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mercredi, 17 avril 2013

Débat sur le positionnement politique de Soro (1)




A la faveur des hommages que le monde entier a rendus à Hugo Chavez, je suis tombé sur un texte de l’un des nègres de Guillaume Soro, qui essayait d’associer tant bien que mal, l’image de celui-ci à ceux des grands défenseurs des valeurs humanistes qui meublent notre mémoire collective. Voilà le débat que j’ai engagé avec lui. Par politesse pour vous, j’ai ôté les injures inutiles qui nous éloignaient du fond de la discussion. Voilà le texte que je lui ai envoyé après avoir lu son premier post sur Chavez intitulé : « Hugo Chavez et les Africains : Extraordinaires malentendus »

« Je reste admiratif de ta palette de connaissance des livres que tu lis abondamment. De ce que je viens de lire je retiens deux idées essentielles. Que Hugo Chavez est un adepte de Simon Bolivar et que celui-ci était un défenseur des valeurs universelles de démocratie, de séparation de pouvoir en politique, de l'égalité entre tous les hommes et dont le "patriotisme ne sera jamais la défense d’une terre, mais celle des valeurs qui rendent digne de vivre sur toute la terre." Mais où est le malentendu cher ami ? Pourquoi, les Africains auraient détesté Chavez s'ils avaient su que ce dernier était un grand intellectuel et non un révolutionnaire sanguinaire comme Guillaume Soro.

Cher ami dans le développement de ton anticolonialisme dogmatique, il me semble que tu es en retard d'une génération dans ton acception de la mentalité des jeunes patriotes africains. Justement ce sont les valeurs de l'égalité, de fraternité universelle, de démocratie, de séparation de pouvoir qui constituent le terreau de l'aspiration à la liberté des jeunes patriotes africains. Dans ton copinage avec Soro Guillaume, c'est finalement toi qui entend parce que tu es du mauvais coté de la barque. Il n'y a pas de malentendu dans la popularité de Chavez en Afrique. Les Africains dans leur résistance ont compris qu'ils mènent le même combat d'émancipation que Chavez. Et quand ces jeunes parlent d'émancipation, ils entendent bien parler des valeurs que promeuvent Simon Bolivar et Hugo Chavez.


Au contraire c'est à ton idole Soro Guillaume que nous devons encore en Afrique d'être assimilé à des sauvages aux esprits sectaires défendant dans des politiques de rattrapage une idée de l'homme encore tributaire d'un ethnocentrisme rétrograde. C’est à ton idole que nous devons, dans une Afrique moderne, l'accession au pouvoir politique des chasseurs traditionnels appelés dozos en Côte d'Ivoire.

Hugo Chavez est un grand Homme de la dimension des grands résistants comme Laurent Gbagbo, Patrice Lumumba, Nelson Mandela... les Africains ne se trompent pas à le vénérer aussi. »

Voilà la réponse du bloggeur
« Pour la gouverne de mon cher ami Joseph Marat, hélas toujours très mauvais lecteur et critique superficiel, Bolivar fut un révolutionnaire combattant, qui épingla le scalp de milliers de colons espagnols par la lutte de résistance armée. Il combattit l'oppression coloniale et esclavagiste, mais aussi raciste dans près de dix territoires d'Amérique latine, sollicitant même à certaines époques l'aide des Anglais pour bouter les colons Espagnols d'Amérique. On l'appela El Libertador. Mon ami Guillaume Soro, excellent lecteur, a retenu de Bolivar comme de Guevara, non seulement son pseudonyme de Che que personne de sérieux ne saurait démentir en Afrique contemporaine, mais aussi le courage de risquer sa vie pour sa conception de la juste, du beau et du vrai. Il a combattu l'ivoirité, la xénophobie et l'exclusion identitaire depuis sa tendre jeunesse. Il n'en démordra pas. La Défaite électorale, mais aussi La chute militaire de Laurent Gbagbo ont été accompagnées par la Défaite intellectuelle de l'anticolonialisme dogmatique. Soro a rempli par la démocratie et par la critique des armes, la mission générationnelle que j'accomplis depuis près de 20 ans par les armes de la critique au département de philosophie de l'Université d'Abidjan. Gbagbo, au fond, ne peut même pas dénouer un fil de la sandale d'un Lumumba, d'un Um Nyobè, ou d'un Mandela, voire même d'un Chavez. Laissez cet homme de Mama passer sa retraite en dehors du champ politique africain. Nous nous en porterons tous infiniment mieux! »
A suivre …

Joseph Marat

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