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mercredi, 17 avril 2013

Débat sur le positionnement politique de Soro (2)


« Salut cher ami. Je viens de découvrir que tu as bien voulu répondre à la critique que j’ai faite de ton texte. Je note quelques invectives malheureuses qui me laissent sur ma faim. Je n’ai jamais remis en cause le fait que c’est de toi que je tiens le peu que je sais. Oui, comme tu le sais certainement, je ne lis pas beaucoup mais je ne crois pas qu’il faille lire des tonnes de livre pour avoir le bon sens. Souviens-toi de Descartes.
Tu écris que les africains n’auraient pas célébré Chavez s’ils avaient su qui il est. Je réponds qu’il n’y a pas de malentendu parce que, ce sont justement les valeurs que tu lui reconnais que les africains défendent aussi. D’où vient que je sois pour toi, sans démonstration, un critique superficiel et un mauvais lecteur.
Tu t’attèles plutôt à montrer que Soro Guillaume, « excellent lecteur …», est la version tropicale de Simon Bolivar et Che Guevara. Sauf ton respect, je suis obligé de te dire qu’il semble y avoir un gros malentendu dans tes assertions. De la biographie de Bolivar tu écris ceci : « Il combattit l'oppression coloniale et esclavagiste, mais aussi raciste dans près de dix territoires d'Amérique latine » et dans ta réflexion initiale tu dis aussi « Son patriotisme ne sera jamais la défense d’une terre, mais celle des valeurs qui rendent digne de vivre sur toute la terre ». On doit logiquement comprendre que Bolivar est un anticolonialiste à ceci de moins qu’il n’est pas dogmatique parce qu’il a incorporé à sa lutte l’aide des anglais pour combattre les colons espagnols et que son patriotisme n’était pas la défense d’une tribu.
Pour avoir été là, au début de toutes ses luttes de positionnement matériel et politique, je t’informe que Soro Guillaume s’est retrouvé à la tête de cette rébellion contre « l'ivoirité, la xénophobie et l'exclusion identitaire » de façon opportuniste et non par conviction idéologique. Il venait de faire deux mandats électifs de deux ans chacun à la tête de la Fesci. Cette fédération des élèves et étudiants de Côte d’Ivoire a été loin d’exclure Soro et nulle part durant ses mandatures il n’a jamais fait cas de lutter contre une idéologie identitaire.
Bolivar luttait, selon ce que tu écris contre les impérialistes espagnols. Il me semble, en réalité, que Soro Guillaume, avec le concours des impérialistes français, a pris des armes contre une terre ou une partie de la population de son pays qui l’aurait exclu. Y a-t-il une commune mesure avec la lutte Bolivarienne qui, selon tes écris, était présente sur une dizaine de territoires soumis à l’impérialisme espagnol ?
Je te ramène, pour finir, à celui à qui tu voues une haine viscérale. Je me demande constamment pourquoi ? Parce que c’est avec lui que tu partages les canons universitaires de lectures et d’écritures. Toi qui lis énormément, sais-tu que Laurent Gbagbo a à son actif une dizaine de livres sur sa vision politique ? Il partage avec toi les armes de la critique et non la critique des armes. Dans la dernière option, ceux qu’on critique avec les armes ne sont plus là pour voir les bienfaits de la politique des armes. En clair, on ne peut être un model sociétal quand on développe le réflexe de prendre les armes pour combattre une idée.»


Joseph Marat

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