UA-108822782-1
topblog Ivoire blogs

jeudi, 25 avril 2013

La pagaille du pouvoir ou le pouvoir de la pagaille

C’est le cas de le dire, nous ne savons pas, en Côte d’Ivoire, à quel sein nous vouer pour qualifier le régime d’Alassane Ouattara. Fait-il exprès pour semer la pagaille, n’a-t-il en réalité que la pagaille comme programme de gouvernement ? Et là faut-il parler du régime de la pagaille ? C'est-à-dire d’un régime congénitalement brouillon pour ne pas dire violent et anti démocratique. Ou faut-il penser que le pouvoir de Ouattara est traversé momentanément par une convulsion accidentelle ? Nous aurions souhaité que tout ça soit conjoncturel. Mais, a-t-on une seule fois fait l’expérience du calme et de la normalité politique avec le RDR.
Nous nous souvenons que ce parti est sorti du PDCI, après le décès d’Houphouët Boigny, créateur de ce parti. Pour ceux qui se souviennent de la crise de succession consécutive au décès de ce dernier, il n’est pas faut de dire que le RDR nait en réaction à l’ordre légal en Côte d’Ivoire. Contre la constitution ivoirienne, Alassane Ouattara a voulu prendre le pouvoir en 1993. En termes triviaux, il a voulu prendre le pouvoir contre la volonté du peuple. Le RDR est donc le fruit d’une frustration. Or apparemment, être né de frustrations mal contenues, rend impossible toute lucidité pourtant nécessaire pour penser à l’intérêt général, base de toute véritable activité politique.
Le vivre ensemble qui passe pour être l’idéologie politique de ce parti n’est donc qu’un trompe l’œil qui ne défend pas l’intérêt général, mais la charte du nord. On se doute nettement de quel nord il est en réalité question. Ce n’est pas pour rien que les notions de xénophobie et d’ivoirité cohabitent dans l’épouvantail qu’ils brandissent contre le peuple ivoirien. Idéologiquement, le Rdr est donc un groupement politique clairement constitué pour servir d’instrument de déplanification de l’Etat ivoirien.
L’une des premières actions de sabotage politique que tout ivoirien retient de ce parti est cette image prémonitoire de la Côte d’Ivoire divisée en deux sur son « canard » dénommé à leur corps défendant Le Patriote. La suite, nous la connaissons tous. Une rébellion qui a effectivement divisé ce pays en deux pendant une décennie. Et nous n’avons aujourd’hui pas la certitude que c’est fini.
La démarche du leader est-il, tout le moins, populaire ? La réponse de Alassane Ouattara face à la controverse sur sa nationalité a été de dire aux ivoiriens qu’il rendra ce pays ingouvernable aussi longtemps qu’il n’en sera pas le premier citoyen. Pour le salut de ce pays, la sagesse politique a bien voulu que l’on se renie pour faire de lui un candidat exceptionnel. Ouattara est donc un Chef d’Etat exceptionnel. Mais avons-nous eu le salut ? Il est difficile dit-on à un chien de changer sa manière de s’asseoir. En faisant la revue de presse je me suis rendu compte hier matin que les bonnes nouvelles pour ce pays n’existent plus. Le CEPICI désormais rattaché à la présidence de la république a licencié plus d’une vingtaine de travailleurs. Signal malheureux depuis la présidence. Le prix du riz a encore augmenté. Duncan rentre bredouille d’une quête de pluie de milliards. Et le comble, depuis le scandale de la présidentielle de 2010, la CEI ne s’est pas améliorée. Elle n’en a tiré aucune leçon. Sous Ouattara elle a carrément érigé la fraude en pratique électorale pour qu’à chaque échéance électorale la division du pays s’en trouve renforcée. A-t-on besoin de faire un dessin ? Ils ont pris le pouvoir pour anéantir la côte d’Ivoire. N’en déplaise à Joël N’Guessan, le pauvre, la chienlit actuel est un programme.

Joseph Marat

mardi, 23 avril 2013

Le métier de Gbagbo

J’ai vu la vidéo de la réception que Charles Konan Banny a voulu donner aux ivoiriens de la diaspora à Londres dans le cadre de ses activités de réconciliation du peuple de Côte d’Ivoire. J’ai été, au bout des 11 minutes qu’à durées l’entrevue, traversé par un sentiment pathétique de compassion pour ce haut cadre de la politique nationale. Il est entré dans la salle, il a été installé mais il n’a pas eu le temps d’être présenté. 11 minutes plus tard il sortait de la salle la tête baissée. Les ivoiriens qui ont attendu de 15 H à 21H pour rencontrer le président de la CDVR ne lui ont pas laissé le temps de placer un seul mot. Ils sont restés débout avec des écriteaux sur les assiettes qui devraient servir pour diner « no Gbagbo No peace » et ils scandaient tous « libérez le Président Gbagbo ». Tout s’est passé comme si ce beau monde avait attendu près de 6 H pour envoyer un message aux hommes politique ivoiriens : « libérer Gbagbo pour que les ivoiriens se retrouvent. Sans quoi vous perdez votre temps »
Dans une sorte de recul critique face à l’action de tous ces patriotes qui mènent une lutte juste, je me suis demandé qu’est-ce que Banny ou le gouvernement de Ouattara peut faire par rapport au dossier Gbagbo ? Ont-ils le moyen politique d’influencer le sort du président Gbagbo ? Ont-ils en réalité tort de dire que la libération ou non de Gbagbo ne relève plus de leur compétence ? Il est traduit devant une juridiction internationale qui échappe totalement à leur pouvoir. J’étais en train de faire cette réflexion quand j’ai eu la lumière de cette anecdote qu’un refondateur m’a racontée au lendemain d’une rencontre de dialogue politique que le Fpi a eu avec le gouvernement. Il m’a dit exactement ceci : « Nous leur avons demandé de libérer Laurent Gbagbo, en réponse, ils ont sorti leur rengaine habituelle du genre « son sort ne dépend plus de nous ». Alors nous avons répliqué qu’ils ne nous apprennent rien, mais qu’ils peuvent écrire officiellement à la CPI pour lui demander de libérer le président Gbagbo et qu’ils se sont trompés de l’y avoir conduit. La Cpi peut toujours jeter cette lettre à la poubelle, mais ici, ce repenti nous suffira. » Au lieu de parcourir monts et collines pour se faire ridiculiser par le peuple où qu’il soit, Banny pourrait concentrer son énergie à convaincre Ouattara et ses ouailles de redescendre de leur piédestal pour confesser que sans Gbagbo, la Cote d’Ivoire est bloquée.
S’ils prennent un peu de recul en se replongeant quelque peu dans l’histoire récente de notre pays, ils peuvent comprendre mieux pourquoi Laurent Gbagbo s’est battu pour les ramener d’exil, pourquoi il a organisé le forum de réconciliation nationale, pourquoi il a avalé et nous a fait avaler les couleuvres de Linas Marcoussis, pourquoi il a pris l’article 48, malgré le fait qu’il l’exécrait, pour faire de Ouattara un candidat exceptionnel, pourquoi il a fait de Soro Guillaume son premier ministre dans le cadre d’un dialogue direct….
Laurent Gbagbo n’est pas un surhomme politique. C’est un être humain normal qui a fait de la politique son métier. Il n’a pas envouté le peuple ivoirien, il lui a simplement montré comment vivre ensemble dans un Etat moderne. Et le peuple dans sa diversité ne supporte pas l’injustice. Il n’accepte pas qu’on veuille faire à l’autre le mal qu’on n’a jamais reçu de lui.

Joseph Marat

L’art de l’hypocrisie politique

Ceux qui y croient encore sont allés aux urnes hier ! En attendant qu’on nous balance les contre vérités sur le taux de participation et les véritables résultats de ces élections, je voudrais profiter de cette pause pour parler d’autre chose. De l’hypocrisie des hommes politiques français ! Il est toujours surprenant de les voir s’émouvoir et d’embarquer tout le peuple français, via les média peu critiques, dans une sorte de folie émotionnelle qui voudrait faire la morale au monde entier. Ils ont la plus grande gueule du monde. On pense donc généralement qu’il leur suffit de dénoncer quelque chose pour qu’on commence à croire c’est le plus grand crime qui puisse exister ! C’est ainsi qu’avec leurs instruments de haute manipulation, ils sont capables de faire prendre le mensonge pour la vérité !
En Côte d’Ivoire, après avoir suscité et publié une dizaine de sondages sur la victoire de Laurent Gbagbo, quel que soit le cas de figure, au second tour de la présidentielle 2010, ces politiques français ont trouvé scandaleux que celui-ci sorte vainqueur de ladite élection. Ils ne se sont mêmes pas émus qu’à la place de la voie démocratique du recomptage des voix, leurs gouvernants aient systématiquement opté pour le massacre du peuple. Quand on a vécu cela, on peut à peine accorder du crédit à la moralisation de la vie politique en France suite à l’affaire Cahuzac. Le tolet consécutif à cette affaire relève de la pure hypocrisie. Les rares esprits perspicaces dans cette classe politique Française relèvent même que cela n’a servi a rien de publier le patrimoine des ministres parce qu’on n’est pas parvenu à dire réellement qui est à jour de ses impôts sur sa fortune dans ce gouvernement.
Et observons bien, ce sont ces mêmes hommes politiques qui sont amis à tous les dictateurs et rebelles arrivistes du continent africains. Jérôme Cahuzac est frappé d’ostracisme, mais il n’y a pas longtemps le président de l’assemble nationale française Claude Bartolone recevait en audience Soro Guillaume, l’ex-rebelle ivoirien, qui trône aujourd’hui à la tête d’une fortune qu’il peu difficilement justifier. Qu’en Cote d’Ivoire l’actuel chef d’Etat, contre la loi fondamentale, n’ait pas encore publié son patrimoine ne dit rien à la grande France ou il défile toutes les deux semaines. Il passe même pour un chef d’Etat modèle de probité pour eux. Que Laurent Gbagbo soit déclaré indigent après dix au pouvoir en Afrique ne change rien quant à ce qu’ils pensent de lui.
Sans vouloir mélanger les torchons et les serviettes, je finirai mon propos en relevant un paradoxe. Cette classe politique française qui s’apprête à mettre Jérôme Cahuzac sur un bucher pour avoir menti sur ses avoirs est en train de légaliser l’homosexualité en France. Pour donner mauvaise conscience au peuple, ils assimilent de façon malhonnête le sentiment naturel de répulsion d’une pratique contre nature à l’homophobie.

Joseph Marat

CEI : « frauder sera possible »

Après Bamba Yacouba, voilà Inza Diomandé, un autre porte-parole de la Commission Electorale dite Indépendante (CEI) qui plastronnait sur la couverture d’un confrère hier matin pour annoncer que les élections municipales de dimanche prochain seront immaculées. Il dit précisément ceci : « Frauder sera difficile ». Heureusement pour les fraudeurs armés, il ne dit pas que ce sera impossible. C’aurait été un peu gros au regard du passé très controversée de cette commission. Les promesses de transparence sont dans son cahier de charge, mais elle n’est pas tenue de les tenir. Et ce n’est pas par accident, la CEI est en elle-même une officine de fraude. Elle est le symbole de tout ce qu’il y a de frauduleux, d’illégitime et de vicieux dans l’arsenal politico-juridique ivoirien.
Lors de la présidentielle de 2010, le sieur Youssouf Bakayoko, président de cette commission, comme un lâche, a semé tous les membres de son groupement électoral pour se retrouver, seul, au QG de campagne d’Alassane Ouattara afin de le déclarer vainqueur de l’élection. Soit, mais il ne nous a jamais montré le document ou le procès verbal de la délibération de cette commission électorale. Le PV consigné par tous ceux qui avaient voix délibérative dans cette commission électorale aurait pu au minimum justifié de l’authenticité des résultats qu’il a proclamés au Golf Hôtel entouré d’hommes en armes. Cette image d’un président de commission pris en otage par les sicaires du régime actuel ne nous a pas semblé servir énormément la transparence. En sus, que devons-nous attendre en termes de transparence d’une commission électorale illégale. Cela a tout l’air d’un voleur qui renie sa main dans la poche d’autrui. Les accords de Ouaga qui ont institué cette commission ont mis fin à ses fonctions depuis la fin de la dernière élection présidentielle.
Tout compte fait, le véritable enjeu des élections de dimanche prochain, sera le taux de participation. Ceux qui font la promesse de la transparence aujourd’hui seront-il à mesure de nous en donner les vrais chiffres ? Les banques sont toujours rendues difficiles à cambrioler. Cela ne veut nullement dire qu’on ne les braque pas ou qu’on ne réussit pas à les cambrioler. De vous à moi, que vaut la promesse de transparence de Youssouf Bakayoko dans le régime d’Alassane Ouattara devant des candidats qui n’ont rien à envier à tous ceux qui ont dévalisé la plupart des agences BCEAO du territoire nationale.

Joseph Marat

Militants PDCI yako !


Au départ, j’ai cru comme tout le monde que le Secrétaire Général du PDCI avait été chassé de Séguéla par les dozos locaux du RDR. Mecontents que celui-ci vienne jeter son poids dans la balance du candidat PDCI contre Amadou Soumahoro, le patron local du régime. Que non ! Ce sont les militants du PDCI de Séguéla, bravant la soldatesque du RDR qui ont refoulé leur SG de cette localité. « S’il ne vient pas pour soutenir notre candidat, vaut mieux pour lui qu’il n’entre pas dans la ville ». Ce qui est loin de manquer de bon sens et d’une certaine honnêteté politique. Et voyons ce que Djédjé Madi dit à propos de cet incident : « Vous savez, le fanatisme de tout côté n’est pas une bonne chose. Le secrétaire général par intérim du RDR m’a invité à son meeting. Je partais pour délivrer un message d’apaisement, de réconciliation nationale pour tous. Malheureusement, c’est le candidat et les militants du PDCI RDA qui m’ont barré la route. Alors que je ne suis pas allé pour supporter un candidat contre un autre »
Entre-nous, depuis que ce pays brûle, est-ce que ce sont les tribunes qui manquent pour lancer un appel d’apaisement à l’endroit du RDR, ce parti si « pacifique » ? Fallait-il que Djédjé Madi se rende à Seguela, trahir sa base politique en allant soutenir l’adversaire du PDCI sur le terrain sous le fallacieux prétexte de répondre à une invitation pour lancer un message de paix. Argumentaire par ailleurs malhonnête parce que les meetings de campagne sont rarement faits pour moraliser ou parler d’autre chose que de soutenir le candidat hôte. Cette attitude lèche-botte est donc indigne, encore plus la velléité de la justifier.
Au-delà, cette réaction des militants du PDCI dans cette région où ils sont supposés être férocité par les militants RDR, est pleine d’enseignements. Les militants du PDCI ne sont dupes. Ils savent qu’ils sont dans une relation de dupe avec la clique dirigeante tiraillée entre la défense d’intérêts particuliers et une vision politique claire. Henri Konan Bedié, l’héritier de l’houphouëtisme, après avoir écrit Les chemins de ma vie, créé les « démons » de l’ivoirité, n’a eu aucun scrupule pour s’allier à des putschistes pour dévoyer l’héritage d’Houphouët et se renier lui-même. Au prix de quel avantage ?
Cette réaction de la base du PDCI, dans une localité insoupçonnable pour un tel sursaut nous révèle au moins une chose : elle n’a pas pu suivre Bédié, même dans le nord, quand celui-ci leur a demandé de voter Ouattara au second tour de la présidentielle de 2010.

Joseph Marat

mercredi, 17 avril 2013

Le fardeau du pays


Il n’y a pas deux mois, le Président par intérim du FPI, le Professeur Miaka Oureto dénonçait ouvertement les pontes du PDCI qui lui faisaient des appels de pieds afin qu’il engage son parti dans un mouvement d’envergure pour sauver le pays à la dérive. Il leur avait donné, à son temps une réponse du genre : « ne restez pas caché derrière les avantages factices que vous donne Ouattara pour regarder mourir votre nation. Sortez de votre cachette et ayez le courage défendre ce que vous pensez réellement ». Aujourd’hui, l’appel est plus clair. « Frères et Sœurs du PDCI … il est encore temps de sauver la démocratie dans notre pays. L’enjeu est clair et dépasse de très loin les frontières idéologiques (libéralisme et socialisme). C’est la survie de notre nation qui est en jeu. La propriété de son sol, la jouissance de ses richesses par ses propres filles et fils, le devenir de sa gestion démocratique et partant le développement du pays… Resserrons nos rangs pour faire barrage aux prédateurs. Rassemblons-nous pour défendre la nation en péril. Nous n’avons que cette patrie alors défendons là ensemble au risque de disparaitre ensemble, quand l’on nous demande de vivre ensemble chez nous, sans nous ».
D’aucuns ont vite fait de penser que c’est parce que le FPI prépare la présidentielle 2015 et que sachant qu’il ne peut pas gagner seul les élections à venir, il recherche à s’allier au PDCI pour isoler le RDR. Cette lecture me semble très superficielle et la réponse du PDCI tout comme la réaction du RDR ne me semblent pas, non plus, profondes. Le FPI est un parti politique dont l’objectif est la conquête démocratique du pouvoir. C’est donc absolument trivial de relever qu’il prépare des joutes électorales futurs. Ce qui est malsain c’est de faire accroire qu’il est seulement mu par cet intérêt devenu secondaire devant le drame que traverse le pays. Il faut sauver ce pays. Cet appel de Miaka au PDCI n’est pas un appel à venir escorter le FPI pour prendre le pouvoir. Il leur demande simplement de se réveiller face au péril RDR. Sinon dans cette politique de l’autruche qui est la sienne, le moment viendra où il ne pourra même plus jouir des prébendes de sa compromission avec les ennemis de sa patrie. C’est une question de responsabilité. Dans le langage spirituel on parle de porter un fardeau. C’est une invitation à venir porter le fardeau de cette nation.
Evidemment la réponse du PDCI à cette invitation est révélatrice de son degré d’attachement à la survie de cette nation. L’intérêt général ne peut rivaliser avec son nombrilisme. Le porte parole de Bédié trouve que « ce n’est pas à l’ordre du jour ». En clair le peuple peut encore supporter de souffrir les affres de la politique aveugle de Ouattara Alassane. « Attendez, nous n’avons pas encore fini de nous remplir la panse ».
Pour le RDR d’un certain Joel Nguessan, le FPI peut toujours rêver de vouloir sauver la Cote d’Ivoire. Comme des sangsues, son parti et lui sont sûrs de leur affaire. Ils ruineront la Côte d’Ivoire jusqu’aux os. Mais, manque de pot pour eux, le peuple, comme Dieu, voit tout, il sait qui porte son fardeau et il est lent à la colère…

Joseph Marat

La justice des vaincus



Je suis tombé sur un éditorial de Venance Konan le lundi dernier. J’ai d’abord pensé que c’était un écrit de Tirbuce Koffi. Un détail qui n’aurait rien changé parce que j’étais de toute façon résolu à ne plus m’intéresser à ce que ces deux pouvaient écrire sur ce pays. Ce sont des lettrés qui ont fait le choix défendre leur tribu et leurs avantages. Et on ne peut absolument rien y changer. Je me suis par contre intéressé à cet édito parce que j’ai eu, au fur et à mesure que j’avançais dans la lecture du texte, la nette impression que le mercenaire faisait l’aveu de l’échec de son combat.
Dans ce texte Venance Konan a abordé deux thèmes de la rhétorique politique actuelle et montrer à quel point le désespoir de la défaite est palpable dans le camp d’en face. Je passerai son allégorie de la Côte d’Ivoire malade, reconnue par l’éditorialiste comme étant toujours souffrante, après avoir passé deux bonnes années dans les mains de l’hyper-docteur Ouattara Alassane alias Docteur solution ou Démiurge de milliards. Apparemment l’hagiographe du régime semble douter de l’efficacité des solutions que son mentor administre à la Côte d’Ivoire malade…
Venance Konan a abordé le thème de la réconciliation et de la justice des vainqueurs. A propos de la réconciliation il asserte qu’on ne peut réconcilier des personnes qui ne veulent pas se réconcilier. Quant à la justice des vainqueurs, pour lui, nulle part les vainqueurs ne dressent un tribunal pour faire leur propre procès. Des vérités de la Palisse qui révèlent la laideur d’une mentalité politiquement limitée. Si on part du postulat que seul Laurent Gbagbo était le mal ivoirien et qu’il aurait suffit de l’extirper du pouvoir pour que le peuple ivoirien se retrouve dans tous les sens des termes, ce n’est rien moins qu’un aveu d’impuissance, si on est réduit à sortir de telles évidences deux ans après avoir écarté le mal absolu.
Au-delà de ce constat malheureux, Venance Konan oublie que dans un Etat moderne le concept de réconciliation n’a pas de sens parce que dans un pays tous les citoyens ne sont pas obligés de s’aimer. Ce qui toutefois les oblige, c’est leur adhésion au contrat social. Et ce n’est pas en brandissant les armes ou en incarcérant ses adversaires politiques qu’on l’obtient. Il faut arrêter les jérémiades du genre « Qui peut obliger des personnes qui sont fâchées à se réconcilier ?», arrêtez la comédie de Charles Konan Banny et allez à l’essentiel dans la construction d’un Etat de droit.
Quant la justice des vainqueurs, si la préoccupation est aujourd’hui récurrente dans les ONG, hier pro-Ouattara, c’est justement parce qu’elles se sont rendues compte qu’elles se sont trompés. En Côte d’Ivoire ce sont les vaincus qui veulent faire la justice des vainqueurs.

Joseph Marat

Folklore politique simplement ridicule


« Il s’agit d’une avancée de la démocratie en Côte d’Ivoire. Car , je pense que c’est la première fois que le président de la république vient devant le parlement demander une loi d’habilitation dans un domaine précis et pendant une période précise et suivant des modalités définies dans le cadre de sa ratification, la possibilité d’intervenir dans le domaine de la loi.» Ces mots d’Ahmed Bakayoko, représentant Alassane Ouattara, devant le parlement RHDP après que celui-ci ait autorisé le dernier à gouverner par ordonnance, sont simplement ridicules. En face, on appelle ce comble de l’inculture politique : une avancée démocratique ! Allez-y comprendre quelque chose. Mais, cela est fait à dessein. Décidément, Ouattara s’est emparé du pouvoir politique ivoirien pour nous perdre. Faire régner l’irrationalité sous les oripeaux d’une pseudo-raison. Conduire les ivoiriens à prendre leur régression pour un progrès. En quoi cumuler le pouvoir exécutif et législatif dans un Etat est-il une avancée démocratique ? Ahmed Bakayoko ne sait pas de quoi il parle. Ce n’est pas seulement la première fois qu’Alassane Ouattara se présente devant le parlement pour lui ravir sa portion de pouvoir et créer le déséquilibre des pouvoirs politiques, il est, en plus, le seul à faire cela avec le sentiment paradoxal qu’il avance démocratiquement. Pourquoi les chefs d’Etat qui l’ont précédé ne se sont-ils jamais donnés à ce jeu. Parce qu’ils étaient loin d’être des comédiens. Même si parmi ces anciens chef d’Etat ivoirien, il y en avait qui avaient des pratiques anti-démocratiques, ils ne se prévalaient justement pas de la démocratie au moment où ils en violaient les principes élémentaires. Ils savaient ce que veut dire démocratie et séparation des pouvoirs. Ils ne se ridiculisaient donc pas en voulant prendre les Ivoiriens pour des sots.
Ouattara a-t-il besoin de gouverner par ordonnance avec un parlement monocolore, taillé sur mesure ? Ses partisans parlent de la célérité des actes à prendre. Ridicule ! Pour qui va-t-il prendre ces actes ? Parce que si c’est pour les ivoiriens, il n’a apparemment pas besoin d’arracher au peuple le droit d’en débattre à travers son parlement pour comprendre le bienfait de la loi qu’il se donne. C’est le peuple qui vote la loi en dernier ressort, c’est le principe même de la démocratie et de sa liberté selon Jean Jacques Rousseau. Si un quidam lui arrache ce droit, il faut s’appeler Alassane Ouattara pour appeler cela avancée démocratique. Gouverner par ordonnance, cela s’est déjà vu dans ce pays, mais on n’a jamais entendu dire que c’est le signe d’une avancée démocratique parce que c’est justement le déficit démocratique qui fait recourir à cette pratique. La Côte d’Ivoire continue-t-elle d’être en crise deux ans après l’avènement du « messie de la démocratie », du « docteur solution » ? Ce matin du 11 avril 2013, j’entendais les journalistes d’une radio étrangère, qui en parlaient, rire sous cape. Et j’avais déjà entendu un Africain, sur un autre support, rire de la médiocrité de nos hommes politiques actuels… j’étais loin de penser qu’il pouvait avoir autant raison.

Joseph Marat

Débat sur le positionnement politique de Soro (1)




A la faveur des hommages que le monde entier a rendus à Hugo Chavez, je suis tombé sur un texte de l’un des nègres de Guillaume Soro, qui essayait d’associer tant bien que mal, l’image de celui-ci à ceux des grands défenseurs des valeurs humanistes qui meublent notre mémoire collective. Voilà le débat que j’ai engagé avec lui. Par politesse pour vous, j’ai ôté les injures inutiles qui nous éloignaient du fond de la discussion. Voilà le texte que je lui ai envoyé après avoir lu son premier post sur Chavez intitulé : « Hugo Chavez et les Africains : Extraordinaires malentendus »

« Je reste admiratif de ta palette de connaissance des livres que tu lis abondamment. De ce que je viens de lire je retiens deux idées essentielles. Que Hugo Chavez est un adepte de Simon Bolivar et que celui-ci était un défenseur des valeurs universelles de démocratie, de séparation de pouvoir en politique, de l'égalité entre tous les hommes et dont le "patriotisme ne sera jamais la défense d’une terre, mais celle des valeurs qui rendent digne de vivre sur toute la terre." Mais où est le malentendu cher ami ? Pourquoi, les Africains auraient détesté Chavez s'ils avaient su que ce dernier était un grand intellectuel et non un révolutionnaire sanguinaire comme Guillaume Soro.

Cher ami dans le développement de ton anticolonialisme dogmatique, il me semble que tu es en retard d'une génération dans ton acception de la mentalité des jeunes patriotes africains. Justement ce sont les valeurs de l'égalité, de fraternité universelle, de démocratie, de séparation de pouvoir qui constituent le terreau de l'aspiration à la liberté des jeunes patriotes africains. Dans ton copinage avec Soro Guillaume, c'est finalement toi qui entend parce que tu es du mauvais coté de la barque. Il n'y a pas de malentendu dans la popularité de Chavez en Afrique. Les Africains dans leur résistance ont compris qu'ils mènent le même combat d'émancipation que Chavez. Et quand ces jeunes parlent d'émancipation, ils entendent bien parler des valeurs que promeuvent Simon Bolivar et Hugo Chavez.


Au contraire c'est à ton idole Soro Guillaume que nous devons encore en Afrique d'être assimilé à des sauvages aux esprits sectaires défendant dans des politiques de rattrapage une idée de l'homme encore tributaire d'un ethnocentrisme rétrograde. C’est à ton idole que nous devons, dans une Afrique moderne, l'accession au pouvoir politique des chasseurs traditionnels appelés dozos en Côte d'Ivoire.

Hugo Chavez est un grand Homme de la dimension des grands résistants comme Laurent Gbagbo, Patrice Lumumba, Nelson Mandela... les Africains ne se trompent pas à le vénérer aussi. »

Voilà la réponse du bloggeur
« Pour la gouverne de mon cher ami Joseph Marat, hélas toujours très mauvais lecteur et critique superficiel, Bolivar fut un révolutionnaire combattant, qui épingla le scalp de milliers de colons espagnols par la lutte de résistance armée. Il combattit l'oppression coloniale et esclavagiste, mais aussi raciste dans près de dix territoires d'Amérique latine, sollicitant même à certaines époques l'aide des Anglais pour bouter les colons Espagnols d'Amérique. On l'appela El Libertador. Mon ami Guillaume Soro, excellent lecteur, a retenu de Bolivar comme de Guevara, non seulement son pseudonyme de Che que personne de sérieux ne saurait démentir en Afrique contemporaine, mais aussi le courage de risquer sa vie pour sa conception de la juste, du beau et du vrai. Il a combattu l'ivoirité, la xénophobie et l'exclusion identitaire depuis sa tendre jeunesse. Il n'en démordra pas. La Défaite électorale, mais aussi La chute militaire de Laurent Gbagbo ont été accompagnées par la Défaite intellectuelle de l'anticolonialisme dogmatique. Soro a rempli par la démocratie et par la critique des armes, la mission générationnelle que j'accomplis depuis près de 20 ans par les armes de la critique au département de philosophie de l'Université d'Abidjan. Gbagbo, au fond, ne peut même pas dénouer un fil de la sandale d'un Lumumba, d'un Um Nyobè, ou d'un Mandela, voire même d'un Chavez. Laissez cet homme de Mama passer sa retraite en dehors du champ politique africain. Nous nous en porterons tous infiniment mieux! »
A suivre …

Joseph Marat

Débat sur le positionnement politique de Soro (2)


« Salut cher ami. Je viens de découvrir que tu as bien voulu répondre à la critique que j’ai faite de ton texte. Je note quelques invectives malheureuses qui me laissent sur ma faim. Je n’ai jamais remis en cause le fait que c’est de toi que je tiens le peu que je sais. Oui, comme tu le sais certainement, je ne lis pas beaucoup mais je ne crois pas qu’il faille lire des tonnes de livre pour avoir le bon sens. Souviens-toi de Descartes.
Tu écris que les africains n’auraient pas célébré Chavez s’ils avaient su qui il est. Je réponds qu’il n’y a pas de malentendu parce que, ce sont justement les valeurs que tu lui reconnais que les africains défendent aussi. D’où vient que je sois pour toi, sans démonstration, un critique superficiel et un mauvais lecteur.
Tu t’attèles plutôt à montrer que Soro Guillaume, « excellent lecteur …», est la version tropicale de Simon Bolivar et Che Guevara. Sauf ton respect, je suis obligé de te dire qu’il semble y avoir un gros malentendu dans tes assertions. De la biographie de Bolivar tu écris ceci : « Il combattit l'oppression coloniale et esclavagiste, mais aussi raciste dans près de dix territoires d'Amérique latine » et dans ta réflexion initiale tu dis aussi « Son patriotisme ne sera jamais la défense d’une terre, mais celle des valeurs qui rendent digne de vivre sur toute la terre ». On doit logiquement comprendre que Bolivar est un anticolonialiste à ceci de moins qu’il n’est pas dogmatique parce qu’il a incorporé à sa lutte l’aide des anglais pour combattre les colons espagnols et que son patriotisme n’était pas la défense d’une tribu.
Pour avoir été là, au début de toutes ses luttes de positionnement matériel et politique, je t’informe que Soro Guillaume s’est retrouvé à la tête de cette rébellion contre « l'ivoirité, la xénophobie et l'exclusion identitaire » de façon opportuniste et non par conviction idéologique. Il venait de faire deux mandats électifs de deux ans chacun à la tête de la Fesci. Cette fédération des élèves et étudiants de Côte d’Ivoire a été loin d’exclure Soro et nulle part durant ses mandatures il n’a jamais fait cas de lutter contre une idéologie identitaire.
Bolivar luttait, selon ce que tu écris contre les impérialistes espagnols. Il me semble, en réalité, que Soro Guillaume, avec le concours des impérialistes français, a pris des armes contre une terre ou une partie de la population de son pays qui l’aurait exclu. Y a-t-il une commune mesure avec la lutte Bolivarienne qui, selon tes écris, était présente sur une dizaine de territoires soumis à l’impérialisme espagnol ?
Je te ramène, pour finir, à celui à qui tu voues une haine viscérale. Je me demande constamment pourquoi ? Parce que c’est avec lui que tu partages les canons universitaires de lectures et d’écritures. Toi qui lis énormément, sais-tu que Laurent Gbagbo a à son actif une dizaine de livres sur sa vision politique ? Il partage avec toi les armes de la critique et non la critique des armes. Dans la dernière option, ceux qu’on critique avec les armes ne sont plus là pour voir les bienfaits de la politique des armes. En clair, on ne peut être un model sociétal quand on développe le réflexe de prendre les armes pour combattre une idée.»


Joseph Marat