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mardi, 14 mai 2013

Punie pour une leçon politique

Le dessous du retour de Madame Simone Gbagbo sur son lieu de détention initiale est pathétique. On pouvait difficilement comprendre que celui qui, la veille, s’enorgueillissait d’avoir desserré un peu l’étau de la répression politique et répondu favorablement à la volonté de Simone Gbagbo de se faire soigner, soit revenu sur sa décision. Et comme si cela n’aurait pas suffi, il y ajoute la manière pour le faire dans la règle de l’art reconnu aux petites gens. Miné par une mesquinerie infantile, Ouattara poussera le comble de la cruauté jusqu’à débrancher tous les câbles la reliant aux appareils de soin pour déporter de nouveau, dans ses bagnes de fortune, l’épouse de son adversaire politique. Elle était encore sous anesthésie et dans un état de semi-conscience. Ce jour-là, un ami n’a pas retenir ceci : « Non ! Ouattara, il est prêt pour les ivoiriens.» Pas besoin de commenter cet étonnement. Ouattara a acheté le pouvoir ivoirien pour assouvir sa soif de cruauté. Pour ce faire, toutes les occasions sont les bienvenues, même si cela doit lui coûter le peu d’honneur lié à la fonction de Chef d’Etat.
Pour comprendre à quel niveau nous sommes descendus dans l’ordre de la régression humaine depuis que Ouattara nous gouverne, voyons ce qui s’est plausiblement passé. "Notre Chef d’Etat démocratiquement élu" aurait envoyé deux missions auprès de Mme Simon Gbagbo, sa prisonnière alitée dans un hospice, pour négocier sa légitimité. Que celle-ci reconnaisse qu’il a été démocratiquement élu. Rien que cette démarche pour faire entendre à ceux qui ne l’auraient pas encore compris que Ouattara est le premier à douter de sa propre élection à la dernière présidentielle de 2010. La réponse de Madame Simone Gbagbo, à qui cela ne coûtait plus rien de dire ironiquement et pour avoir la paix « Oui Kiffi, tu as gagné !», a été digne de la grandeur politique qu’on reconnait à tous ces dignes fils de la Côte d’Ivoire en prison comme en exil que le régime de Ouattara n’arrive décidément pas à broyer. « Allez dire à Ouattara que je ne suis pas le Conseil Constitutionnel.»
Cette réponse de Madame Gbagbo n’est pas une injure. Elle n’est pas non plus négative. C’est tout un cours de droit politique. Ce n’est pas dans une cellule d’hôpital, auprès d’une patiente prisonnière qu’il faut aller chercher les résultats d’une élection dont vous jouissez de l’issue depuis trois ans. Pour cette leçon politique qui ne lui nie pas sa légitimité, mais lui indique simplement la voie à suivre en politique, Ouattara aurait du réserver un meilleur sort à cette grande dame. Mais vous avez dit Ouattarandie ! Le moins que nous puissions espérer de ce régime est le dévoiement du bon sens politique sinon il est prêt pour nous écraser tous autant que nous sommes.

Joseph Marat

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