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mercredi, 17 avril 2013

Folklore politique simplement ridicule


« Il s’agit d’une avancée de la démocratie en Côte d’Ivoire. Car , je pense que c’est la première fois que le président de la république vient devant le parlement demander une loi d’habilitation dans un domaine précis et pendant une période précise et suivant des modalités définies dans le cadre de sa ratification, la possibilité d’intervenir dans le domaine de la loi.» Ces mots d’Ahmed Bakayoko, représentant Alassane Ouattara, devant le parlement RHDP après que celui-ci ait autorisé le dernier à gouverner par ordonnance, sont simplement ridicules. En face, on appelle ce comble de l’inculture politique : une avancée démocratique ! Allez-y comprendre quelque chose. Mais, cela est fait à dessein. Décidément, Ouattara s’est emparé du pouvoir politique ivoirien pour nous perdre. Faire régner l’irrationalité sous les oripeaux d’une pseudo-raison. Conduire les ivoiriens à prendre leur régression pour un progrès. En quoi cumuler le pouvoir exécutif et législatif dans un Etat est-il une avancée démocratique ? Ahmed Bakayoko ne sait pas de quoi il parle. Ce n’est pas seulement la première fois qu’Alassane Ouattara se présente devant le parlement pour lui ravir sa portion de pouvoir et créer le déséquilibre des pouvoirs politiques, il est, en plus, le seul à faire cela avec le sentiment paradoxal qu’il avance démocratiquement. Pourquoi les chefs d’Etat qui l’ont précédé ne se sont-ils jamais donnés à ce jeu. Parce qu’ils étaient loin d’être des comédiens. Même si parmi ces anciens chef d’Etat ivoirien, il y en avait qui avaient des pratiques anti-démocratiques, ils ne se prévalaient justement pas de la démocratie au moment où ils en violaient les principes élémentaires. Ils savaient ce que veut dire démocratie et séparation des pouvoirs. Ils ne se ridiculisaient donc pas en voulant prendre les Ivoiriens pour des sots.
Ouattara a-t-il besoin de gouverner par ordonnance avec un parlement monocolore, taillé sur mesure ? Ses partisans parlent de la célérité des actes à prendre. Ridicule ! Pour qui va-t-il prendre ces actes ? Parce que si c’est pour les ivoiriens, il n’a apparemment pas besoin d’arracher au peuple le droit d’en débattre à travers son parlement pour comprendre le bienfait de la loi qu’il se donne. C’est le peuple qui vote la loi en dernier ressort, c’est le principe même de la démocratie et de sa liberté selon Jean Jacques Rousseau. Si un quidam lui arrache ce droit, il faut s’appeler Alassane Ouattara pour appeler cela avancée démocratique. Gouverner par ordonnance, cela s’est déjà vu dans ce pays, mais on n’a jamais entendu dire que c’est le signe d’une avancée démocratique parce que c’est justement le déficit démocratique qui fait recourir à cette pratique. La Côte d’Ivoire continue-t-elle d’être en crise deux ans après l’avènement du « messie de la démocratie », du « docteur solution » ? Ce matin du 11 avril 2013, j’entendais les journalistes d’une radio étrangère, qui en parlaient, rire sous cape. Et j’avais déjà entendu un Africain, sur un autre support, rire de la médiocrité de nos hommes politiques actuels… j’étais loin de penser qu’il pouvait avoir autant raison.

Joseph Marat

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