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mardi, 23 avril 2013

Militants PDCI yako !


Au départ, j’ai cru comme tout le monde que le Secrétaire Général du PDCI avait été chassé de Séguéla par les dozos locaux du RDR. Mecontents que celui-ci vienne jeter son poids dans la balance du candidat PDCI contre Amadou Soumahoro, le patron local du régime. Que non ! Ce sont les militants du PDCI de Séguéla, bravant la soldatesque du RDR qui ont refoulé leur SG de cette localité. « S’il ne vient pas pour soutenir notre candidat, vaut mieux pour lui qu’il n’entre pas dans la ville ». Ce qui est loin de manquer de bon sens et d’une certaine honnêteté politique. Et voyons ce que Djédjé Madi dit à propos de cet incident : « Vous savez, le fanatisme de tout côté n’est pas une bonne chose. Le secrétaire général par intérim du RDR m’a invité à son meeting. Je partais pour délivrer un message d’apaisement, de réconciliation nationale pour tous. Malheureusement, c’est le candidat et les militants du PDCI RDA qui m’ont barré la route. Alors que je ne suis pas allé pour supporter un candidat contre un autre »
Entre-nous, depuis que ce pays brûle, est-ce que ce sont les tribunes qui manquent pour lancer un appel d’apaisement à l’endroit du RDR, ce parti si « pacifique » ? Fallait-il que Djédjé Madi se rende à Seguela, trahir sa base politique en allant soutenir l’adversaire du PDCI sur le terrain sous le fallacieux prétexte de répondre à une invitation pour lancer un message de paix. Argumentaire par ailleurs malhonnête parce que les meetings de campagne sont rarement faits pour moraliser ou parler d’autre chose que de soutenir le candidat hôte. Cette attitude lèche-botte est donc indigne, encore plus la velléité de la justifier.
Au-delà, cette réaction des militants du PDCI dans cette région où ils sont supposés être férocité par les militants RDR, est pleine d’enseignements. Les militants du PDCI ne sont dupes. Ils savent qu’ils sont dans une relation de dupe avec la clique dirigeante tiraillée entre la défense d’intérêts particuliers et une vision politique claire. Henri Konan Bedié, l’héritier de l’houphouëtisme, après avoir écrit Les chemins de ma vie, créé les « démons » de l’ivoirité, n’a eu aucun scrupule pour s’allier à des putschistes pour dévoyer l’héritage d’Houphouët et se renier lui-même. Au prix de quel avantage ?
Cette réaction de la base du PDCI, dans une localité insoupçonnable pour un tel sursaut nous révèle au moins une chose : elle n’a pas pu suivre Bédié, même dans le nord, quand celui-ci leur a demandé de voter Ouattara au second tour de la présidentielle de 2010.

Joseph Marat

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