils sont au moins deux millions et Laurent Gbagbo est certainement un criminel contre l’humanité pour avoir mis en place une politique qui ne plait pas à Dramane et qui les offense tous.
Ce qui me laisse perplexe dans cette affaire de preuves contre le Woody de Mama, est soulevé par la question suivante et je peux me tromper : les procureurs de la CPI ne nous éloignent-ils de la véritable signification de la notion de crime contre l’humanité ? Né au lendemain de la deuxième guerre mondiale et contre l’extermination systématique des juifs par le régime Nazi, la notion de crime contre l’humanité implique, en mon sens, une politique autocratique (elle ne peut donc pas être consécutive à une élection démocratique pour laquelle on a plaidé pour le recomptage des voix) et donc systématique d’extermination d’une partie ou toute une communauté. Dans une histoire récente cela s’est vu au Rwanda. Deux communautés se sont dressé l’une contre l’autre dans le but affiché d’exterminer l’autre.
Est-ce cela que nous avons vécu en Côte d’Ivoire après les élections de 2010 ? Les accusations des procureurs de la CPI ressemblent bien plus à un agrégat de faits divers qu’à un éclairage sur la mise en œuvre d’un système ou d’une politique d’extermination. Dans un pays, tous les crimes font-ils du chef de l’Etat de ce pays un criminel contre l’humanité ?


Joseph Marat