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mercredi, 22 mai 2013

Toujours suspect

Je n’ai jamais douté du fait que Ouattara nous lise. Ce dont je doutais par contre est qu’il nous entende. C’est dans cet état d’esprit que j’étais, Jusqu’au dernier événement de la mise aux arrêts d’Amade Oueremi. Il y a à peine une semaine je relevais la suspicion légitime de la mollesse du colosse Ouattara devant le cas du sanguinaire burkinabé squatteur des forêts de l’ouest de la Cote d’Ivoire. Je notais que je ne comprends pas que celui qui a bombardé toutes les Institutions de la république, déporté son adversaire politique chef d’Etat, permis l’assassinat de certains pontes du régime combattu, assigné d’autres en exil quand il ne les a incarcérés, pour asseoir son pouvoir et faire le bonheur des ivoiriens, puisse fignoler avec justement celui qui les exproprie de leur terre, s’il ne les zigouille pas. Une chose est sûre, cette suspicion qui tendait à faire croire en l’existence d’une certaine affinité et connivence entre le criminel et le chef d’Etat ne devait pas prospérer. Il fallait réagir au risque de laisser s’écorner une image de démocrate et d’homme d’Etat policé déjà trop malmené par des voix jadis laudatrices.
Voilà subitement Amade Ouremi dans les cordes de Ouattara. Il se serait rendu pour le moins qu’on puisse faire comme interprétation. La question est : pourquoi celui qui a déjà mis en déroute des contingents de forces armées, fait disparaitre des casques bleus dans une forêt qu’il a fait sienne et qu’il maitrise à souhait se livrerait sans avoir obtenu la satisfaction d’une seule de ses revendications. Ce malfrat à qui Venance Konan a prêté la Une du journal pro-gouvernemental Fraternité Matin pour se justifier avait des revendications et non des moindres. Il était à la tête d’une confrérie de criminels qui semaient la terreur dans l’ouest de la Côte d’Ivoire sous prétexte de protéger leur propriété. Il avait même conditionné son départ de cette forêt ivoirienne par la reconnaissance substantielle du régime actuel qui lui doit son pouvoir. Au fil des querelles autour du "Butin Ivoire" Amade Oueremi avait finit par être identifié à un criminel contre l’humanité. Wanted de toutes les ONG de droit de l’homme.
Je me garderai d’insulter l’intelligence de mes lecteurs en disant qu’un tel individu ne se rend pas. Oueremi peut se rendre à Ouattara, c’est une affaire de famille. Mais en échange de quoi ? Quel enfant sont-ils encore en train de faire dans le dos de la Côte d’Ivoire ? Parce que celui qu’on n’a pas vaincu et qui était arc-bouté sur ses acquis hier, ne s’est pas subitement pris pour un mouton de sacrifice pour se livrer à ceux qui, il n’y a pas longtemps, mordait la poussière face à lui.

Joseph Marat

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