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mercredi, 08 mai 2013

Opération expropriation


La radio français RFI a consacré sa Une matinale d’hier à la question du foncier rural et de la nationalité en Côte d’Ivoire. L’information allait dans tous les sens pour montrer qu’il y a un problème grave de nationalité et de foncier rural qu’il faille régler pour éviter des conflits à venir. Comme à son habitude, cette radio qui aime créer des tempêtes dans des verres d’eau, a fait un grand bruit autour du soi-disant problème sans jamais en exposer clairement le fond. Pourquoi la Côte d’Ivoire est-elle devenue le seul Etat de la sous région à avoir un tel embarras liant sa terre à la nationalité de ses citoyens ?
L’allusion au sujet faite par Ouattara dans une interview retranscrite dans un canard de la place ne nous avance pas suffisamment. Les Ivoiriens doivent simplement accepter sans réfléchir qu’ils ont un problème d’identité et de foncier rural. C’est à croire que ce sont les seuls domaines que, dans la construction juridique de l’Etat Ivoirien, le législateur a laissé pour compte. Il a légiféré en tout et sur tout, sauf sur notre identité et sur nos terres à telle enseigne que le handicap de notre contrat social est aujourd’hui la source de notre péril.
Un ami qui, à la faveur la crise postélectorale s’est retrouvé en Tunisie, m’a dit un jour que dans ce pays, la loi interdit aux étrangers, exceptés les diplomates, de posséder un véhicule. Il faut le louer au Tunisien. C’est la loi. La Tunisie est aujourd’hui une démocratie naissante, comme ici par ailleurs. Mais je ne pense pas que cette loi discriminante portant sur un matériel mouvant y soit source de conflits. En Côte d’Ivoire les lois sur le foncier rural et la nationalité existent ; elles sont des plus généreuses au monde et elles ont été votées à presqu’unanimité des parlementaires dans une assemblées nationale qui regroupait toutes les sensibilités politiques. Pourquoi Ouattara et ses amis de la communauté internationale veulent-ils contourner ces lois ivoiriennes pour faire plaisir à des personnes qu’ils identifient bien. « De nombreux Burkinabés vivent sur ces terres depuis de longues années » disaient hier matin le journaliste de RFI qui tentait de justifie l’existence d’un problème lié au foncier et à l’identité. Apparemment vous convenez avec moi qu’il n’y a pas problème puisque ceux pour qui l’on veut créer des crises de toutes pièces sont de Burkinabés. Ils sont bien identifiés comme des nationaux du Burkina Faso dont les terres sont les leurs. Pourquoi pour les ivoiriens la charité bien ordonnée devrait commencer par les burkinabé ? Pour quoi le souci de caser des burkinabé sur nos terres devrait nous empêcher de dormir ?
Cher concitoyen Alassane Ouattara, ne demandez pas aux Ivoiriens d’être plus royalistes que les rois. Si les burkinabés qui vivent sur nos terres depuis bien longtemps avaient voulu être ivoiriens, il y a longtemps ils le seraient devenus et n’auraient pas eu, par ricochet, de problèmes de possession de terre. Ce que vous voulez faire, en vous auto saisissant par ordonnance, pour changer les lois ivoiriennes et attribuer nos terres à des hors-la-loi comme Amade Ouremi ne résoudra durablement pas le problème imaginaire de foncier et d’identité en Côte d’Ivoire.

Joseph Marat

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