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mardi, 14 mai 2013

Ouéremi survit aux fils du pays


Ouattara peut-il se permettre d’échouer devant le cas Amade ouéremi sans se laisser suspecter de connivence ? La Une du journal Notre Voie d’hier laisse nettement croire qu’il a jeté l’éponge. « Le cas Ouéremi est en règlement. Il n’y aura pas d’impunité ». Cette réponse laconique de Ouattara au journaliste qui lui pose la question sur ce dossier brulant est un aveu d’échec parce que le Ouattara que nous connaissons ne remet jamais rien à demain en la matière. On s’explique facilement qu’il rencontre de sérieux obstacles à relever l’économie du pays. Que politiquement, il peine à réconcilier les ivoiriens et à organiser des élections transparentes. Que sur le plan social, ses promesses quant à l’amélioration de la condition de vie des ivoiriens restent lettres mortes. Il n’est apparemment pas un bâtisseur d’écoles, d’hôpitaux, d’universités. Créer des emplois est une gageure pour lui… C’est aux humanistes de la trempe de Laurent Gbagbo qu’on connait ces qualités d’homme politique. Alassane Ouattara nous a plutôt habitués à organiser la violence et à éliminer les obstacles politiques en faisant des coupes réglées dans l’adversité.
Pour illustrer, on ne parlera pas de tous ceux qui ont été passés aux cribles des balles lorsque la charte du nord est entrée dans sa phase active le 19 septembre 2002. Par contre, malgré le fait que plus rien ne l’en n’empêche, il continue d’entretenir le flou sur l’assassinat de Robert Guéi et la disparition du journaliste Guy André Kieffer. Nous savons tous comment Désiré Tagro a fini avec une balle dans la bouche le 11 Avril 2011 ; comment Laurent Gbagbo a été déporté à la CPI après avoir souffert les affres dignes d’un véritable malfrat dans les goulags du nord. Les images de Simone Gbagbo violentée par les sicaires du régime actuel et la file de toutes ces autorités politiques ivoiriennes, en tenu d’Adam, buvant leur sang sur la route de l’hôtel du Golf, escale avant les bagnes septentrionaux, sont encore vivaces dans nos mémoires. Ibrahim koulibaly, le patron du commando invisible a été liquidé sans pitié dès qu’il est devenu un grain de sable dans les bottes de la charte. Ne demandons pas des nouvelles de Maguy le Tocard. Celui-ci a cru qu’il pouvait jouir de la torture et de l’incarcération du régime de Ouattara. Il a disparu dans une embuscade victime de trahison. Bohoun Bouabré et Gomont Diagou Jean Baptiste… sont les plus connus de ceux à qui on a coupé les vivres et qui sont décédés en exil par manque de soin. Lida Kouassi, Blé Goudé, Commandant Abehi ont été traqués, torturés et extradés…Cette liste des haut faits des œuvres de l’artiste Alassane Ouattara est non exhaustive et est même devenue banale dans le subconscient des ivoiriens.
Ce qui par contre est sidérant et défi toutes les grilles de la compréhension du comportement de Ouattara, c’est sa trop grande timidité devant Amade Ouéremi. On n’aurait pas tort de croire que dans l’ordre de la cruauté contre la société ivoirienne ce dernier est le maître que Ouattara n’ose affronter. Celui qui a broyé « fognon », le vent terrifiant du commando invisible d’Abobo, visite l’ouest du pays la queue entre les pattes et est frappé d’aphonie quand il est question d’Amade Oueremi. Faut-il raisonnablement penser que, détenteur du grand appareil répressif de l’Etat, Ouattara ait peur d’un troublions burkinabé qui joue le Django dans une forêt de l’ouest de la côte d’Ivoire ? Ou Faut-il dénoncer une certaine affinité qui pourrait justifier un agenda secret de confrérie liée à la recolonisation du territoire ivoirien ? Il n’y a que cela qui peut justifier que pendant que des ivoiriens sont oppressés quelque fois pour moins que leurs opinions, un criminel sanguinaire comme Amade Ouéremi court toujours.

Joseph Marat

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