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dimanche, 14 juillet 2013

Gbagbo est mon frère

L’un des faits marquant du déplacement d’Alassane Ouattara dans le nord de la Côte d’Ivoire a été sa rencontre avec la délégation des têtes couronnées venue de Gagnoa et conduite par le chef de village de Tchedjelet par ailleurs président du conseil des chefs de village dudit département. Quelque temps après, le chef Gbisié Lambert a accordé une interview à un organe de la place pour éclairer l’opinion quant à l’esprit de cette rencontre avec Alassane Ouattara dans le village de Kong. Un ami qui suivait tout cela à une bonne distance m’a appelé pour savoir si je suivais ce qui se passe. Pas l’événement du déplacement des parents de Gbagbo à Kong en lui-même, mais ai-je entendu Ouattara dire que Gbagbo est son frère ? Sur le coup on s’est demandé si cela n’était pas dû au fait qu’avec tout ce qui se passe et se dit, les mentalités ne seraient pas en train de changer chez les gens d’en face. Est-ce que Ouattara ne se serait pas finalement rendu compte que cela a été une erreur d’avoir pensé et agi comme s’il suffisait de déporter Laurent Gbagbo hors de la Côte d’Ivoire pour qu’elle se porte mieux ? Question de bon sens ! Est-ce que dans une famille, lorsqu’on voue un « frère » aux gémonies et qu’on finit par le déporter après l’avoir torturé, cette famille se porte-t-elle mieux ? Dans cette même logique de traintrain familiale, quand le mal est fait, quelle action mène-t-on pour ressouder les liens familiaux ? Se contente-t-on d’un verbiage creux autour de la notion de réconciliation ? Ouattara se croit-il vraiment à la tête d’un Etat-famille ou d’un Etat-colonie ? En reprenant les propos du chef Gbisié pour dire que Gbagbo est son frère, Alassane Ouattara a dû, l’instant d’un moment, percevoir l’esprit de la loi fondamentale qui interdit d’assigner tout Ivoirien à l’exil.
Après ces observations peut-on encore reprocher au chef Gbisié d’avoir trahi la cause du président Laurent Gbagbo ? La question mérite d’être posée parce que son interview après cette rencontre avec Ouattara est une explication-justification. Il faut se rendre à l’évidence qu’il n’en avait pas besoin parce qu’il a agit et parlé comme un véritable chef. Le chef c’est celui qui est capable de voir l’intérêt général surtout quand la vision est brouillée par ce qui est appelé aujourd’hui rattrapage. Un chef c’est celui qui est capable de voir la fraternité dans la diversité des hommes. Un véritable chef c’est celui qui écoute la raison et non la passion. Contrairement à ceux qui ont lu Malaparte et qui ont pris des armes pour balafrer la société ivoirienne et asseoir une politique plus exclusionniste, Gbisié Lambert, en homme responsable, est seulement allé rappeler à Ouattara et Soro Guillaume que nous sommes des frères. Un seul regret, ce chef bété a-t-il trouvé oreilles attentives ?

Joseph Marat

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