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mardi, 28 mai 2013

Bacongo, ce bas monsieur !

J’avais voulu titrer cet aphorisme « le PIT s’est-il déwodiétiser ? » mais les Bacongo et consort… nous colonisent tellement l’esprit que les lignes sur ce sujet se trouverons forcement noyé par les frasques du régime actuel. Le tout nouveau Chef du PIT a tenu une conférence de presse le dimanche dernier. Monsieur Aka AHIZI Daniel a demandé, au cours de cette conférence, la reforme de la Commission Electorale Indépendante (CEI) et un audit des travaux qui ont été faits à l’Université d’Abidjan. Il y a longtemps on n’avait pas mis les pieds dans le plat de cette manière au PIT. L’ombre tutélaire de Wodié aura vraiment disparu si cette sortie reste sans conséquence dans ce parti de gauche au positionnement ambigu.
Il faut saluer le courage d’Aka AHIZI. Mais ce qu’il demande ne risque pas d’arriver. La CEI, dans sa forme actuelle est la clé de voute du régime Ouattara. Quand ce dernier dit qu’il rempile, du coté de Youssouf Bakayoko, le message est bien perçu. On y va pour la saison 2 de la série « Mascarade électorale ». Quant à l’audit des travaux de l’Université, il faut certainement cesser d’être naïf. Même les asiatiques pratiquent maintenant rarement le Harakiri. Croire que Ouattara va se piquer d’une prise de conscience pour nettoyer son gouvernement et poursuivre Cissé Bacongo trempé jusqu’au cou dans le détournement des deniers publics, c’est se leurrer. Quelqu’un a parlé de déplanification. Bacongo est le meilleur instrument de la Ouattarandie. Je me suis même surpris d’entendre certains militants du RDR être systématiquement d’accord avec mes critiques sur la nature sulfureuse de ce ministre. Ils vont jusqu’ à dire qu’ils ne comprennent pas leur mentor parce que ce monsieur, à lui seul vaut un réaménagement technique du gouvernement. Ce n’est pas parce que dans l’ordre des non-valeurs gouvernementales, il est pire que les autres, mais Bacongo est le plus spectaculaire du système. Il est selon le cœur de Ouattara. A Koumassi, d’où il tient son siège de député, il ne cache pas sa volonté de puissance. Quelqu’un lui aurait dit que c’est comme ça qu’on devient un homme politique important. Avec son propre agenda, secrètement dans un coin de son cerveau, il se promènerait avec une arme pour intimider populations et adversaires politiques.
Pour la petite histoire. Coïncidence ou non, dans la même journée du lundi 27 mai, il y a eu deux événements majeurs dans le seul périmètre de l’université dite Félix Houphouët Boigny : un braquage et le limogeage massif d’autorités. Le braquage dans cette enceinte qui n’avait jamais été autant surveillée depuis sa rénovation est une grande première. Mais sous Ouattara et avec les « bacongories », c’est un phénomène banal. Le limogeage dans cette journée de plusieurs vice-présidents et du secrétaire général de l’université est en rapport avec la « belle et grande personne » de Cissé Bacongo. De sources proches des limogés, ces autorités n’auraient pas donné assez de leur poitrine pour défendre le ministre, qu’au lieu de porter en triomphe, les étudiants, résidus de la Fesci, ont cherché à lyncher comme un pestiféré. Dans sa volonté selon le vœu séculaire de Ouattara d’éradiquer tous les germes de ce syndicat d’étudiants, les sicaires du régime aurait rencontré une farouche opposition du secrétaire général de l’université. Il se serait interposé et proposé la radiation à la place de la liquidation qu’ils s’apprêtaient à exécuter.
Ces étudiants encastrés et castrés qui différemment des machettes de la fesci arrachaient les gazons pour effrayer un ministre filou, auraient disparu comme ces milliers de jeunes qui faisaient le guet autour de la résidence du président Gbagbo avant le 11 avril 2011. Ils ne seraient plus jamais rentrés chez eux. Leurs parents se seraient résignés et se seraient consolés avec l’idée qu’ils sont allés en exil parce qu’apparemment ce ne sont pas les frères-bacongos qu’on chargera de les retrouver. On est où là ? On ne se pose plus la question. Nous y sommes. Dans la république cotonnière des Bacongo, Bakayoko, Bamory, Bakakary et consort…,

Joseph Marat

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