UA-108822782-1
topblog Ivoire blogs

lundi, 03 juin 2013

Peur mal contenue

« Vers la confirmation des charges contre l’ex-président ivoirien » voilà ce qui a fait la manchette de la plupart des journaux pro-Ouattara le Week-end dernier. Apparemment, ils voulaient véhiculer le sentiment encore confus que les pro-Gbagbo, dans cette affaire, perdront la face. Comme si, rien qu’avec cette confirmation des charges, on devrait se convaincre de la culpabilité et de la condamnation du célèbre prisonnier de Scheveningen. La confirmation des charges veut simplement dire qu’il y aura un procès. Et pour ma part, j’ai perçu derrière le tir groupé de la presse du régime, une peur mal contenue de ceux qui ont tout à perdre dans un procès qui fera éclater la vérité, la duplicité et le racisme des impérialistes censeurs de la communauté dite internationale. Les pro-Gbagbo espèrent certes que tout s’arrête à cette audience de confirmation ou d’infirmation des charges et que la communauté internationale nous aide à nous asseoir pour solder le compte de toutes ces crises qui déchirent notre pays. La coexistence pacifique, gage du développement vaut bien le sacrifice de la vérité. L’attente que tout s’arrête maintenant, n’est pas pour nous un refuge coupable. Au contraire cette aspiration est l’expression du sentiment d’être allé trop loin dans notre folie à se déchirer et à déchirer la mère patrie et qu’il faille arrêter au risque de disparaître comme des idiots selon l’artiste. Les pro-Gbagbo, dans leur profond désir de sauver ce pays, nourrissent même le rêve que la sagesse visite les autorités actuelles de la Côte d’Ivoire pour qu’elles tentent de mettre fin à cette parodie de procès à la Cour Pénale Internationale. Elles sauveraient plusieurs faces à la fois : la leur, celle de l’Onu et celle de la France. Parce que, à qui ce procès va-t-il faire admettre que, pour la promotion des hommes et pour prémunir notre humanité contre des crimes atroces, il faut armer et entretenir, une dizaine d’années durant, une rébellion sanguinaire, ensuite opter pour l’usage des armes pour régler un contentieux électoral. Surtout quand, en la matière on ne demandait à personne d’inventer la roue. Le ré-comptage des voix est la seule solution qui aurait pu nous éviter les crimes contre l’humanité en procès aujourd’hui à la Haye. Qui a refusé cette solution ?
Si c est un véritable procès contre le crime contre l’humanité qui s’ouvre, il ne peut être que celui de l’éclatement de la vérité. Et qui aurait peur que la vérité éclate si ce ne sont pas les criminels eux-mêmes. C’est pourquoi face à la décision que va prendre la Cour Pénale Internationale pour marquer l’étape de la confirmation ou non des charges contre le président Gbagbo la sérénité est notre lot quotidien. Si la CPI décide d’aller au procès, c est parce qu’elle aura décidé de connaitre la vérité. Et nous serons là pour la lui donner, quitte à ce qu’elle se discrédite définitivement en lui donnant une issue inique. Dans le cas contraire, elle aura été visitée par la sagesse pour sauver ce pays.

Joseph Marat

Les commentaires sont fermés.