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mercredi, 15 mai 2013

Le nord qui nous sortira de la charte du nord

Un ami qui me fait toujours l’honneur de m’aiguillonner quand la léthargie s’empare de moi, m’a interpellé hier après avoir lu mon dernier aphorisme « La marche du rachat ». C’était une réédition et je lui faisais, à travers le même titre, un clin d’œil sur le sujet parce qu’il m’avait fait comprendre quand nous nous sommes rencontrés pour la première qu’il avait été particulièrement marqué par ce papier à cause des souvenirs qu’il a éveillé en lui en tant que combattant pour les libertés et qu’il avait même demandé à Anaki de le lire. Cette fois j’ai reçu, dès la première heure, son coup de fil, signe qu’il avait perçu le clin d’œil, et il a attiré mon attention sur la chute de cette dernière publication. « On ne demande pas aux hommes politiques de parler à la place du peuple. On leur demande simplement de donner la parole au peuple. Dans les années 90, les marches que Laurent Gbagbo organisait pour la liberté d’un certain Anaki prisonnier politique d’un certain Houphouët Boigny étaient des prétextes pour arracher le pouvoir du peuple à ceux qui le confisquaient. Aujourd’hui ce qu’on attend d’Anaki, ce ne sont pas les bavardages hypocrites. Je lui rappelle que le moment est venu qu’il organise des marches (l’emprisonnement de Gbagbo et de son épouse peut même être un prétexte pour lui) pour arracher à Ouattara l’organisation d’élections transparentes en 2015. Le reste relève de la ruse politique improductive… » Il m’a simplement dit de ne pas me limiter à Anaki dans mon interpellation et j’ai immédiatement compris que ce doigt sur ce bout de mon texte était semblable à celui de l’ange de Dieu indiquant le nord, la sortie, au peuple juif qui tournait en rond, depuis 40 ans, dans le désert du Sinaï. Dans ce désert politique que le peuple ivoirien traverse, nous sommes tous d’accord sur ce que nous voulons. Notre objectif commun est de bâtir une nation démocratique. Ceux qui détiennent aujourd’hui des armes et i se comportent comme les pires dictateurs qui soient, s’affublent du qualificatif de démocrates dès qu’ils en ont l’occasion. Même leurs soutiens occidentaux, derrière la défense de leurs intérêts bassement matériels, croient soutenir une démocratie. Faut-il les prendre au mot ? Faut-il les prendre par ce bout ?
C’est vrai qu’il n’y a pas qu’Anaky qui s’essaye à dénoncer la dérive totalitaire du régime Ouattara. Le Pdci, le FPI, le Lider la formation politique de Mamadou Koulibaly, les ONG internationales des droits de l’homme, même les soutiens occidentaux, par leur silence ne semblent plus sûrs de leur caution aux pratiques dictatoriales du régime ivoirien. À l’intérieur du RDR, le parti au pouvoir, on commence à renfrogner la mine face aux exagérations et au manque de signe de conciliation de la part du mentor. Chacun y va de sa critique et de ses récriminations contre Ouattara. Mais personne ne sait apparemment pas qu’elle participe, à ce jeu, à un schéma plus grand. Celle qui consiste à aider Ouattara à asseoir profondément sa dictature. Il manque aux hommes politiques ivoiriens un véritable angle d’attaque, une véritable stratégie politique. Il est bien de faire chorus avec le peuple pour faire des dénonciations tout azimut. Mais tous ceux qui font croire qu’ils en veulent au régime Ouattara oublient l’essentiel. 2015 approche, il est plus que temps de conduire Ouattara à doter la Côte d’Ivoire d’une commission électorale véritablement indépendante. Ceci me rappelle cette image du philosophe Français René Descartes qui disait en substance qu’il lui fallait un appui dans l’espace pour qu’il déplace la planète terre d’une main. En Côte d’Ivoire, ce dont nous avons le plus besoin pour soigner toutes nos plaies, c’est de donner réellement le pouvoir au peuple. Cela passe par la mise en place d’une institution consensuelle et digne de confiance qui permette au peuple d’être sûr de son choix à chaque échéance électorale. La légitimé est la clé de voûte du bon fonctionnement d’un régime. Ceux qui la recherchent auprès de leurs opposants incarcérés et hospitalisés, avec les soutiens qu’ils se sont achetés, le comprennent peut-être déjà. Il nous faut donc commencer à parler de la légitimité du prochain régime. Celui-ci n’est pas récupérable et ce ne sont pas les appels à des coalitions intéressées qui empêcheront Ouattara de se maintenir au pouvoir au-delà 2015 et de poursuivre le martyr du peuple ivoirien. Commencer à préparer la transparence véritable à la présidentielle de 2015, voilà le nord qui nous sortira de la charte du nord.

Joseph Marat

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