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mardi, 28 mai 2013

Bacongo, ce bas monsieur !

J’avais voulu titrer cet aphorisme « le PIT s’est-il déwodiétiser ? » mais les Bacongo et consort… nous colonisent tellement l’esprit que les lignes sur ce sujet se trouverons forcement noyé par les frasques du régime actuel. Le tout nouveau Chef du PIT a tenu une conférence de presse le dimanche dernier. Monsieur Aka AHIZI Daniel a demandé, au cours de cette conférence, la reforme de la Commission Electorale Indépendante (CEI) et un audit des travaux qui ont été faits à l’Université d’Abidjan. Il y a longtemps on n’avait pas mis les pieds dans le plat de cette manière au PIT. L’ombre tutélaire de Wodié aura vraiment disparu si cette sortie reste sans conséquence dans ce parti de gauche au positionnement ambigu.
Il faut saluer le courage d’Aka AHIZI. Mais ce qu’il demande ne risque pas d’arriver. La CEI, dans sa forme actuelle est la clé de voute du régime Ouattara. Quand ce dernier dit qu’il rempile, du coté de Youssouf Bakayoko, le message est bien perçu. On y va pour la saison 2 de la série « Mascarade électorale ». Quant à l’audit des travaux de l’Université, il faut certainement cesser d’être naïf. Même les asiatiques pratiquent maintenant rarement le Harakiri. Croire que Ouattara va se piquer d’une prise de conscience pour nettoyer son gouvernement et poursuivre Cissé Bacongo trempé jusqu’au cou dans le détournement des deniers publics, c’est se leurrer. Quelqu’un a parlé de déplanification. Bacongo est le meilleur instrument de la Ouattarandie. Je me suis même surpris d’entendre certains militants du RDR être systématiquement d’accord avec mes critiques sur la nature sulfureuse de ce ministre. Ils vont jusqu’ à dire qu’ils ne comprennent pas leur mentor parce que ce monsieur, à lui seul vaut un réaménagement technique du gouvernement. Ce n’est pas parce que dans l’ordre des non-valeurs gouvernementales, il est pire que les autres, mais Bacongo est le plus spectaculaire du système. Il est selon le cœur de Ouattara. A Koumassi, d’où il tient son siège de député, il ne cache pas sa volonté de puissance. Quelqu’un lui aurait dit que c’est comme ça qu’on devient un homme politique important. Avec son propre agenda, secrètement dans un coin de son cerveau, il se promènerait avec une arme pour intimider populations et adversaires politiques.
Pour la petite histoire. Coïncidence ou non, dans la même journée du lundi 27 mai, il y a eu deux événements majeurs dans le seul périmètre de l’université dite Félix Houphouët Boigny : un braquage et le limogeage massif d’autorités. Le braquage dans cette enceinte qui n’avait jamais été autant surveillée depuis sa rénovation est une grande première. Mais sous Ouattara et avec les « bacongories », c’est un phénomène banal. Le limogeage dans cette journée de plusieurs vice-présidents et du secrétaire général de l’université est en rapport avec la « belle et grande personne » de Cissé Bacongo. De sources proches des limogés, ces autorités n’auraient pas donné assez de leur poitrine pour défendre le ministre, qu’au lieu de porter en triomphe, les étudiants, résidus de la Fesci, ont cherché à lyncher comme un pestiféré. Dans sa volonté selon le vœu séculaire de Ouattara d’éradiquer tous les germes de ce syndicat d’étudiants, les sicaires du régime aurait rencontré une farouche opposition du secrétaire général de l’université. Il se serait interposé et proposé la radiation à la place de la liquidation qu’ils s’apprêtaient à exécuter.
Ces étudiants encastrés et castrés qui différemment des machettes de la fesci arrachaient les gazons pour effrayer un ministre filou, auraient disparu comme ces milliers de jeunes qui faisaient le guet autour de la résidence du président Gbagbo avant le 11 avril 2011. Ils ne seraient plus jamais rentrés chez eux. Leurs parents se seraient résignés et se seraient consolés avec l’idée qu’ils sont allés en exil parce qu’apparemment ce ne sont pas les frères-bacongos qu’on chargera de les retrouver. On est où là ? On ne se pose plus la question. Nous y sommes. Dans la république cotonnière des Bacongo, Bakayoko, Bamory, Bakakary et consort…,

Joseph Marat

lundi, 27 mai 2013

La putréfaction du poisson

Et si nous parlions un peu de moralité politique ? J’ose croire qu’en instituant des tribunaux comme celui de la Cour Pénale Internationale, c’est pour moraliser la vie politique dans les Etats membres des Nations Unis. A un autre niveau, dans la constitution de l’Etat de Côte d’Ivoire, il est écrit quelque part que le candidat à l’élection présidentielle doit être de bonne moralité. Comme quoi le peuple sait que l’exemple doit venir du haut, de la tête. Avons-nous l’impression que cette disposition si nécessaires à la coexistence des hommes et aux progrès de l’humanité est prise en compte par ceux qui font office de censeurs de nos sociétés ? N’avons-nous pas plutôt l’impression de vivre constamment dans une sorte d’hypocrisie totale qui porte constamment au pinacle le droit du plus fort au risque de faire exploser à tout instant l’édifice sociopolitique ?
Cette question de moralité est-elle une notion tellement abstraite qu’on pourrait penser qu’à défaut de "preuves concrètes″ on doit se résigner à laisser prospérer les pires criminels de notre humanité ? Est-ce que ce n’est pas la notion même de "preuves de crime″ qui est subjective quand bien même elles crèvent les yeux ? Ne suffit-il pas finalement d’avoir le pouvoir de les percevoir ou pas ? Sinon comment comprendre la récente boutade de Soro Guillaume qui attend de l’Onu ou de la CPI qu’on lui prouve sa culpabilité en quoi que ce soit.
Je me garderai de ressasser les clichés qui illustrent suffisamment cette ambiance de l’hypocrisie politique nationale et internationale afin d’étendre la notion de crime contre l’humanité à des politiques exterminatrices et montrer à quel point les forces qui nous dirigent rétrogradent. Celui qu’on affame meurt-il autant que celui qu’on crible de balle, celui qu’on noie ou celui qu’on asphyxie… ? L’une des preuves que Soro Guillaume peut aujourd’hui se payer de ne pas voir dit que Fofie Kouakou, le com-zone de Korhogo aurait étouffé a mort, dans un container exposé au soleil, des centaines de jeunes partisans d’Ibrahim Koulibaly. L’Onu l’a déclaré criminel de guerre, mais elle n’a pas encore les moyens de l’arrêter. Ne s’est-il pas en fait racheté en se faisant geôlier du "plus dangereux" d’entre eux ? L’Onu ne se fait-il pas complice de crime contre l’humanité en collaborant avec des criminels ? En Syrie la connivence avec des groupements de personnes qui se disent terroristes contre un régime, fut-il dictatorial, n’est-il pas malsain ? Son soutien tacite à des systèmes politiques tel que la françafrique qui sème le sous-développement, la famine partout où elle est en vigueur n’est-il pas criminel ? Soro Guillaume dit qu’il attend des preuves et il a raison parce que si quelqu’un dont la rébellion a soulagé des Etats pauvres de plus 1000 milliards (1038 milliards dit la Une d’un hebdomadaire ivoirien) dans le braquage systématique de agences de leur banque centrale peut devenir le législateur en chef, c'est-à-dire le régulateur moral de l’un de ces Etats, il faut se mentir à soi pour croire encore en la morale ici bas. Nos censeurs onusiens ou de la communauté internationale pensent-ils que la rébellion de Soro Guillaume à qui il déroule le tapi rouge partout, est un acte criminel ou un acte de promotion humaine ? La sagesse populaire dire que le poisson pourrit par la tête. L’Onu a-telle encore une tête ? Et en Côte d’Ivoire l’animal aquatique n’est-il pas en putréfaction avancée? Le Chef de l’Etat, contre la Constitution ivoirienne, gouverne avec une opacité totale sur ses biens. Son dauphin constitutionnel est un ancien rebelle, braqueur de banque non repenti. Charles Konan Banny, leur choix pour recoller les morceaux du corps social n’est pas plus saint. Il parait que les codes des coffres forts des agences de la BCEAO braquées dans les zones CNO sont partis d’Abidjan…Cela explique peut-être le silence trop lourd de l’ex-gouverneur de la BCEAO qui oublie souvent que c’est sur cette question que le peuple attend de l’entendre.

Joseph Marat

mercredi, 22 mai 2013

Le pont de la Françafrique

Dans cette grisaille aux couleurs de l’arrestation d’Amade Oueremi, je voudrais ne pas me laisser "marionnettiser" par les dirigeants actuels et revenir sur la construction du troisième pont d’Abidjan. Quand le lièvre est levé, les experts en communication qui nous gouvernent ne laissent jamais le temps au peuple de s’émouvoir, de se scandaliser. On crée de toute pièce un événement pour détourner son attention et noyer son esprit critique.
Un confrère, dont je salue au passage le travail d’investigation a sorti, quelques jours avant l’expédition contre Amade Ouremi, un dossier sur le troisième pont d’Abidjan. Ce pont dont la construction traverse toutes les générations de Chef d’Etat et qui nourrit tous nos fantasmes de développement a été présenté par les deux publications du journaliste Assalé Tiemoko comme le talon d’Achille de tout ce que peut promettre Ouattara en matière d’émergence économique. En clair la Côte d’Ivoire ne peut pas émerger en se dotant du pont Henri Konan Bédié. C’est un gouffre économique qui annihile et sclérose toute action de croissance. C’est une grosse arnaque qui obéit à une seule logique : l’appauvrissement systématique de la Côte d’ivoire. Et le journaliste, pratiquement sidéré, pose les bonnes questions. Entre autres, comment les bailleurs de fonds qui viennent de nous accorder l’initiative PPTE et qui suivent nos recettes et dépenses comme de l’huile sur le feu, ont-ils pu laisser aboutir une telle arnaque ? Ils y gagnent beaucoup et nous devrions comprendre que ceux qui participent à de telles manigances ne peuvent pas être crédibles quand ils cautionnent les taux de croissance de Ouattara. Le dindon de la farce dans cette affaire c’est le pauvre peuple de Côte d’Ivoire. Il est apparemment braqué. Impuissant, il se laisse ruiner par les prédateurs du néocolonialisme.
En fouillant dans le vrac de mes souvenirs sur ce pont, le gouvernement Gbagbo avait hésité à confier sa construction à des opérateurs chinois. En échange de seulement soixante milliards de F CFA. Ironie du sort ou victime de chantage politique, il a fini par le laisser à Bouygues. Non sans avoir pris toutes dispositions possibles avec une étude sérieuse du BNETD de Ahoua Don Mello pour qu’il ne soit plus à péage et qu’il nous revienne à 80 milliards sur fonds propre. (Je vous invite à relire la vraie histoire du troisième pont par Ahoua Don Mello : http://regardscroises.ivoire-blog.com/archive/2013/05/15/la-vraie-histoire-du-troisieme-pont-d-abidjan-par-ahoua-don.html) Aujourd’hui, non seulement, il est à péage mais le gouvernement de Ouattara ne maitrise pas le coût finale. Il est estimé actuellement à 180 milliards, un montant extensible puisque même les moments de répit de décaissement de la part de l’Etat sont frappés de pénalité de retard.
En dénonçant ce pillage systématique organisé autour de ce pont, on pourrait penser que nos dirigeants actuels sont naïfs. Ce serait un compliment tout aussi naïf de notre part. Il n’y a que le peuple de Côte d’Ivoire face à la prédation de la Françafrique. C’est comme cela que s’organise la descente aux enfers des peuples africains. On traite les dirigeants qui peuvent les sortir du sous développement de dictateurs, on les bombarde, on les déporte dans les prisons internationaux si on ne les assassine pas, pour positionner des larbins prêts à hypothéquer notre avenir. C’est une logique implacable. Nous devrions comprendre mieux pourquoi pendant que le "dictateur" Gbagbo demandait le recomptage des voix, les "démocrates" étaient prêts à en découdre pour compter les têtes des Ivoiriens. De telles magouilles n’avaient aucune chance de prospérer avec Laurent Gbagbo.

Joseph Marat

Toujours suspect

Je n’ai jamais douté du fait que Ouattara nous lise. Ce dont je doutais par contre est qu’il nous entende. C’est dans cet état d’esprit que j’étais, Jusqu’au dernier événement de la mise aux arrêts d’Amade Oueremi. Il y a à peine une semaine je relevais la suspicion légitime de la mollesse du colosse Ouattara devant le cas du sanguinaire burkinabé squatteur des forêts de l’ouest de la Cote d’Ivoire. Je notais que je ne comprends pas que celui qui a bombardé toutes les Institutions de la république, déporté son adversaire politique chef d’Etat, permis l’assassinat de certains pontes du régime combattu, assigné d’autres en exil quand il ne les a incarcérés, pour asseoir son pouvoir et faire le bonheur des ivoiriens, puisse fignoler avec justement celui qui les exproprie de leur terre, s’il ne les zigouille pas. Une chose est sûre, cette suspicion qui tendait à faire croire en l’existence d’une certaine affinité et connivence entre le criminel et le chef d’Etat ne devait pas prospérer. Il fallait réagir au risque de laisser s’écorner une image de démocrate et d’homme d’Etat policé déjà trop malmené par des voix jadis laudatrices.
Voilà subitement Amade Ouremi dans les cordes de Ouattara. Il se serait rendu pour le moins qu’on puisse faire comme interprétation. La question est : pourquoi celui qui a déjà mis en déroute des contingents de forces armées, fait disparaitre des casques bleus dans une forêt qu’il a fait sienne et qu’il maitrise à souhait se livrerait sans avoir obtenu la satisfaction d’une seule de ses revendications. Ce malfrat à qui Venance Konan a prêté la Une du journal pro-gouvernemental Fraternité Matin pour se justifier avait des revendications et non des moindres. Il était à la tête d’une confrérie de criminels qui semaient la terreur dans l’ouest de la Côte d’Ivoire sous prétexte de protéger leur propriété. Il avait même conditionné son départ de cette forêt ivoirienne par la reconnaissance substantielle du régime actuel qui lui doit son pouvoir. Au fil des querelles autour du "Butin Ivoire" Amade Oueremi avait finit par être identifié à un criminel contre l’humanité. Wanted de toutes les ONG de droit de l’homme.
Je me garderai d’insulter l’intelligence de mes lecteurs en disant qu’un tel individu ne se rend pas. Oueremi peut se rendre à Ouattara, c’est une affaire de famille. Mais en échange de quoi ? Quel enfant sont-ils encore en train de faire dans le dos de la Côte d’Ivoire ? Parce que celui qu’on n’a pas vaincu et qui était arc-bouté sur ses acquis hier, ne s’est pas subitement pris pour un mouton de sacrifice pour se livrer à ceux qui, il n’y a pas longtemps, mordait la poussière face à lui.

Joseph Marat

mardi, 21 mai 2013

A bas la race, vive la discrimination !

Cela passe inaperçu et pourtant l’événement semble marquer un tournant important dans l’histoire de l’humanité. Ceux qui initient l’acte ont bien la prétention de changer durablement et profondément les rapports entre les hommes. Faut-il mettre cette indifférence sur le compte d’un défaut de crédibilité en ceux qui font semblant de s’épancher sur les ravages du racisme ? Selon l’ami qui me donne l’information c’est un grand pas. C’est déjà énorme. L’événement est même semblable à la chute du mur de Berlin parce que c’est une cloison qu’on essaie de supprimer entre les hommes. En effet, sous la férule de François Hollande le parlement français a voté la semaine dernière une loi supprimant la notion de race de la Constitution française. Il faut effectivement saluer l’acte parce que c’est un acte inaugural et totalement formel sur lequel on n’a pas à revenir si les éboueurs de la Constitution Française font consciencieusement leur boulot. Selon l’histoire de cette même France, il a fallu 3 édits royaux pour mettre fin à la pratique deshumanisante du servage. Le premier affranchissement des serfs a été décrété par le roi Louis le Gros en 1135. Louis VIII a repris le même décret en 1223. Louis X le Hutin a fait pareil en 1315. Il a fallu attendre le 17ème pour voir le dictionnaire de Furetière pour transcrire l’abolition du servage en France. De la première volonté politique à ce qu’on pourrait assimiler à une suppression concrète, 5 siècles se sont écoulés. Nous ne ferons pas la fine bouche et denier sa valeur réelle à l’acte que la classe politique française vient de poser en donnant un coup de chiffon à sa Constitution. En revanche l’indifférence qui accompagne la prise de cette loi pourrait vouloir dire au moins une chose. L’acte est insignifiant devant la montagne des méfaits causés par des siècles de racisme des français dans leur rapport avec les autres peuples.
L’élection de François Hollande a suscité beaucoup d’espoir en l’amélioration de notre rapport avec la France. En combattant farouchement Nicolas Sarkosy, le symbole de la France hautaine et raciste, il a donné à espérer en un monde meilleur. Sa cote de popularité est en chute libre en France parce qu’il ne se montre pas à la hauteur des grandes promesses et des grands défis politiques. Dès son élection, il a tourné le dos à la cause des Africains. Selon Odile Tobner la guerre, quelle qu’elle soit, est la forme expressive du racisme parce qu’elle est toujours l’expression de la force sur le droit. La randonnée guerrière de Hollande au Mali est donc loin d’être exemplaire. Un ressortissant français du nom de Michel Gbagbo est torturé dans les goulags de Ouattara en Cote d’Ivoire et cela ne semble pas émouvoir Hollande justement parce que l’incarcéré ne s’appelle pas Florence Casset ou Fournier ou parce qu’il n’a pas la peau authentique du français ou encore parce que son sang est à 50 pourcent « noir ». Passons les déboires politiques de Ouattara à qui on déroule le tapi rouge en France et analysons la laideur du racisme appelé françafrique. Le Niger est le troisième producteur d’uranium au monde. Il n’est pas moins le pays le plus pauvre du monde. La France, son principal client, est l’une des premières puissances nucléaires qui a l’électricité la moins chère du monde. Le paradoxe s’appelle Areva. Que François Hollande sache que c’est sur le terrain des actes concrets qu’on l’attend. Ce n’est pas le toilettage d’un texte, fut-il constitutionnel, qui mettra fin à la famine au Niger…

Joseph Marat

mercredi, 15 mai 2013

Le nord qui nous sortira de la charte du nord

Un ami qui me fait toujours l’honneur de m’aiguillonner quand la léthargie s’empare de moi, m’a interpellé hier après avoir lu mon dernier aphorisme « La marche du rachat ». C’était une réédition et je lui faisais, à travers le même titre, un clin d’œil sur le sujet parce qu’il m’avait fait comprendre quand nous nous sommes rencontrés pour la première qu’il avait été particulièrement marqué par ce papier à cause des souvenirs qu’il a éveillé en lui en tant que combattant pour les libertés et qu’il avait même demandé à Anaki de le lire. Cette fois j’ai reçu, dès la première heure, son coup de fil, signe qu’il avait perçu le clin d’œil, et il a attiré mon attention sur la chute de cette dernière publication. « On ne demande pas aux hommes politiques de parler à la place du peuple. On leur demande simplement de donner la parole au peuple. Dans les années 90, les marches que Laurent Gbagbo organisait pour la liberté d’un certain Anaki prisonnier politique d’un certain Houphouët Boigny étaient des prétextes pour arracher le pouvoir du peuple à ceux qui le confisquaient. Aujourd’hui ce qu’on attend d’Anaki, ce ne sont pas les bavardages hypocrites. Je lui rappelle que le moment est venu qu’il organise des marches (l’emprisonnement de Gbagbo et de son épouse peut même être un prétexte pour lui) pour arracher à Ouattara l’organisation d’élections transparentes en 2015. Le reste relève de la ruse politique improductive… » Il m’a simplement dit de ne pas me limiter à Anaki dans mon interpellation et j’ai immédiatement compris que ce doigt sur ce bout de mon texte était semblable à celui de l’ange de Dieu indiquant le nord, la sortie, au peuple juif qui tournait en rond, depuis 40 ans, dans le désert du Sinaï. Dans ce désert politique que le peuple ivoirien traverse, nous sommes tous d’accord sur ce que nous voulons. Notre objectif commun est de bâtir une nation démocratique. Ceux qui détiennent aujourd’hui des armes et i se comportent comme les pires dictateurs qui soient, s’affublent du qualificatif de démocrates dès qu’ils en ont l’occasion. Même leurs soutiens occidentaux, derrière la défense de leurs intérêts bassement matériels, croient soutenir une démocratie. Faut-il les prendre au mot ? Faut-il les prendre par ce bout ?
C’est vrai qu’il n’y a pas qu’Anaky qui s’essaye à dénoncer la dérive totalitaire du régime Ouattara. Le Pdci, le FPI, le Lider la formation politique de Mamadou Koulibaly, les ONG internationales des droits de l’homme, même les soutiens occidentaux, par leur silence ne semblent plus sûrs de leur caution aux pratiques dictatoriales du régime ivoirien. À l’intérieur du RDR, le parti au pouvoir, on commence à renfrogner la mine face aux exagérations et au manque de signe de conciliation de la part du mentor. Chacun y va de sa critique et de ses récriminations contre Ouattara. Mais personne ne sait apparemment pas qu’elle participe, à ce jeu, à un schéma plus grand. Celle qui consiste à aider Ouattara à asseoir profondément sa dictature. Il manque aux hommes politiques ivoiriens un véritable angle d’attaque, une véritable stratégie politique. Il est bien de faire chorus avec le peuple pour faire des dénonciations tout azimut. Mais tous ceux qui font croire qu’ils en veulent au régime Ouattara oublient l’essentiel. 2015 approche, il est plus que temps de conduire Ouattara à doter la Côte d’Ivoire d’une commission électorale véritablement indépendante. Ceci me rappelle cette image du philosophe Français René Descartes qui disait en substance qu’il lui fallait un appui dans l’espace pour qu’il déplace la planète terre d’une main. En Côte d’Ivoire, ce dont nous avons le plus besoin pour soigner toutes nos plaies, c’est de donner réellement le pouvoir au peuple. Cela passe par la mise en place d’une institution consensuelle et digne de confiance qui permette au peuple d’être sûr de son choix à chaque échéance électorale. La légitimé est la clé de voûte du bon fonctionnement d’un régime. Ceux qui la recherchent auprès de leurs opposants incarcérés et hospitalisés, avec les soutiens qu’ils se sont achetés, le comprennent peut-être déjà. Il nous faut donc commencer à parler de la légitimité du prochain régime. Celui-ci n’est pas récupérable et ce ne sont pas les appels à des coalitions intéressées qui empêcheront Ouattara de se maintenir au pouvoir au-delà 2015 et de poursuivre le martyr du peuple ivoirien. Commencer à préparer la transparence véritable à la présidentielle de 2015, voilà le nord qui nous sortira de la charte du nord.

Joseph Marat

mardi, 14 mai 2013

La marche du rachat II

Anaki Kobenan a donné une longue interview dans le Fraternité Matin de Venance Konan il y a 2 semaines. Comme s’il n’avait pas été entendu l’homme politique a remis le couvert la semaine dernière dans un autre organe. Dans un autre canard d’hier, un confrère, qui a prêté attention aux gesticulations critiques du politicien a voulu faire de l’herméneutique pour nous dire pourquoi il s’agite tant dans ces derniers jours. Tout comme Mamadou Koulibaly, Anaky pense certainement qu’il a une chance d’être une alternative face aux déboires d’un régime qui broie son opposition et du noir. Voilà la réflexion d’Anaki qui est la toile de fond de l’analyse du confrère : « Tout ce qu’on projette comme développement ne sera pas réglé dans le fond. Les investisseurs ne viendront que s’ils sont surs qu’en cote d’Ivoire, on a retrouvé la paix et l’harmonie. La population continue de vivre dans les mêmes conditions de pauvreté qu’autrefois. On ne peut dire qu’aujourd’hui, il y a grande création d’emplois. La Côte d’ivoire dans sa grande majorité comprend mal que Simone Gbagbo soit toujours en prison, parce que je crois qu’elle a assez payé pour ce qu’elle a fait ». Ce discours n’est pas le moins acerbe contre le régime Ouattara, mais il n’est pas nouveau. Son opportunité factice montre même qu’Anaki prêche dans le vide. Au lendemain des législatives de décembre 2011, juste quelques mois après la victoire de la coalition RHDP à la présidentielle, il disait déjà ceci : « On peut considérer que le Rhdp est mort. Il est mort, de sa belle mort. Il est mort du moment où l'on n'a pas pu, pour ces élections législatives, au plan national, aller en groupe uni, alors que c'était l'un des principaux objectifs que nous nous étions fixés depuis le départ. C'est dommage (…) Parce que nous n'aurions jamais pensé que le président d'un parti membre du Rhdp, candidat dans une circonscription, aurait en face de lui des candidats d'autres partis de ce même Rhdp. A partir de ces élections, le Rhdp est bel et bien mort de sa belle mort. » A l’occasion j’avais produit la réflexion suivante : « Ce qui est intéressant dans cette complainte d’Anaki, c’est la rigueur de l’analyse de l’homme. J’étais loin de penser qu’il en aurait été un jour capable. Tant les eaux troubles lui seyaient bien. Ce fut une totale déconsidération pour son parti et pour sa personne que des candidats d’un mouvement politique dont il est aussi le président, se présentent contre lui dans la commune de Cocody. Un candidat RHDP ne devrait avoir pour adversaire qu’un autre candidat LMP ou indépendant, à plus forte raison un président-candidat. Ce fut un peu fort. C’était comme si Anaky se combattait lui-même dans ce mouvement politique parce que le candidat RHDP qui s’est présenté contre lui, a certainement eu sa caution. Si ce n’est pas le cas, c’est certainement une preuve de plus que les décisions se prennent dans cette coalition sans lui. Dans les deux cas Anaky n’est rien au Rhdp. Et c’est à l’aune de ces dernières élections législatives qu’il s’en est rendu compte. Mais il en a mis du temps pour comprendre que le salaire de la trahison est au mieux des cas l’indifférence de tout le monde. Qui peut accorder du respect et sa confiance à quelqu’un qui n’a aucun sens de l’amitié, aucun sens de la gratitude et de la loyauté. Le salut d’Anaky, par pure reconnaissance, réside dans les marches qu’il devrait organiser pour la libération de Laurent Gbagbo parce que cela ne dépend même pas de lui quant à décréter la mort du Rhdp ».
Près de 2 ans après, le discours d’Anaki ne prend toujours pas parce qu’il n’a toujours pas compris. On ne demande pas aux hommes politiques de parler à la place du peuple. On leur demande simplement de donner la parole au peuple. Dans les années 90, les marches que Laurent Gbagbo organisait pour la liberté d’un certain Anaki prisonnier politique d’un certain Houphouët Boigny étaient des prétextes pour arracher le pouvoir du peuple à ceux qui le confisquaient. Aujourd’hui ce qu’on attend d’Anaki, ce ne sont pas les bavardages hypocrites. Je lui rappelle que le moment est venu qu’il organise des marches (l’emprisonnement de Gbagbo et de son épouse peut même être un prétexte pour lui) pour arracher à Ouattara l’organisation d’élections transparentes en 2015. Le reste relève de la ruse politique improductive…

Joseph Marat

Le cynisme du démagogue



Il y a une constance dans la conception du bien-être ou du bonheur chez les hommes qui nous gouvernent actuellement. Ils pensent qu’il suffit de donner du pain au peuple pour qu’il soit heureux. J’ai rarement lu, par contre j’ai souventefois souffert l’écoute d’Alassane Ouattara. Je me suis même imposé aujourd’hui le supplice d’écouter un bout de l’interview qu’il a donné à une radio de la place, à l’occasion de son déplacement dans l’ouest sinistré de la Côte d’Ivoire. Je me suis rendu compte que même quand il parle de construire des écoles et des universités, c’est toujours sous le prisme d’assouvir le besoin matériel de l’homme. L’être humain physique, sans spiritualité, sans morale, sans âme sur une table de comptabilité, voilà le type d’homme qu’Alassane Ouattara croit gouverner en Côte d’Ivoire. Les Ivoiriens sont réduits à leur simple expression d’être-objet. Leur bonheur est simplement quantifiable, il suffit donc de leur promettre des milliards d’investissement pour les délivrer de leur mal-vivre.
Même si, sur la terre de leurs ancêtres, un burkinabé du nom d’Amade Ouremi fait la loi, désacralise leur bois, démythifie leur histoire… pour Ouattara 1200 milliards d’investissement pour faire des ponts, des routes, des chemins de fer, des usines d’exploitation minières à leur détriment devraient suffire à leur bonheur. « Je suis venu voir si vous prenez votre pied avec tous ces projets que j’ai mis en route, même si en tant que rescapés, vous êtes des réfugiés sur vos propres terres. Même si je continue de maintenir vos fils, frères et sœurs récalcitrants dans les geôles du pays et en exil. Je suis convaincu que vous êtes tous heureux rien qu’avec mes promesses de pluies de milliards.» Ce cynisme d’Alassane Ouattara qui, trois ans après avoir été élu suite aux bombes de la communauté internationale, continue de promettre le bonheur aux ivoiriens est cruel et déshumanisant.
En attendant le lever du jour, nous aurions, peut-être, pu nous en contenter. Mais, même vendre des illusions de bien-être matériel à un peuple en détresse, il n’en n’est pas capable. Et cette limite est à la fois conjoncturelle et congénitale. Vouloir faire le bonheur d’un peuple contre son gré est une prétention démesurée. Un ami fiscaliste me disait la dernière fois qu’ils sont obligés de se tourner les pouces parce qu’une grande partie de ceux qui tiennent les commerces aujourd’hui sont des FRCI du décret pris le 17 mars 2011 au Golf Hôtel qui pratiquent du « pay yourself » sur les taxes dues à l’Etat. On comprend aisément pourquoi Ouattara attend tout de l’extérieur et pourquoi, au sens freudien du terme, l’homme reste bloqué au stade des promesses vaseuses.

Joseph Marat

Quand la poudre monte au nez

L’information a fait le tour de tous les réseaux d’information hier. Comme une trainée de poudre, elle est partie de l’université de Cocody où un colloque pour rendre hommage à Henriette Dagry Diabaté à été organiser par les intellectuels de Ouattara. Cissé Bacongo, le ministre de l’enseignement supérieur qui a bienvoulu honorer de sa présence la cérémonie d’ouverture a été au sens littéral du terme luncher par les étudiants comme un vulgaire malfrat. Tout un symbole. Un événement riche en niveaux de lecture.
Premièrement, c’est Henriette Dagry Diabaté qu’il faut plaindre dans une certaine mesure. Cette dame qu’on a voulu présenter comme la plus grande des dames intellectuelles d’Afrique aura eu son colloque d’hommage taché par le ras-le-bol des étudiants. Loin de nous l’idée de lui contester ses capacités intellectuelles et son leadership du genre dans des domaines, jusqu’à elle, restés chasse gardée des hommes. Dagry Diabaté est une pionnière de la gente féminine et elle mérite certainement que la communauté universitaire lui rende hommage. Seulement, tout comme le camp, cette dame a choisi le mauvais moment. Le choix de ce jour par les étudiants pour le fait que les étudiants aient choisi ce jour pour lapider leur ministre de tutelle véhicule au moins un message : ils ne sont pas obligé de rendre hommage à une dame qui a pris le parti de la détérioration de l’environnement académique, fusse-t-elle la première femme intellectuelle du monde. Au lieu de s’offrir une autocélébration, on attend de Dagri Diabaté qu’elle dénonce la ruine de ce qui a fait d’elle ce qu’elle est aujourd’hui.
Secundo, l’image d’un Cissé Bacongo faisant du sprint pour échapper au lynchage des étudiants à l’Université Félix Houphouët Boigny de Cocody laisse perplexe. Les étudiants sont naturellement ingrats parce qu’ils évoluent dans univers intellectuel en perpétuel changement évolutif. Il ne faut pas attendre d’eux qu’ils se contentent d’une étape du progrès de leur milieu. Ce n’est pas pour autant qu’ils sont intrinsèquement irascibles à l’ égard de leur ministre de tutelle. Le cas Bacongo est révélateur d’un malaise que le régime de Ouattara n’arrive plus à cacher. L’université a été fermée pendant un an pour réhabilitation. Au détour d’une conversation avec l’un de mes professeurs d’université, il m’apprend que 114 milliards est le chiffre officiel d’un iceberg de détournement. A la cérémonie de réouverture de cette université dont on a repeint seulement les murs, une armada de communication a été mise en place pour dire au monde entier que Ouattara offre une université de dernière génération, avec toutes sortes de commodités, à la Côte d’Ivoire. Que Cissé Bacongo prenne ses jambes à son coup pour fuir le seul site où il devrait être porté en triomphe finit par nous convaincre du caractère essentiellement cosmétique des actions menées par le régime Ouattara. Et ils ne semblent pas se rendre compte que ce genre de poudre nocive commence à leur monter au nez.

Joseph Marat

Punie pour une leçon politique

Le dessous du retour de Madame Simone Gbagbo sur son lieu de détention initiale est pathétique. On pouvait difficilement comprendre que celui qui, la veille, s’enorgueillissait d’avoir desserré un peu l’étau de la répression politique et répondu favorablement à la volonté de Simone Gbagbo de se faire soigner, soit revenu sur sa décision. Et comme si cela n’aurait pas suffi, il y ajoute la manière pour le faire dans la règle de l’art reconnu aux petites gens. Miné par une mesquinerie infantile, Ouattara poussera le comble de la cruauté jusqu’à débrancher tous les câbles la reliant aux appareils de soin pour déporter de nouveau, dans ses bagnes de fortune, l’épouse de son adversaire politique. Elle était encore sous anesthésie et dans un état de semi-conscience. Ce jour-là, un ami n’a pas retenir ceci : « Non ! Ouattara, il est prêt pour les ivoiriens.» Pas besoin de commenter cet étonnement. Ouattara a acheté le pouvoir ivoirien pour assouvir sa soif de cruauté. Pour ce faire, toutes les occasions sont les bienvenues, même si cela doit lui coûter le peu d’honneur lié à la fonction de Chef d’Etat.
Pour comprendre à quel niveau nous sommes descendus dans l’ordre de la régression humaine depuis que Ouattara nous gouverne, voyons ce qui s’est plausiblement passé. "Notre Chef d’Etat démocratiquement élu" aurait envoyé deux missions auprès de Mme Simon Gbagbo, sa prisonnière alitée dans un hospice, pour négocier sa légitimité. Que celle-ci reconnaisse qu’il a été démocratiquement élu. Rien que cette démarche pour faire entendre à ceux qui ne l’auraient pas encore compris que Ouattara est le premier à douter de sa propre élection à la dernière présidentielle de 2010. La réponse de Madame Simone Gbagbo, à qui cela ne coûtait plus rien de dire ironiquement et pour avoir la paix « Oui Kiffi, tu as gagné !», a été digne de la grandeur politique qu’on reconnait à tous ces dignes fils de la Côte d’Ivoire en prison comme en exil que le régime de Ouattara n’arrive décidément pas à broyer. « Allez dire à Ouattara que je ne suis pas le Conseil Constitutionnel.»
Cette réponse de Madame Gbagbo n’est pas une injure. Elle n’est pas non plus négative. C’est tout un cours de droit politique. Ce n’est pas dans une cellule d’hôpital, auprès d’une patiente prisonnière qu’il faut aller chercher les résultats d’une élection dont vous jouissez de l’issue depuis trois ans. Pour cette leçon politique qui ne lui nie pas sa légitimité, mais lui indique simplement la voie à suivre en politique, Ouattara aurait du réserver un meilleur sort à cette grande dame. Mais vous avez dit Ouattarandie ! Le moins que nous puissions espérer de ce régime est le dévoiement du bon sens politique sinon il est prêt pour nous écraser tous autant que nous sommes.

Joseph Marat