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jeudi, 25 avril 2013

La pagaille du pouvoir ou le pouvoir de la pagaille

C’est le cas de le dire, nous ne savons pas, en Côte d’Ivoire, à quel sein nous vouer pour qualifier le régime d’Alassane Ouattara. Fait-il exprès pour semer la pagaille, n’a-t-il en réalité que la pagaille comme programme de gouvernement ? Et là faut-il parler du régime de la pagaille ? C'est-à-dire d’un régime congénitalement brouillon pour ne pas dire violent et anti démocratique. Ou faut-il penser que le pouvoir de Ouattara est traversé momentanément par une convulsion accidentelle ? Nous aurions souhaité que tout ça soit conjoncturel. Mais, a-t-on une seule fois fait l’expérience du calme et de la normalité politique avec le RDR.
Nous nous souvenons que ce parti est sorti du PDCI, après le décès d’Houphouët Boigny, créateur de ce parti. Pour ceux qui se souviennent de la crise de succession consécutive au décès de ce dernier, il n’est pas faut de dire que le RDR nait en réaction à l’ordre légal en Côte d’Ivoire. Contre la constitution ivoirienne, Alassane Ouattara a voulu prendre le pouvoir en 1993. En termes triviaux, il a voulu prendre le pouvoir contre la volonté du peuple. Le RDR est donc le fruit d’une frustration. Or apparemment, être né de frustrations mal contenues, rend impossible toute lucidité pourtant nécessaire pour penser à l’intérêt général, base de toute véritable activité politique.
Le vivre ensemble qui passe pour être l’idéologie politique de ce parti n’est donc qu’un trompe l’œil qui ne défend pas l’intérêt général, mais la charte du nord. On se doute nettement de quel nord il est en réalité question. Ce n’est pas pour rien que les notions de xénophobie et d’ivoirité cohabitent dans l’épouvantail qu’ils brandissent contre le peuple ivoirien. Idéologiquement, le Rdr est donc un groupement politique clairement constitué pour servir d’instrument de déplanification de l’Etat ivoirien.
L’une des premières actions de sabotage politique que tout ivoirien retient de ce parti est cette image prémonitoire de la Côte d’Ivoire divisée en deux sur son « canard » dénommé à leur corps défendant Le Patriote. La suite, nous la connaissons tous. Une rébellion qui a effectivement divisé ce pays en deux pendant une décennie. Et nous n’avons aujourd’hui pas la certitude que c’est fini.
La démarche du leader est-il, tout le moins, populaire ? La réponse de Alassane Ouattara face à la controverse sur sa nationalité a été de dire aux ivoiriens qu’il rendra ce pays ingouvernable aussi longtemps qu’il n’en sera pas le premier citoyen. Pour le salut de ce pays, la sagesse politique a bien voulu que l’on se renie pour faire de lui un candidat exceptionnel. Ouattara est donc un Chef d’Etat exceptionnel. Mais avons-nous eu le salut ? Il est difficile dit-on à un chien de changer sa manière de s’asseoir. En faisant la revue de presse je me suis rendu compte hier matin que les bonnes nouvelles pour ce pays n’existent plus. Le CEPICI désormais rattaché à la présidence de la république a licencié plus d’une vingtaine de travailleurs. Signal malheureux depuis la présidence. Le prix du riz a encore augmenté. Duncan rentre bredouille d’une quête de pluie de milliards. Et le comble, depuis le scandale de la présidentielle de 2010, la CEI ne s’est pas améliorée. Elle n’en a tiré aucune leçon. Sous Ouattara elle a carrément érigé la fraude en pratique électorale pour qu’à chaque échéance électorale la division du pays s’en trouve renforcée. A-t-on besoin de faire un dessin ? Ils ont pris le pouvoir pour anéantir la côte d’Ivoire. N’en déplaise à Joël N’Guessan, le pauvre, la chienlit actuel est un programme.

Joseph Marat

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