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mardi, 30 juillet 2013

La parenthèse douloureuse II

Je ne ferai pas d'effort dans cette deuxième partie de cet aphorisme que j'ai intitulé la parenthèse douloureuse. Je disais tantôt que dans cette brousse où nous sommes entrés et face à la comédie politique des roturiers de l'heure, les ivoiriens continuent de réfléchir à l'issue heureuse de notre histoire. Elle ne sera pas vengeresse parce que la lumière ne tue pas le sorcier qu'elle éclaire. Elle sera seulement salutaire pour tous. Et c'est cette voie que Monsieur Alexis Gnagno montre à Soro s'il veut vraiment aller à Gagnoa pour la réconciliation. Il lui dit qu'il y a mieux parce que la crise ivoirienne ne pose aucun problème de personne. Elle est politique. Et il suffit d'un peu de jugeote pour en percevoir l'issue: « Le problème ivoirien est politique, la réconciliation sera donc politique, ou ne sera pas. Il n'y a pas un contentieux entre les Bétés et les Dioulas, sinon il faudrait dire lequel, ni entre les Bétés et les Baoulés, encore moins entre les Dioulas et les Baoulés, ou même entre quelques populations de la Côte d'Ivoire que ce soient. Le problème est essentiellement politique, uniquement politique. Il faudrait donc une solution politique, et arrêter d'instrumentaliser les populations en essayant de les opposer les unes aux autres. La réconciliation que veulent les Ivoiriens, ce n'est pas une réconciliation pour aller manger ensemble au maquis (restaurant), pour aller danser ensemble en boîte, ou pour s'embrasser dans la rue, ou encore pour jouer ensemble à on ne sait quel jeu. C'est une réconciliation autour de la Constitution qui puisse donner lieu à une justice équilibrée, une armée républicaine, un égal accès aux emplois publics, un Etat laïc dans lequel toutes les religions sont respectées, un accès équitable aux médias d’Etat, une éducation de la population à la démocratie car tout cela serait vain si la population ignore les règles du jeu politique, un renforcement de la lutte contre les propos incitant à la haine ethnique ou religieuse. Bref, un Etat où les droits de chacun et de tous soient respectés. Il s'agit donc de trouver les moyens d'un vivre ensemble politique. Et ce débat doit être mené par des hommes politiques. Cela suppose que tous les acteurs censés y participer puissent le faire. Or, dans notre cas, les interlocuteurs les plus légitimes de Guillaume Soro et de son maître Ouattara sont en prison, ou en exil. Donc, si Guillaume Soro veut vraiment donner du sens à sa volonté de réconciliation, et ne pas donner l'impression d'une nouvelle initiative pour tromper l'opinion nationale et internationale, il sait ce qu'il lui reste à faire : libérer les prisonniers politiques pour que le débat sur l'avenir du pays ait lieu. Et il n'est pas trop tard. Pourvu que ceux qui sont désormais au pouvoir le veuillent, mais le veulent-ils vraiment ? Personnellement, j'en doute sérieusement pour la simple et unique raison que les gouvernants actuels ne sont pas à leur place, à la place que le peuple leur a effectivement donnée. Un accord politique et de nouvelles élections inclusives, libres et transparentes sont la seule clé pour sortir le pays de l'impasse politique dans laquelle il se trouve. Tout le reste n'est que pure diversion. » En effet, quand on a la prétention de diriger un Etat aussi cosmopolite que la Côte d'Ivoire, il ne faut pas avoir la paresse politique et la courte vue pour faire de chaque problème qui engage la vie de la nation une occasion de débat libre. Ce n'est pas de la faiblesse. Au contraire, c'est seulement ainsi qu'on grandit politiquement. Mais que voulez-vous ? Quand le nanisme politique est congénital, il faut attendre que la parenthèse se referme.

Joseph Marat

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