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vendredi, 05 avril 2013

Ils tirent sur la RTI



La Radio Télévision Ivoirienne, cet ensemble de médias nationaux, qui, pour sa proximité était la vitrine de la société ivoirienne avait fini par être annexé. Tous les ivoiriens se souviennent de ces images de la veille du 16 Décembre 2010 dans lesquelles Soro Guillaume passait le relais à Issiaka Ouattara alias Wattao pour mettre en ordre de bataille une horde de rebelles prêts à attaque la RTI "Comme si le pouvoir se trouvait à la télé " pour parler comme le chanteur zouglou. Ce fut pour ces conquérants du pouvoir du ventre, un moment épique. Même aujourd'hui, on digère difficilement que la résistance ait opposé une réaction farouche à cette volonté de lui braquer son feu du soir, cet âtre autour duquel le peuple se retrouvait chaque soir pour se ressourcer, se remobiliser contre les forces impérialistes. Même les jugent de la CPI en ont encore les oreilles qui bourdonnent.

Finalement, ils sont entrés en possession de cette RTI, le 11 avril 2011 et nous savons tous comment. Après avoir fait irruption dans le séjour du peuple, enlevé et déporté le sage de la place, ils avaient pris possession de ce symbole de notre unité nationale qui du coup s'était éteint. Non parce qu'il n'était plus allumé, mais parce que les Ivoiriens avaient pris la décision de ne plus le regarder. Il a été désacralisé et était désormais l'œuvre de profanateurs sans âme.

C'est sur cette TCI devenue ensuite RTI-rdr, instrument de propagande du régime actuel, que les ex-rebelles de Bouaké ont tiré le jour de la pâque dernière. Tenez-vous bien, pour mieux comprendre à quel point le régime des conquérants dozos est désespérant, ce ne sont pas les journalistes en mission officielle à Bouaké et canardés qui donnent l'information. Relayer simplement une telle information serait forcement trop critique pour un régime allergique à la liberté d’expression. C'est une amie, deux jours plus tard, qui me met la puce à l’oreille. Peut-être que j'exagère un peu parce que si je ne suis plus auditeur de la RTI comment aurais-je pu savoir qu’elle en a parlé ou pas ? Une chose est sûre, le ton de l’amie était confidentiel.

Mais au delà de nos « mauvaise foi » aussi bien partagées que le bon sens cartésien, pourquoi ceux qui ne juraient que par la prise de la RTI en sont-ils arrivés à tirer sur l'instrument de propagande de leur idéologie ? N'imaginez pas qu'ils se soient trompés et qu'ils n'aient pas su que c'était la RTI. Le logo de la télévision nationale pavoisait tous les cotés du véhicule de liaison. Les ex-combattants de l'ex-rébellion de Guillaume Soro ont malgré tout attaqué l'équipage de la RTI en mission dans cette partie du pays pour couvrir Paquinou. Il me semble donc qu’ils ne se reconnaissent plus dans les œuvres du mentor parce que la RTI, depuis sa métamorphose, n’a pas changé. Elle reste toujours cette caisse de résonance du pouvoir en place. Que des pro-Ouattara tirent aujourd’hui sur les symboles du pouvoir, y a-t-il mille lectures à faire ? Avant le 11 avril 2011, il y a eu le 16 décembre 2010. Et ce sont les mêmes !

Joseph Marat

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