UA-108822782-1
topblog Ivoire blogs

vendredi, 19 juillet 2013

A bas la démocratie

On commence certainement à oublier la braise de la Syrie. Il se passe maintenant des heures et mêmes des jours sans qu’on ne nous serve en boucle un décompte macabre des assassinats en Syrie. On a semble-t-il tiré le rideau. Bachar Al Assad peut mater sa rébellion tranquillement. Se sont-ils rendu compte de l'impasse ? Dans tous les cas les projecteurs sont désormais orientés vers l'Egypte. Les pyromanes ont depuis quelques temps un autre chat à fouetter. Il n'aime pas Morsi à la tête de l'Egypte. Il n'a pas été programmé par Big Brother. Une fois encore, comme en 2000 en Côte d'ivoire, la démocratie a encore fait des siennes.

On a provoqué la révolution. On s'est laissé entrainer au jeu de la démocratie. A la fin, celui qui sort du chapeau ne fait pas l'affaire. Il faut changer. Contre tout principe démocratique, on destitue Morsi. On se précipite, comme si on voulait atténuer l’effet de la bourde et maintenir le peuple dans son lit, pour former un gouvernement de transition qui se dote d'un programme rapide de sortie de crise. Rien n’y fit. Les pro-Morsi ont remplacé les anti-Morsi dans la rue. On a caller le monteur de la démocratie. Depuis lors l’armée d’Adly Mansour tire sur la population comme Assad sur le peuple Syrien. Le premier est totalement excusable. Il fait même bien parce que c’est le larbin oint par la communauté dite internationale. Et si on nous disait plus clairement : « désormais considérer que la démocratie ce n’est plus le pouvoir du peuple mais celui de la communauté dite internationale ». Cela aura l’avantage de mettre tout le monde d’accord sur le mode de fonctionnement de la gouvernance mondiale. Sinon, pourquoi ne pas laisser la démocratie s’autoréguler. Il faut laisser Morsi aller jusqu’au bout de son mandat.

A supposer que Morsi soit devenu très dangereux pour son peuple, même si de lui on n’a jamais entendu dire qu’il tire sur son peuple, pourquoi son éviction n'est-il pas applaudie? Pourquoi une liesse populaire n'accueille pas la nomination de Mansour et de Mohamed Elbaradei ? Pourquoi le changement crée-t-il autant de problèmes là où on a cru les résoudre. Ces questions relèvent, pour ma part, d'un peu de bon sens.

En Cote d'ivoire Laurent Gbagbo a appelé au recomptage des voix. Personne ne l'a écouté. Aujourd'hui ils prennent le calme naturel des ivoirien pour une victoire. Mouammar Kadhafi avait même finalement voulu qu'on vienne tranquillement instaurer la démocratie dans son pays. Ils ont fait comme s'ils ne l'ont pas entendu. En Syrie ils arment des terroristes contre un régime dit dictatorial, oubliant du coup que la fin ne justifie pas toujours les moyens. Et même si c'était le cas, où a-t-on vu le terrorisme conduire à la démocratie ? En fait ce concept de démocratie est-il encore une valeur en politique ?

Joseph Marat



Qu'est ce que la démocratie ?


A la suite de mes deux derniers aphorismes sur la crise égyptienne un lecteur qui m'est certainement proche m'a appelé pour me poser une question : « cher ami, qu'est ce que la démocratie ? » Passé l'effet de surprise, j'ai pris la mesure de la pertinence de la question. Avec tout ce qui se passe dans le monde autour de la notion de démocratie, il y a finalement de quoi avoir des doutes sur la véritable appréhension de ce concept. J'ai eu du coup une réminiscence du reste de mes connaissances bibliques. Face au Seigneur Jésus Christ qui affirmait sans sourciller « je suis le chemin et la vérité » Ponce Pilate qui avait quelques bribes de la philosophie de Protagoras avait eu cette boutade « qu'est-ce que la vérité ? ». Pour le puissant de ce moment, la vérité est tout au plus relative sinon elle n'existe pas. C'est cela que les puissants d'aujourd'hui, en dépit du discours ambiant, veulent nous faire comprendre a propos de la démocratie. Elle n'existerait pas ou si elle existait elle serait relative, fonction des peuples et cultures comme le dit Protagoras, la vérité serai relative à l'homme à sa sensibilités. De ce point vu des peuples seraient plus démocratiques que d'autres au point qu’ils s’autoriseraient à faire des leçons de démocratie aux autres quelquefois contre tout principe démocratiques.
Pourtant la démocratie est la notion la plus universelle et la plus simple possible qui soit. Au delà de l'interprétation étymologique qui la présente comme le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple, c'est avant tout un jeu, le plus sérieux pour réguler la coexistence pacifique des hommes. Comme tout jeu, elle a des règles qui se résument en un seul: le pouvoir du plus grand nombre durant les mandatures. Il suffit de se battre simplement pour ses règles pour en faire la promotion. Tous les conflits dans le monde sont dus à la volonté de la minorité à vouloir le pouvoir simplement sur la base de la force et du nombre.
Prenons l'exemple du football qui est jeu. Ce ne sont pas tous les buts qu'on accorde. Ce ne sont pas toutes les manifestions de rue qui attestent du nombre. Un arbitre dans son rôle de souverain du terrain, n'a pas le droit d'interrompre un match et déclarer une équipe vainqueur sur la base de son penchant. En 2010 Youssouf Bakayoko avait-t-il le droit de proclamer les résultats des élections sans un procès verbal de délibération confirmant sa comptabilité? Un match de foot dure 90 minutes et la coupe du monde se joue tous quatre ans. Et entre deux coupes aucun moyen n'existe pour denier la victoire au vainqueur de la finale jouée selon les règles de l'art. Un mandat reste un mandat. Il est réglé pour se renouveler. En dehors de la règle qui fixe sa longueur, tout renouvèlement est un vice, un coup d'Etat. Morsi est en cours de mandat, aucune règle démocratique ne le rend destituable. L'application stricte des règles de la démocratie peut amener les hommes à vivre dans un monde apaisé. Et sur la question tout peuple qui se prévaut d'en avoir le monopole au point de vouloir l'imposer aux autres montre par la même qu'il n'en a pas compris l'esprit. Il ne devrait pas avoir de plus grande priorité pour tout gouvernant dans le monde que d’enraciner les principes de la démocratie dans les mœurs de son peuple. Le reste relève de l’accessoires.

Joseph Marat

Les commentaires sont fermés.