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mercredi, 08 mai 2013

Le message du taux de participation

Je trouve que les débats que nous engageons de part et d’autre sur le taux de participation, chaque fois après les échéances électorales, me semblent quelque peu stériles. C’est pour ma part la meilleure façon d’occulter le fond du problème. Nous n’y faisons suffisamment pas attention mais la question des élections dans un Etat est la clé de la modernité et du développement dudit Etat. Un Etat est dit démocratique lorsque son appareil électoral est maitrisé et lorsqu’il est capable de faire des élections transparentes. La participation à ces élections ne devrait pas se rechercher parce que c’est la confiance en l’appareil électoral qui déplace une population qui a bien compris l’enjeu de son vote. Dans le cas contraire, il ne faut rien attendre d’une population qui sait pertinemment que ce n’est pas sa voix qui empêchera qu’on bombarde une institution républicaine pour installer un non élu.

Le Fpi a lancé un appel à boycotter les dernières élections municipales pour des raisons qui leur sont propres et qui peuvent aisément se comprendre. Il ne prend part à ces élections qu’il considère par ailleurs comme une mascarade. C'est-à-dire une élection qui a pour objectif de couvrir d’un voile démocratique une dictature de fait. A l’issue de ces élections on constate, selon des chiffres dits officiels, que 30 personnes sur 100 se sont rendues aux urnes. Pour le FPI près de 85 % des ivoiriens ont entendu son appel et comprennent qu’ils ont mieux à faire que de prendre part à une comédie électorale. Cette lecture est la seule que le FPI peut faire parce que dans son appel au boycott il y a déjà la dénonciation de la dictature politique qui prévaut. C’est de bonne guerre.

Ce qui est désolant pour notre pays, c’est la réponse du régime face au désintérêt de la population qui se mobilise peu pour prendre part aux échéances électorales. Le régime de Ouattara et sa CEI refusent de se remettre en cause. Ce qui est de bonne guerre aussi, il faut le leur concéder parce que d’eux on peut difficilement attendre mieux, même si nous pensons que lorsqu’on a été élu avec un taux participation de 70 à 80%, on devrait être interpelé par la chute de plus de 50 points de ce taux à toutes les élections qui suivent. Parce que cela veut dire d’une part que la vie politique et les questions liées à l’avancée de la nation n’intéressent plus les ivoiriens depuis que Ouattara a pris le pouvoir et d’autre part que lorsqu’ils se mobilisaient à plus de 80 % aux dernières présidentielles, ils ne s’attendaient pas à se donner un tel régime.

La froideur des ivoiriens aux différentes élections devraient préoccuper le régime de Ouattara. C’est ce qui doit se faire dans un Etat qui veut émerger. C’est à l’occasion des échéances électorales seules que le peuple s’exprime. Il y a donc forcement un message qu’il transmet dans le fait qu’il boude. Ne pas le percevoir est une erreur politique. Les réactions du genre « ce n’est pas une victoire pour le FPI … Les taux de participation aux élections municipales et législatives n’ont jamais excédés 40% donc c’est normal…30 % révèle en réalité que le FPI ne pèse que 10% de l’électorat » n’est pas responsable.

Joseph Marat

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