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dimanche, 10 mars 2013

Et pourtant ça change



J’ai eu une conversion atypique avec un ami la dernière fois. Il m'a paru tellement abattu moralement que je m'en suis, en effet, quelque peu étonné. Au moment de l'élection de François Hollande, mon était de ceux qui étaient très lucides. Malgré la joie de voir la chute de Nicolas Sarkozy, il gardait toute sa lucidité et tout son pessimisme de voir cette France changer sa manière de s'asseoir du jour au lendemain. C’est d'ailleurs à lui que je dois cette très image assez démoralisante pour un combattant de la liberté que la France politique est comme un train sur ses rails. Ce n'est pas le changement de la tête du conducteur qui changera sa trajectoire. Aujourd’hui cet ami est déçu par le mutisme de François Hollande devant la dictature de Dramane Ouattara. Je comprends aussi qu'il aurait tellement souhaité être un faux prophète pour le succès du combat de la liberté que nous menons tous.
Pour lui remonter le moral, je tiens à lui dire ceci : « et pourtant ça change ». Je me souviens que ce même ami m’enseignait que les Chinois avaient mis quelque centaines d’années à faire leur révolution. La plupart des Etats africains étaient, eux-disant, indépendants depuis une dizaine d’années quand Nelson Mandela est entré en prison pour la même cause. C’est à sa rencontre avec le président sénégalais d’alors, Léopold Sedar Senghor que Mandela lui-même a compris toute la subtilité du néocolonialisme naissant. Ce dernier était assisté d’une assistante française, oreille de la France, qui ne lui a pas permis d’avoir un tête-à-tête avec le chef de l’Etat du Sénégal indépendant.
Aujourd’hui, pour les Etats "ex-colonies" françaises, Laurent Gbagbo est cette graine qui a été mis en terre. Il faut se faire à l’idée qu’il doit mourir pour laisser place au bourgeon de l’espoir. Je crois qu’on se comprend. Laurent Gbagbo pourrait ne plus revenir de la Haye et je ne pense pas que lui-même n’envisage intérieurement pas cette éventualité parce que c’est un coureur de fonds en politique. Ceux qui le détiennent actuellement pourraient, malgré le caractère apparemment infondé de leur accusation, continué à le gardé, mais le combat est déjà gagné. Ce sont eux qui auront désormais des difficultés à articuler devant le peuple africain leurs fallacieux discours de recolonisation. Ils ne lâcheront rien si facilement. Ils continueront à se mentir à eux-mêmes, mais l’éveil de conscience que nous apporté le Président Gbagbo dans ce laps de temps suffira largement pour gripper la machine de la répression coloniale.
Cher ami le silence de Hollande est révélateur de ce que, malgré lui les choses changent. Il aurait pu être loquace comme Sarkozy, mais je crois qu’il est victime du tournis que lui donne la tournure des événements. Ces événements composent avec le temps qui est, selon le même sage, un autre nom de Dieu. Il est vrai qu’il serait déprimant, de ne pas pouvoir voir le changement total des choses, l’expérience a montré que le temps d’une vie peut ne pas suffire. Mais soyons tout simplement heureux de vivre et de participer à cette étape de notre histoire.
Pour ma part je bois du petit lait quand je vois le Woody de Mama au perchoir d’une tribune internationale établir la vérité des faits. Je bois du petit lait devant la gêne de la France. Et je continue d’en boire quand je vois Dramane Ouattara, comme un cheveu sur la soupe, s’embourber dans la politique nationale d’un Etat qui n’est, apparemment, pas le sien…

Joseph Marat

mercredi, 06 mars 2013

Oubli coupable



Il faut être assez futé pour soutenir un mensonge jusqu'au bout. Ce n'est pas une "vertu" qu'on connait au maïs d'en face. J’ai lu un texte très perspicace de Benjamin Koré dans Notre Voie de ce mardi 05 mars 2013. Il a certainement attendu que ce soit si flagrant avant de lever le lièvre. Le Rdr a oublié l’évènement qui l'a porté au pouvoir et précipité la chute de son ennemi juré Laurent Gbagbo. Le dimanche dernier était le 03 mars, date commémorative du "massacre des 7 glorieuses" d'Abobo. Il y a eu samedi pour annoncer le souvenir de ce jour inoubliable pour le Rdr. Il y a eu ensuite lundi pour rendre compte d'une cérémonie de recueillement à l'ombre tutélaire de ces désormais bienheureuses âmes inconnues. Rien ! Même pas une ligne dans leurs nombreux tabloïds sur cet évènement monté en épingle pour arraisonner un Etat et déporter son Président devant une cour de justice internationale pour crime contre l'humanité. Ils ont oublié. Et ils ont oublié la mémoire de ces pauvres dames justement au moment où leur "assassin" est en procès avec toutes les chances de s'en sortir pour preuve inexistante.
L’oubli est une qualité parce qu'il efface de notre conscience le souvenir des évènements douloureux et nous donne le goût de revivre. Mais quand il est collectif, quand il n'y a personne pour porter le fardeau de la souffrance infligée aux survivants de cette tragédie, il devient un aveu. Il n'y a vraiment pas de quoi se souvenir. Ces comédiennes sur qui le Rdr a versé du sang de mouton se sont levées, comme dans la vidéo, perçu leur cachet et disparu dans la nature.
Continuer à faire croire à leur mort est au-dessus de l'intelligence des gens d'en face. Surtout après le cyclone Altit qui a emporté ce qui restait encore de la foi des pauvres militants de Panurge.

Joseph Marat

lundi, 04 mars 2013

Au-delà de l’audience d’nfirmation des charges


Laurent Gbagbo veut offrir des exemplaires de ses livres, même quand cela ne sert peut-être plus à rien, aux juges et aux procureurs de la CPI. C’est tout un message. Un ami mien m’a même dit que c’est un double enseignement à tous ceux qui sont convaincus que ce qui caractérise l’Africain, c’est l’inculture la brutalité et la sauvagerie animales. Il n’est pas suffisamment rentré dans l’histoire parce qu’il n’est pas capable, comme les êtres qui vivent dans l’instant et l’instinct, de se souvenir de son passé encore moins de le réfléchir. Le même ami m’a encore confié que pendant longtemps et peut-être même aujourd’hui encore, le monopole des éditeurs européens se refuse d’éditer ou de croire qu’un nègre fut capable d’écrire un livre de réflexion.
Laurent Gbagbo est un intellectuel au sens propre du terme et un génie politique. Il dit en avoir fait son métier, de sorte qu’il ne dit et ne pose aucun acte qui n’ait pas un sens politique. A la limite, avec lui, tous les moments sont historiques.
Le premier jour de sa comparution devant la cour pénale Internationale, il a dit au monde entier : « on ira jusqu’au bout ». L’homme n’a pas rechigné et geint malgré le caractère injuste de sa déportation parce qu’il est convaincu qu’il campe un rôle historique à la Cpi pour le procès de plusieurs décennies de déconsidération du peuple africain.
Quand le monde le redécouvre le premier jour de l’audience de confirmation des charges, Laurent Gbagbo arbore des lunettes qui rappellent Mahatma Gandhi. Le message de celui qui ne prendra la parole que le dernier jour de ces audiences est clair : « je mène le même combat que le monument indien. »
A la fin de cette audience de confirmation ou infirmation de charges où il a fait détruire toutes les bornes de préjugés et de manipulation, il tend ses livres et ses essais politiques, pour dire : « nous sommes assez matures pour réfléchir nos traces et nous installer dans notre histoire »
Pour la petite histoire, Le marigot politique ivoirien, hors mis Laurent Gbagbo, grouille de noms comme Houphouët Boigny, Henri Konan Bédié, Robert Guéi, Alassane Ouattara, Guillaume Soro. Qui leur connait un livre sérieux ? Bédié, pour des intérêts bassement politiques et matériels a ravalé, depuis belle lurette, ses dires dans les chemins de sa vie. Soro n’a rien compris à la polysémie des mots et à la moralité des mœurs. Il aurait compris que nous sommes tous rebelles quelle que part. Ce n’est pas pour autant qu’on prend instinctivement les armes. Il est d’ailleurs moralement plus saint, pour un homme politique, de se déclarer démocrate que de justifier son penchant criminel. Quant à Houphouët, il se prenait pour Jésus ou Mahomet. Il a voulu laisser le soin à la postérité d’écrire pour lui. Il y a maintenant 20 ans qu’il n’est plus. Les leçons de sa vie ne semblent intéresser personne. Les houphouëtistes ont des chats plus importants à fouetter avec les va-t-en guerre que de s’encombrer des gris-gris du ‘’vieux’’ sur la paix. Robert Guei était un militaire, un homme d’action qui s’est égaré dans la politique. Il ne comptait déjà pas. Dramane Ouattara nous laissera-t-il un jour une théorie comptable, parce que les pluies de milliards sont tout, sauf une théorie économique. D’ailleurs la prestidigitation ne semble pas marcher.
Le procès qui se déroule actuellement à la Haye nous rappelle les procès historiques de Socrate et de Jésus. Ce furent, comme aujourd’hui des procès politiques qui ont confronté la raison à l’obscurantisme. Et, quelle que soit l’issue de cette mascarade internationale, Laurent Gbagbo a déjà gagné.

Joseph Marat