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mercredi, 17 avril 2013

La justice des vaincus



Je suis tombé sur un éditorial de Venance Konan le lundi dernier. J’ai d’abord pensé que c’était un écrit de Tirbuce Koffi. Un détail qui n’aurait rien changé parce que j’étais de toute façon résolu à ne plus m’intéresser à ce que ces deux pouvaient écrire sur ce pays. Ce sont des lettrés qui ont fait le choix défendre leur tribu et leurs avantages. Et on ne peut absolument rien y changer. Je me suis par contre intéressé à cet édito parce que j’ai eu, au fur et à mesure que j’avançais dans la lecture du texte, la nette impression que le mercenaire faisait l’aveu de l’échec de son combat.
Dans ce texte Venance Konan a abordé deux thèmes de la rhétorique politique actuelle et montrer à quel point le désespoir de la défaite est palpable dans le camp d’en face. Je passerai son allégorie de la Côte d’Ivoire malade, reconnue par l’éditorialiste comme étant toujours souffrante, après avoir passé deux bonnes années dans les mains de l’hyper-docteur Ouattara Alassane alias Docteur solution ou Démiurge de milliards. Apparemment l’hagiographe du régime semble douter de l’efficacité des solutions que son mentor administre à la Côte d’Ivoire malade…
Venance Konan a abordé le thème de la réconciliation et de la justice des vainqueurs. A propos de la réconciliation il asserte qu’on ne peut réconcilier des personnes qui ne veulent pas se réconcilier. Quant à la justice des vainqueurs, pour lui, nulle part les vainqueurs ne dressent un tribunal pour faire leur propre procès. Des vérités de la Palisse qui révèlent la laideur d’une mentalité politiquement limitée. Si on part du postulat que seul Laurent Gbagbo était le mal ivoirien et qu’il aurait suffit de l’extirper du pouvoir pour que le peuple ivoirien se retrouve dans tous les sens des termes, ce n’est rien moins qu’un aveu d’impuissance, si on est réduit à sortir de telles évidences deux ans après avoir écarté le mal absolu.
Au-delà de ce constat malheureux, Venance Konan oublie que dans un Etat moderne le concept de réconciliation n’a pas de sens parce que dans un pays tous les citoyens ne sont pas obligés de s’aimer. Ce qui toutefois les oblige, c’est leur adhésion au contrat social. Et ce n’est pas en brandissant les armes ou en incarcérant ses adversaires politiques qu’on l’obtient. Il faut arrêter les jérémiades du genre « Qui peut obliger des personnes qui sont fâchées à se réconcilier ?», arrêtez la comédie de Charles Konan Banny et allez à l’essentiel dans la construction d’un Etat de droit.
Quant la justice des vainqueurs, si la préoccupation est aujourd’hui récurrente dans les ONG, hier pro-Ouattara, c’est justement parce qu’elles se sont rendues compte qu’elles se sont trompés. En Côte d’Ivoire ce sont les vaincus qui veulent faire la justice des vainqueurs.

Joseph Marat

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