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mardi, 14 mai 2013

Le cynisme du démagogue



Il y a une constance dans la conception du bien-être ou du bonheur chez les hommes qui nous gouvernent actuellement. Ils pensent qu’il suffit de donner du pain au peuple pour qu’il soit heureux. J’ai rarement lu, par contre j’ai souventefois souffert l’écoute d’Alassane Ouattara. Je me suis même imposé aujourd’hui le supplice d’écouter un bout de l’interview qu’il a donné à une radio de la place, à l’occasion de son déplacement dans l’ouest sinistré de la Côte d’Ivoire. Je me suis rendu compte que même quand il parle de construire des écoles et des universités, c’est toujours sous le prisme d’assouvir le besoin matériel de l’homme. L’être humain physique, sans spiritualité, sans morale, sans âme sur une table de comptabilité, voilà le type d’homme qu’Alassane Ouattara croit gouverner en Côte d’Ivoire. Les Ivoiriens sont réduits à leur simple expression d’être-objet. Leur bonheur est simplement quantifiable, il suffit donc de leur promettre des milliards d’investissement pour les délivrer de leur mal-vivre.
Même si, sur la terre de leurs ancêtres, un burkinabé du nom d’Amade Ouremi fait la loi, désacralise leur bois, démythifie leur histoire… pour Ouattara 1200 milliards d’investissement pour faire des ponts, des routes, des chemins de fer, des usines d’exploitation minières à leur détriment devraient suffire à leur bonheur. « Je suis venu voir si vous prenez votre pied avec tous ces projets que j’ai mis en route, même si en tant que rescapés, vous êtes des réfugiés sur vos propres terres. Même si je continue de maintenir vos fils, frères et sœurs récalcitrants dans les geôles du pays et en exil. Je suis convaincu que vous êtes tous heureux rien qu’avec mes promesses de pluies de milliards.» Ce cynisme d’Alassane Ouattara qui, trois ans après avoir été élu suite aux bombes de la communauté internationale, continue de promettre le bonheur aux ivoiriens est cruel et déshumanisant.
En attendant le lever du jour, nous aurions, peut-être, pu nous en contenter. Mais, même vendre des illusions de bien-être matériel à un peuple en détresse, il n’en n’est pas capable. Et cette limite est à la fois conjoncturelle et congénitale. Vouloir faire le bonheur d’un peuple contre son gré est une prétention démesurée. Un ami fiscaliste me disait la dernière fois qu’ils sont obligés de se tourner les pouces parce qu’une grande partie de ceux qui tiennent les commerces aujourd’hui sont des FRCI du décret pris le 17 mars 2011 au Golf Hôtel qui pratiquent du « pay yourself » sur les taxes dues à l’Etat. On comprend aisément pourquoi Ouattara attend tout de l’extérieur et pourquoi, au sens freudien du terme, l’homme reste bloqué au stade des promesses vaseuses.

Joseph Marat

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