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lundi, 10 juin 2013

La version politique du surréalisme


Panique ou surréalisme ? Il n’y a pas, en fait, de choix. C’est la panique qui inspire les actes politiques surréalistes du régime actuel. On se croirait devant une œuvre picturale de Salvador Dali qui défie toutes les lois du réalisme en associant, dans ses esquisses du beau, la représentation de la nature à des formes qui jurent avec la réalité. Ici, il s’agit de l’art. Et je me demande ces derniers temps si ce qui est valable en art pur ne l’est pas aussi en politique. D’après mon petit Larousse « le surréalisme est un mouvement littéraire et artistique né en France au lendemain de première guerre mondiale qui se dresse contre toutes les formes d’ordre et de conventions logiques, morales, sociales et qui leur oppose les valeurs de rêve, de l’instinct, du désir et de la révolte, dans le fonctionnement réel de la pensée ». Pendant que nous y sommes, n’est-ce pas la version politique de ce mouvement artistique que nous servent depuis toujours nos amis d’en face ? Le RDR, aujourd’hui au pouvoir, n’est-il un creuset de politiciens surréalistes. Et cette observation n’est pas loin d’être un compliment. Tenez ! « 3 jours après la décision de la CPI, les corps sortent de terre. 52 corps exhumés hier à Yopougon » voilà ce qu’on pouvait lire sur le quotidien pro-RDR, Nord Sud, le jeudi 06 juin dernier. A coté, le journal Le Patriote faisait dire au porte-parole de la CPI ceci : « Il n’a jamais été question de libérer de Laurent Gbagbo ». En réponse à la décision de la Cour Pénale Internationale de renvoyer Ben Souda à sa copie pour insuffisance de preuves.
Quand on va déterrer des corps pour combler les insuffisances du dossier de la procureure de la CPI, on se demande si nos artistes surréalistes se sont donné la peine de comprendre ce que la CPI leur demande de produire comme preuve. Même si Laurent Gbagbo avait tué un dizaine de personnes, il ne serait pas moins un criminel. Ce n’est donc pas en déterrant les 3000 morts qu’on lui attribue, qu’on prouverait suffisamment sa culpabilité. Ce qui est surréaliste est que nos amis d’en face ont certainement cru comprendre qu’on leur demande de faire prendre des avions aux 3000 morts qu’ils attribuent à Gbagbo pour les faire comparaitre devant les juges qui n’ont pas suffisamment de preuve. Sinon, entre nous, à quoi ça servirait de les exhumer maintenant ? Ils n’ont pas compris que les juges, à l’unanimité leur demande de rendre un peu digeste leur discours d’accusation. Et lorsqu’on parle de discours, on est au-delà du divers sensibles, on parle de cohérence rationnelle. On leur demande par exemple de démontrer comment celui qui demandait le recomptage des voix pour régler le contentieux électoral aurait pu être plus responsable de la mort de 3000 personnes que le va-t-en guerre qui a ameuter toutes forces militaires du monde pour conquérir son pouvoir ? C’est cela que veut dire rétablir la chaine de commandement qui fait du Président Gbagbo le responsable de tous ces morts. En la matière un exemple de démonstration existe. Le 27 mars 2011 une personne A prend un décret instituant une armée pour attaquer une personne B. 10 jours plus tard, c'est-à-dire le 27 mars, cette armée, lancée depuis le nord contre la personne B au sud, laisse l’ONU ramasser derrière elle près de 1000 cadavres. Il y a eu crime contre l’humanité et ce serait incohérent de dire que c’est la personne B du sud qui est responsable de ce massacre.
Quant à la question de la libération de Gbagbo, il faut douter que le porte-parole de la CPI ait dit ce qu’on lui prête. Une fois encore l’imagination déborde chez nos amis d’en face. Ils ne se rendent même pas compte que deux ans de détention, c’est déjà trop pour une personne contre qui on enregistre un défaut de preuve. Il n’y a que dans le monde surréaliste du RDR que le principe de la présomption d’innocence n’existe que pour les criminels avérés.

Joseph Marat

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