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mardi, 21 mai 2013

A bas la race, vive la discrimination !

Cela passe inaperçu et pourtant l’événement semble marquer un tournant important dans l’histoire de l’humanité. Ceux qui initient l’acte ont bien la prétention de changer durablement et profondément les rapports entre les hommes. Faut-il mettre cette indifférence sur le compte d’un défaut de crédibilité en ceux qui font semblant de s’épancher sur les ravages du racisme ? Selon l’ami qui me donne l’information c’est un grand pas. C’est déjà énorme. L’événement est même semblable à la chute du mur de Berlin parce que c’est une cloison qu’on essaie de supprimer entre les hommes. En effet, sous la férule de François Hollande le parlement français a voté la semaine dernière une loi supprimant la notion de race de la Constitution française. Il faut effectivement saluer l’acte parce que c’est un acte inaugural et totalement formel sur lequel on n’a pas à revenir si les éboueurs de la Constitution Française font consciencieusement leur boulot. Selon l’histoire de cette même France, il a fallu 3 édits royaux pour mettre fin à la pratique deshumanisante du servage. Le premier affranchissement des serfs a été décrété par le roi Louis le Gros en 1135. Louis VIII a repris le même décret en 1223. Louis X le Hutin a fait pareil en 1315. Il a fallu attendre le 17ème pour voir le dictionnaire de Furetière pour transcrire l’abolition du servage en France. De la première volonté politique à ce qu’on pourrait assimiler à une suppression concrète, 5 siècles se sont écoulés. Nous ne ferons pas la fine bouche et denier sa valeur réelle à l’acte que la classe politique française vient de poser en donnant un coup de chiffon à sa Constitution. En revanche l’indifférence qui accompagne la prise de cette loi pourrait vouloir dire au moins une chose. L’acte est insignifiant devant la montagne des méfaits causés par des siècles de racisme des français dans leur rapport avec les autres peuples.
L’élection de François Hollande a suscité beaucoup d’espoir en l’amélioration de notre rapport avec la France. En combattant farouchement Nicolas Sarkosy, le symbole de la France hautaine et raciste, il a donné à espérer en un monde meilleur. Sa cote de popularité est en chute libre en France parce qu’il ne se montre pas à la hauteur des grandes promesses et des grands défis politiques. Dès son élection, il a tourné le dos à la cause des Africains. Selon Odile Tobner la guerre, quelle qu’elle soit, est la forme expressive du racisme parce qu’elle est toujours l’expression de la force sur le droit. La randonnée guerrière de Hollande au Mali est donc loin d’être exemplaire. Un ressortissant français du nom de Michel Gbagbo est torturé dans les goulags de Ouattara en Cote d’Ivoire et cela ne semble pas émouvoir Hollande justement parce que l’incarcéré ne s’appelle pas Florence Casset ou Fournier ou parce qu’il n’a pas la peau authentique du français ou encore parce que son sang est à 50 pourcent « noir ». Passons les déboires politiques de Ouattara à qui on déroule le tapi rouge en France et analysons la laideur du racisme appelé françafrique. Le Niger est le troisième producteur d’uranium au monde. Il n’est pas moins le pays le plus pauvre du monde. La France, son principal client, est l’une des premières puissances nucléaires qui a l’électricité la moins chère du monde. Le paradoxe s’appelle Areva. Que François Hollande sache que c’est sur le terrain des actes concrets qu’on l’attend. Ce n’est pas le toilettage d’un texte, fut-il constitutionnel, qui mettra fin à la famine au Niger…

Joseph Marat

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