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mardi, 14 mai 2013

La marche du rachat II

Anaki Kobenan a donné une longue interview dans le Fraternité Matin de Venance Konan il y a 2 semaines. Comme s’il n’avait pas été entendu l’homme politique a remis le couvert la semaine dernière dans un autre organe. Dans un autre canard d’hier, un confrère, qui a prêté attention aux gesticulations critiques du politicien a voulu faire de l’herméneutique pour nous dire pourquoi il s’agite tant dans ces derniers jours. Tout comme Mamadou Koulibaly, Anaky pense certainement qu’il a une chance d’être une alternative face aux déboires d’un régime qui broie son opposition et du noir. Voilà la réflexion d’Anaki qui est la toile de fond de l’analyse du confrère : « Tout ce qu’on projette comme développement ne sera pas réglé dans le fond. Les investisseurs ne viendront que s’ils sont surs qu’en cote d’Ivoire, on a retrouvé la paix et l’harmonie. La population continue de vivre dans les mêmes conditions de pauvreté qu’autrefois. On ne peut dire qu’aujourd’hui, il y a grande création d’emplois. La Côte d’ivoire dans sa grande majorité comprend mal que Simone Gbagbo soit toujours en prison, parce que je crois qu’elle a assez payé pour ce qu’elle a fait ». Ce discours n’est pas le moins acerbe contre le régime Ouattara, mais il n’est pas nouveau. Son opportunité factice montre même qu’Anaki prêche dans le vide. Au lendemain des législatives de décembre 2011, juste quelques mois après la victoire de la coalition RHDP à la présidentielle, il disait déjà ceci : « On peut considérer que le Rhdp est mort. Il est mort, de sa belle mort. Il est mort du moment où l'on n'a pas pu, pour ces élections législatives, au plan national, aller en groupe uni, alors que c'était l'un des principaux objectifs que nous nous étions fixés depuis le départ. C'est dommage (…) Parce que nous n'aurions jamais pensé que le président d'un parti membre du Rhdp, candidat dans une circonscription, aurait en face de lui des candidats d'autres partis de ce même Rhdp. A partir de ces élections, le Rhdp est bel et bien mort de sa belle mort. » A l’occasion j’avais produit la réflexion suivante : « Ce qui est intéressant dans cette complainte d’Anaki, c’est la rigueur de l’analyse de l’homme. J’étais loin de penser qu’il en aurait été un jour capable. Tant les eaux troubles lui seyaient bien. Ce fut une totale déconsidération pour son parti et pour sa personne que des candidats d’un mouvement politique dont il est aussi le président, se présentent contre lui dans la commune de Cocody. Un candidat RHDP ne devrait avoir pour adversaire qu’un autre candidat LMP ou indépendant, à plus forte raison un président-candidat. Ce fut un peu fort. C’était comme si Anaky se combattait lui-même dans ce mouvement politique parce que le candidat RHDP qui s’est présenté contre lui, a certainement eu sa caution. Si ce n’est pas le cas, c’est certainement une preuve de plus que les décisions se prennent dans cette coalition sans lui. Dans les deux cas Anaky n’est rien au Rhdp. Et c’est à l’aune de ces dernières élections législatives qu’il s’en est rendu compte. Mais il en a mis du temps pour comprendre que le salaire de la trahison est au mieux des cas l’indifférence de tout le monde. Qui peut accorder du respect et sa confiance à quelqu’un qui n’a aucun sens de l’amitié, aucun sens de la gratitude et de la loyauté. Le salut d’Anaky, par pure reconnaissance, réside dans les marches qu’il devrait organiser pour la libération de Laurent Gbagbo parce que cela ne dépend même pas de lui quant à décréter la mort du Rhdp ».
Près de 2 ans après, le discours d’Anaki ne prend toujours pas parce qu’il n’a toujours pas compris. On ne demande pas aux hommes politiques de parler à la place du peuple. On leur demande simplement de donner la parole au peuple. Dans les années 90, les marches que Laurent Gbagbo organisait pour la liberté d’un certain Anaki prisonnier politique d’un certain Houphouët Boigny étaient des prétextes pour arracher le pouvoir du peuple à ceux qui le confisquaient. Aujourd’hui ce qu’on attend d’Anaki, ce ne sont pas les bavardages hypocrites. Je lui rappelle que le moment est venu qu’il organise des marches (l’emprisonnement de Gbagbo et de son épouse peut même être un prétexte pour lui) pour arracher à Ouattara l’organisation d’élections transparentes en 2015. Le reste relève de la ruse politique improductive…

Joseph Marat

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