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lundi, 04 mars 2013

Au-delà de l’audience d’nfirmation des charges


Laurent Gbagbo veut offrir des exemplaires de ses livres, même quand cela ne sert peut-être plus à rien, aux juges et aux procureurs de la CPI. C’est tout un message. Un ami mien m’a même dit que c’est un double enseignement à tous ceux qui sont convaincus que ce qui caractérise l’Africain, c’est l’inculture la brutalité et la sauvagerie animales. Il n’est pas suffisamment rentré dans l’histoire parce qu’il n’est pas capable, comme les êtres qui vivent dans l’instant et l’instinct, de se souvenir de son passé encore moins de le réfléchir. Le même ami m’a encore confié que pendant longtemps et peut-être même aujourd’hui encore, le monopole des éditeurs européens se refuse d’éditer ou de croire qu’un nègre fut capable d’écrire un livre de réflexion.
Laurent Gbagbo est un intellectuel au sens propre du terme et un génie politique. Il dit en avoir fait son métier, de sorte qu’il ne dit et ne pose aucun acte qui n’ait pas un sens politique. A la limite, avec lui, tous les moments sont historiques.
Le premier jour de sa comparution devant la cour pénale Internationale, il a dit au monde entier : « on ira jusqu’au bout ». L’homme n’a pas rechigné et geint malgré le caractère injuste de sa déportation parce qu’il est convaincu qu’il campe un rôle historique à la Cpi pour le procès de plusieurs décennies de déconsidération du peuple africain.
Quand le monde le redécouvre le premier jour de l’audience de confirmation des charges, Laurent Gbagbo arbore des lunettes qui rappellent Mahatma Gandhi. Le message de celui qui ne prendra la parole que le dernier jour de ces audiences est clair : « je mène le même combat que le monument indien. »
A la fin de cette audience de confirmation ou infirmation de charges où il a fait détruire toutes les bornes de préjugés et de manipulation, il tend ses livres et ses essais politiques, pour dire : « nous sommes assez matures pour réfléchir nos traces et nous installer dans notre histoire »
Pour la petite histoire, Le marigot politique ivoirien, hors mis Laurent Gbagbo, grouille de noms comme Houphouët Boigny, Henri Konan Bédié, Robert Guéi, Alassane Ouattara, Guillaume Soro. Qui leur connait un livre sérieux ? Bédié, pour des intérêts bassement politiques et matériels a ravalé, depuis belle lurette, ses dires dans les chemins de sa vie. Soro n’a rien compris à la polysémie des mots et à la moralité des mœurs. Il aurait compris que nous sommes tous rebelles quelle que part. Ce n’est pas pour autant qu’on prend instinctivement les armes. Il est d’ailleurs moralement plus saint, pour un homme politique, de se déclarer démocrate que de justifier son penchant criminel. Quant à Houphouët, il se prenait pour Jésus ou Mahomet. Il a voulu laisser le soin à la postérité d’écrire pour lui. Il y a maintenant 20 ans qu’il n’est plus. Les leçons de sa vie ne semblent intéresser personne. Les houphouëtistes ont des chats plus importants à fouetter avec les va-t-en guerre que de s’encombrer des gris-gris du ‘’vieux’’ sur la paix. Robert Guei était un militaire, un homme d’action qui s’est égaré dans la politique. Il ne comptait déjà pas. Dramane Ouattara nous laissera-t-il un jour une théorie comptable, parce que les pluies de milliards sont tout, sauf une théorie économique. D’ailleurs la prestidigitation ne semble pas marcher.
Le procès qui se déroule actuellement à la Haye nous rappelle les procès historiques de Socrate et de Jésus. Ce furent, comme aujourd’hui des procès politiques qui ont confronté la raison à l’obscurantisme. Et, quelle que soit l’issue de cette mascarade internationale, Laurent Gbagbo a déjà gagné.

Joseph Marat

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