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dimanche, 14 juillet 2013

A bas la démocratie

On commence certainement à oublier la braise de la Syrie. Il se passe maintenant des heures et mêmes des jours sans qu’on ne nous serve en boucle un décompte macabre des assassinats en Syrie. On a semble-t-il tiré le rideau. Bachar Al Assad peut mater sa rébellion tranquillement. Se sont-ils rendu compte de l'impasse ? Dans tous les cas les projecteurs sont désormais orientés vers l'Egypte. Les pyromanes ont depuis quelques temps un autre chat à fouetter. Il n'aime pas Morsi à la tête de l'Egypte. Il n'a pas été programmé par Big Brother. Une fois encore, comme en 2000 en Côte d'ivoire, la démocratie a encore fait des siennes.
On a provoqué la révolution. On s'est laissé entrainer au jeu de la démocratie. A la fin, celui qui sort du chapeau ne fait pas l'affaire. Il faut changer. Contre tout principe démocratique, on destitue Morsi. On se précipite, comme si on voulait atténuer l’effet de la bourde et maintenir le peuple dans son lit, pour former un gouvernement de transition qui se dote d'un programme rapide de sortie de crise. Rien n’y fit. Les pro-Morsi ont remplacé les anti-Morsi dans la rue. On a caller le monteur de la démocratie. Depuis lors l’armée d’Adly Mansour tire sur la population comme Assad sur le peuple Syrien. Le premier est totalement excusable. Il fait même bien parce que c’est le larbin oint par la communauté dite internationale. Et si on nous disait plus clairement : « désormais considérer que la démocratie ce n’est plus le pouvoir du peuple mais celui de la communauté dite internationale ». Cela aura l’avantage de mettre tout le monde d’accord sur le mode de fonctionnement de la gouvernance mondiale. Sinon, pourquoi ne pas laisser la démocratie s’autoréguler. Il faut laisser Morsi aller jusqu’au bout de son mandat.
A supposer que Morsi soit devenu très dangereux pour son peuple, même si de lui on n’a jamais entendu dire qu’il tire sur son peuple, pourquoi son éviction n'est-il pas applaudie? Pourquoi une liesse populaire n'accueille pas la nomination de Mansour et de Mohamed Elbaradei ? Pourquoi le changement crée-t-il autant de problèmes là où on a cru les résoudre. Ces questions relèvent, pour ma part, d'un peu de bon sens.
En Cote d'ivoire Laurent Gbagbo a appelé au recomptage des voix. Personne ne l'a écouté. Aujourd'hui ils prennent le calme naturel des ivoirien pour une victoire. Mouammar Kadhafi avait même finalement voulu qu'on vienne tranquillement instaurer la démocratie dans son pays. Ils ont fait comme s'ils ne l'ont pas entendu. En Syrie ils arment des terroristes contre un régime dit dictatorial, oubliant du coup que la fin ne justifie pas toujours les moyens. Et même si c'était le cas, où a-t-on vu le terrorisme conduire à la démocratie ? En fait ce concept de démocratie est-il encore une valeur en politique ?

Joseph Marat

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