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mardi, 14 mai 2013

Quand la poudre monte au nez

L’information a fait le tour de tous les réseaux d’information hier. Comme une trainée de poudre, elle est partie de l’université de Cocody où un colloque pour rendre hommage à Henriette Dagry Diabaté à été organiser par les intellectuels de Ouattara. Cissé Bacongo, le ministre de l’enseignement supérieur qui a bienvoulu honorer de sa présence la cérémonie d’ouverture a été au sens littéral du terme luncher par les étudiants comme un vulgaire malfrat. Tout un symbole. Un événement riche en niveaux de lecture.
Premièrement, c’est Henriette Dagry Diabaté qu’il faut plaindre dans une certaine mesure. Cette dame qu’on a voulu présenter comme la plus grande des dames intellectuelles d’Afrique aura eu son colloque d’hommage taché par le ras-le-bol des étudiants. Loin de nous l’idée de lui contester ses capacités intellectuelles et son leadership du genre dans des domaines, jusqu’à elle, restés chasse gardée des hommes. Dagry Diabaté est une pionnière de la gente féminine et elle mérite certainement que la communauté universitaire lui rende hommage. Seulement, tout comme le camp, cette dame a choisi le mauvais moment. Le choix de ce jour par les étudiants pour le fait que les étudiants aient choisi ce jour pour lapider leur ministre de tutelle véhicule au moins un message : ils ne sont pas obligé de rendre hommage à une dame qui a pris le parti de la détérioration de l’environnement académique, fusse-t-elle la première femme intellectuelle du monde. Au lieu de s’offrir une autocélébration, on attend de Dagri Diabaté qu’elle dénonce la ruine de ce qui a fait d’elle ce qu’elle est aujourd’hui.
Secundo, l’image d’un Cissé Bacongo faisant du sprint pour échapper au lynchage des étudiants à l’Université Félix Houphouët Boigny de Cocody laisse perplexe. Les étudiants sont naturellement ingrats parce qu’ils évoluent dans univers intellectuel en perpétuel changement évolutif. Il ne faut pas attendre d’eux qu’ils se contentent d’une étape du progrès de leur milieu. Ce n’est pas pour autant qu’ils sont intrinsèquement irascibles à l’ égard de leur ministre de tutelle. Le cas Bacongo est révélateur d’un malaise que le régime de Ouattara n’arrive plus à cacher. L’université a été fermée pendant un an pour réhabilitation. Au détour d’une conversation avec l’un de mes professeurs d’université, il m’apprend que 114 milliards est le chiffre officiel d’un iceberg de détournement. A la cérémonie de réouverture de cette université dont on a repeint seulement les murs, une armada de communication a été mise en place pour dire au monde entier que Ouattara offre une université de dernière génération, avec toutes sortes de commodités, à la Côte d’Ivoire. Que Cissé Bacongo prenne ses jambes à son coup pour fuir le seul site où il devrait être porté en triomphe finit par nous convaincre du caractère essentiellement cosmétique des actions menées par le régime Ouattara. Et ils ne semblent pas se rendre compte que ce genre de poudre nocive commence à leur monter au nez.

Joseph Marat

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