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mardi, 30 juillet 2013

La parenthèse douloureuse I

Un ami m’a posé la question de savoir ce que je pense de cette réflexion du philosophe français Michel Onfrey « La philosophie est un sport de combat ». Je lui ai répondu exactement ceci : « le philosophe n'a pas tort. C'est une lutte cérébrale contre toutes les barrières de l'obscurantisme. » La philosophie nait dans l’antiquité contre le paralogisme de la barbarie. Elle n’a jamais cessé d’être cet exercice intellectuel qui comme la lumière de la rationalité et de l’éthique guide toute société vers son épanouissement. Dans cette démarche, elle lutte contre toutes les forces rétrogrades qui ignorent dans la plupart des cas qu’elles rament à contre courant de l’Histoire de l’humanité. Comme Adolph Hitler a pu écrire Mein Kampf, ils sont encore aujourd’hui très nombreux qui écrivent des livres pour justifier leur barbarie, leur rébellion, et la sauvagerie. Ils nomment cela aussi « philosopher » et dans l’antiquité, on les appelait des sophistes. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil et les maux d’hier sont les mêmes aujourd’hui. Et malgré les apparences, la lutte est des intellectuels ivoiriens est épique. Ils savent que nous traversons la période la plus sombre de notre histoire ou des hommes sans foi ni loi veulent leur faire prendre des vessies pour des lanternes. Leur conscience reste éveillée et leur foi est surtout inébranlable en l’idée que le bout du tunnel n’est plus loin. La parenthèse va se refermer bientôt et mettre fin au folklore de ceux qui croient faire de la politique quand chaque jour ils exposent la laideur de leur ignorance en la matière.
Soro Guillaume a reporté son déplacement à Gagnoa à une date ultérieure. On ne nous donnera pas de raison officielle. Mais je me dis que quelqu’un lui a certainement soufflé qu’il serait politiquement incongru qu’il se rende à Gagnoa les bras ballants. Laurent Gbagbo en prison à La Haye, sa mère une octogénaire en exil avec ses autres enfants, quel acte de réconciliation où quelle parole de conciliation serait-il allé dire à ce peuple qui souffre d’être traité comme des pestiférés. A défaut de ramener Laurent Gbagbo de La Haye pour des raisons objectives d’incompétence politique, le numéro 2 du régime de Ouattara peut au minimum réhabiliter le domicile villageois de la mère du président ivoirien Gbagbo et la ramener d’exil. Cela aurait au moins l’avantage d’être un signe d’intelligence politique. Quoique pour ceux qui redescendent dans cette caverne où Ouattara, Soro, Bakayoko, Bacongo, Koné, Issiaka, Ouedraogo, Kaboré et consorts sont rois, ce cinéma relèvera d’un folklore mal orchestré parce qu’un Etat n’a que faire du particularisme. Je citerai pour finir Alexis Gnagno, un intellectuel ivoirien qui attend aussi que la parenthèse de la gouvernance aveugle se referme pour que renaisse un Etat ivoirien plus fort : « Gagnoa, comme d'ailleurs beaucoup de régions de Côte d'Ivoire, n'a pas de problème avec le régime de Ouattara dont certains cadres sont des fils et même des personnalités connues originaires de cette région (...) Ils n'ont jamais été menacés parce qu'ils appartiennent à d'autres formations que le FPI de Gbagbo. Par ailleurs, le premier tour de l'élection présidentielle a montré un maillage territorial de l'électorat de Gbagbo qui devrait obliger à poser le problème de la réconciliation sur un plan national. (…)

joseph Marat

La parenthèse douloureuse II

Je ne ferai pas d'effort dans cette deuxième partie de cet aphorisme que j'ai intitulé la parenthèse douloureuse. Je disais tantôt que dans cette brousse où nous sommes entrés et face à la comédie politique des roturiers de l'heure, les ivoiriens continuent de réfléchir à l'issue heureuse de notre histoire. Elle ne sera pas vengeresse parce que la lumière ne tue pas le sorcier qu'elle éclaire. Elle sera seulement salutaire pour tous. Et c'est cette voie que Monsieur Alexis Gnagno montre à Soro s'il veut vraiment aller à Gagnoa pour la réconciliation. Il lui dit qu'il y a mieux parce que la crise ivoirienne ne pose aucun problème de personne. Elle est politique. Et il suffit d'un peu de jugeote pour en percevoir l'issue: « Le problème ivoirien est politique, la réconciliation sera donc politique, ou ne sera pas. Il n'y a pas un contentieux entre les Bétés et les Dioulas, sinon il faudrait dire lequel, ni entre les Bétés et les Baoulés, encore moins entre les Dioulas et les Baoulés, ou même entre quelques populations de la Côte d'Ivoire que ce soient. Le problème est essentiellement politique, uniquement politique. Il faudrait donc une solution politique, et arrêter d'instrumentaliser les populations en essayant de les opposer les unes aux autres. La réconciliation que veulent les Ivoiriens, ce n'est pas une réconciliation pour aller manger ensemble au maquis (restaurant), pour aller danser ensemble en boîte, ou pour s'embrasser dans la rue, ou encore pour jouer ensemble à on ne sait quel jeu. C'est une réconciliation autour de la Constitution qui puisse donner lieu à une justice équilibrée, une armée républicaine, un égal accès aux emplois publics, un Etat laïc dans lequel toutes les religions sont respectées, un accès équitable aux médias d’Etat, une éducation de la population à la démocratie car tout cela serait vain si la population ignore les règles du jeu politique, un renforcement de la lutte contre les propos incitant à la haine ethnique ou religieuse. Bref, un Etat où les droits de chacun et de tous soient respectés. Il s'agit donc de trouver les moyens d'un vivre ensemble politique. Et ce débat doit être mené par des hommes politiques. Cela suppose que tous les acteurs censés y participer puissent le faire. Or, dans notre cas, les interlocuteurs les plus légitimes de Guillaume Soro et de son maître Ouattara sont en prison, ou en exil. Donc, si Guillaume Soro veut vraiment donner du sens à sa volonté de réconciliation, et ne pas donner l'impression d'une nouvelle initiative pour tromper l'opinion nationale et internationale, il sait ce qu'il lui reste à faire : libérer les prisonniers politiques pour que le débat sur l'avenir du pays ait lieu. Et il n'est pas trop tard. Pourvu que ceux qui sont désormais au pouvoir le veuillent, mais le veulent-ils vraiment ? Personnellement, j'en doute sérieusement pour la simple et unique raison que les gouvernants actuels ne sont pas à leur place, à la place que le peuple leur a effectivement donnée. Un accord politique et de nouvelles élections inclusives, libres et transparentes sont la seule clé pour sortir le pays de l'impasse politique dans laquelle il se trouve. Tout le reste n'est que pure diversion. » En effet, quand on a la prétention de diriger un Etat aussi cosmopolite que la Côte d'Ivoire, il ne faut pas avoir la paresse politique et la courte vue pour faire de chaque problème qui engage la vie de la nation une occasion de débat libre. Ce n'est pas de la faiblesse. Au contraire, c'est seulement ainsi qu'on grandit politiquement. Mais que voulez-vous ? Quand le nanisme politique est congénital, il faut attendre que la parenthèse se referme.

Joseph Marat

C’est la France qui le permet


Quand nous dénonçons le caractère dictatorial du régime de Ouattara, il y a des langues pour trouver à redire. Mettant nos cris de cœur sur le compte du principe mesquin de l’opposant qui ne veut rien concéder au parti au pouvoir. C’est peut-être sur cette base que la grande France et sa communauté dite internationale dénoncent avec la dernière énergie sur tous les signes de dictature dans tous les régimes politiques du monde et ferment les yeux sur les pratiques politiques de Ouattara qui, avec ses airs d’homme politique policé, les a convaincus d’être un démocrate. Et nous disons cela parce que nous voulons accorder le bénéfice du doute à la France et à sa communauté dite internationale de ne pas être dans une certaine connivence avec un régime qui opprime son peuple et ne néglige aucun vice de tout régime liberticide et tortionnaire. Ce ne sont pas les preuves objectives et palpables des hauts faits de dictature de ce régime qui manquent. Elles sont récurrentes et achèvent de convaincre que Ouattara est un homme politique d’un autre âge dans des habits d’hommes politiques modernes. Mais, une observation attentive de la situation nous conforte dans l’idée que le régime dictatorial prend pour force tous les ingrédients de sa faiblesse. Et on ne reste pas longtemps à la tête d’un peuple quand on est autant fébrile.
Un ami m’a appelé dès qu’il a appris que les sicaires de Ouattara étaient en train de réprimer le rassemblement autorisé des jeunes de l’UDCY à Dabou. Ceux-ci voulaient simplement apporter leur contribution à la marche normale d’un Etat moderne en posant les bases d’une réflexion sur les élections présidentielles de 2015. Qu’est-ce qu’il y a de plus normal dans un Etat qui se dit démocratique. L’ami était triste et je le comprenais. Parce que de vous à moi, sans minimiser le projet politique de la jeunesse de l’UDCY, en quoi cette manifestation à mille lieues du centre névralgique du pouvoir de Ouattara aurait pu être une menace ? Mon ami me relance et me dit qu’il faut dénoncer ces pratiques parce que les Occidentaux par principe n’aiment pas les régimes qui répriment les espaces de liberté et embrigadent leur peuple. J’ai froidement répondu que c’est l’impression que donne la grande gueule qui crie égalité, droit de l’Homme, fraternité, démocratie...et j’en passe. Mais depuis que leur poulain crédité de tous les superlatifs d’homme politique providentiel est aux affaires, combien de manifestations démocratiques a-t-il encadrées avec succès ? Quelles solutions politiques et sociales a-t-il apportées au peuple ivoirien ? Nous sommes à 2 ans des échéances électorales qui devraient consacrer son départ, les Occidentaux ne peuvent pas dire qu’ils ignorent que ce pays a régressé et que la répression, les emprisonnements, les tortures… tout ce que qu’on peut difficilement reprocher à Bachar Al Assad sont monnaies courantes en Côte d’Ivoire ? Si de la classe politique française et de ses medias on n’entend rien, ce n’est pas difficile à comprendre, la Côte d’Ivoire reste pour l’heure leur torchon.

Joseph Marat

vendredi, 26 juillet 2013

Nationalité : sait-on de quoi on parle ?

Je me suis toujours interrogé sur le caractère explosif de la question de la nationalité particulièrement en Côte d’ivoire. Le débat n’est peut-être pas typiquement ivoirien, mais je me dis que la charge émotionnelle qu’il porte s’estompera quand les acteurs politiques qui l’empoisonnent aujourd’hui auront tiré leur révérence de la scène nationale. Trois jours après que le gouvernement se soit rebiffé en retirant à l’ordre du jour de la session ordinaire des parlementaires ivoiriens du vendredi 19 juillet dernier le sujet sur la nationalité, un ami qui reste très sensible à ce genre de sujet a attiré mon attention sur un long texte sur la question publié dans les éditions du lundi et mardi 23 juillet de Fraternité Matin. Je n’ai pas eu besoin de lire la première partie pour me rendre compte qu’en voulant arrondir les angles on brouille le débat sur la nationalité. Sur la question je suis de ceux qui pensent que les mentalités ont énormément évolué. Et il suffit de peu de sensibilisation pour faire comprendre à l’ensemble de la population que la question de la nationalité n’est pas liée au patronyme, au faciès, à l’accoutrement, au dialecte, au lieu de naissance, au lien de sang et à la propriété d’une parcelle de territoire. L’idéal serait que nous soyons tous des citoyens du monde et qu’on se reconnaisse en tant que tel partout où l’on voudrait se trouver. C’est cela la grande ouverture d’esprit sur la question. Qu’un Dakoury soit français, un Kaboré, Ivoirien, un Yao égyptien, ne devrait pas être un problème parce que cela devrait relever de la liberté que tout citoyen du monde devrait avoir de choisir sa nationalité ou ses nationalités. Si, selon le principe universel des droits de l’homme les hommes sont égaux, ils devraient surtout être libres de choisir la trajectoire de leur existence. Le problème est que la nationalité est un patrimoine qui appartient à un Etat de droit. Ce n’est pas une donnée extensible à souhait et accessible sans condition pour une simple raison : elle est bien un instrument de gouvernance qui détermine aussi le choix des personnes outillées pour conduire la destinée de l’Etat. La nationalité a un lien avec les statistiques démographiques d’un Etat et c’est avec la maitrise de la croissance de la démographie qu’on contrôle la gouvernance et le développement. La nationalité est donc un patrimoine qui ne devrait donc pas se donner à tout va. Et nous avons l’exemple de tous les pays développés. On donne la nationalité à ceux qui ne l’ont pas a priori quand ils ont beaucoup apporté au pays ou quand ils sont susceptibles de lui apporter quelque chose. En Côte d’Ivoire et je me permets de mettre les pieds dans le plat, on veut faire de la naturalisation de masse parce qu’on veut reconfigurer le corps électoral. Vision étriquée. Sinon cela répond à quel logique de vouloir donner la nationalité ivoirienne à des gens qui ne la demandent pas ? Je finirai par dire que les lois sur l’acquisition de la nationalité ivoirienne ne sont pas plus iniques ici qu’ailleurs. Et une loi reste la loi tant qu’elle n’est remise en cause par un débat national. Il n’y a pas qu’en Côte d’Ivoire qu’on était tous français avant les indépendances, il n’y a pas qu’en Côte d’Ivoire qu’on vienne tous d’ailleurs, il n’y a pas qu’en Cote d’Ivoire qu’il ya des frontières pour déterminer l’espace vital des Ivoiriens. Mais on devrait savoir, et cela est valable pour tous les pays au monde, qu’une nationalité est un patrimoine étatique qu’on ne brade pas. Et un gouvernant sérieux devrait savoir cela parce que là il ne s’agit ni de la xénophobie, ni du renfermement identitaire. Au contraire c’est un instrument qui permet de mesurer l’ouverture d’un peuple aux autres. Sans nationalité en tant que bien précieux, sans frontière à défendre, il n’y pas d’Etat et d’identité. Ainsi on n’a rien à offrir et on n’a rien à ouvrir au sens d’ouverture au monde puisqu’on est sans visage. On se dilue dans un monde qui ne nous reconnaît pas en fait.

Joseph Marat

dimanche, 21 juillet 2013

Faut-il prendre les armes contre le rattrapage ethnique ?



Guillaume Soro prépare activement un déplacement à Gagnoa. Le chef de la communauté des chefs de village du département lui fait cette invitation lors de la dernière visite d’Etat de Ouattara dans le nord. En plus de leur invitation au chef d’Etat d’effectuer une visite d’Etat à Gagnoa, le Chef Gbizié avait demandé aussi à a Soro Guillaume, en tant que président de l’assemblée nationale, de venir inaugurer le siège social des chefs du département de Gagnoa. Telle que la chose se présente, Soro va certainement en éclaireur dans cette localité natale de leur pire ennemi Laurent Gbagbo. L’inauguration du siège des chefs n’est en fait qu’un prétexte. Ce ne sont pas les préfets et autres autorités locales qui manquent sur place pour arroser une bicoque dédiée aux chefs villageois du département de Gagnoa. Tout le symbole réside donc dans le déplacement de Soro Guillaume lui-même pour voir s’il est possible aux autorités actuelles de Côte d’Ivoire de se donner le luxe de prendre un bain de foule chez Laurent Gbagbo. Il faut saluer une fois encore le "courage" de celui qui a porté le glaive dans le sain de la mère patrie pour combattre le vent de l’exclusion et l’ivoirité, l’idée de notre être au monde en tant qu’Ivoirien. A Gagnoa quelle soit la façon dont il sera accueilli, à coté des flatteries et civilités dues à son rang, on ne manquera pas de lui demander s’il est contre l’exclusion de son clan ou contre l’exclusion sous toutes ses formes. Dans le premier cas Soro Guillaume ne pourra pas se prévaloir d’être un homme d’Etat et son statut de président du parlement ivoirien sera vu comme une immense imposture. Parce que ce qu’on appelle intérêt général dans un Etat digne de ce nom ne s’accommode pas d’hommes aux visions claniques et étriquées. Dans le cas où il voudrait se mettre à la hauteur du titre qu’il porte pompeusement et laisser au peuple du Gô l’image d’un homme d’Etat sur qui il faut compter demain, il faudra demander à Soro s’il faut prendre les armes pour combattre le rattrapage ethnique ? Ce peuple qui le recevra sous peu, et il n’est pas le seul, est en voie de disparition dans le cosmos politique ivoirien et la litanie de sa souffrance sera certainement tue pour ne pas indisposer l’hôte. Mais la question restera fondamentale face au frère qui a réussi en ayant été fier d’être rebelle. Que devons-nous faire pour lutter contre le rattrapage ethnique qui nous ronge à petit feu ? Il ya des réponses aux énigmes qui permettent de jauger la valeur des hommes dits prédestinés. Soro Guillaume va bientôt rendre visite à un peuple qui rase les murs depuis le 11 avril 2011. Il faut saluer ce déplacement. Mais de ce qu’il leur dira dépendra sa notoriété politique et la guérison des plaies causées par ses armes dites critiques.


Joseph Marat

vendredi, 19 juillet 2013

Demandons pardon

Que le FPI ne veuille pas demander pardon et qu'il faille pour cela dissoudre ce parti politique ivoirien. J'avais voulu ne pas m'intéresser au sujet jusqu'à ce qu'il meure de sa belle mort. Mais je ne peux empêcher les amis d'exprimer leur indignation à chacune de nos rencontres. Depuis qu’Alassane Ouattara, devant des affidés, ne sachant plus ce que leur dire pour continuer à les impressionner, s'est indigné que le FPI ne veuille pas demander pardon au peuple de Côte d'Ivoire pour tout ce qui s'est passé, nombreux sont ceux qui ne dorment plus. Surtout quand un de ses suiveurs a donné quelques temps après le prolongement de la voix du maitre. Ils n’ont peut être pas tort. Ce monsieur a rendu ce pays ingouvernable après l’avoir annoncé tambour battant. Il pourrait bien dissoudre le FPI dont le père fondateur est pour lui un dictateur de la pire espèce qu'il n'a pas hésité à déporter dans une prison internationale. Devant cette énième provocation ou énième projet funeste de Ouattara les réactions officielles de mes compatriotes et surtout du FPI me laissent perplexes. Et je ne doute pas que la mienne les rendent encore plus triste. C'est pourtant ce que la sagesse recommande devant les brutes.
L'un des plus grands sages de notre humanité se nomme Jésus Christ. Il a été conduit à la croix pour des raisons aussi politiques que spirituelles. Il était encore sur cette croix quand il a crié au Père céleste de pardonner à celui qui lui transperçait, à l'instant les entrailles. Mais avant, ce monsieur a enseigné que si quelqu’un vous gifle sur la joue gauche tendez-lui la joue droite. C'est une illumination qu’Alassane Ouattara a eu en recommandant au Fpi de demander pardon au peuple ivoirien, en le menaçant même de le dissoudre s'il refuse de le faire.
Le peuple de Côte d'Ivoire souffre depuis plus de 20 ans. Il faut bien quelqu'un pour lui demander pardon de toutes ses souffrances. A qui va-t-il revenir cet honneur ? Qui a le cœur aussi pur que celui du Christ. Qui est capable d’une telle hauteur d'esprit ? Saluons plutôt la clairvoyance d'Alassane Ouattara que la transcendance utilise ici pour nous rappeler notre nature christique. Ne soyons pas offusqués parce qu'il n'y a que le FPI qui peut être capable d'une mission aussi noble pour panser quelque peu les plaies des Ivoiriens que les autres ne cessent d'ouvrir.
Demandons pardon aux Ivoiriens de n'avoir pas eu la force suffisante de protéger le rêve d'une Cote d'ivoire prospère que nous leur avons promis. Demandons pardon pour avoir cru que nous avions en face de nous des démocrates et que nous ayons baissé la garde devant des prédateurs sanguinaires. Demandons pardon aux ivoiriens parce que nous avons pris le risque de leur ouvrir les yeux, négligeant que les force rétrogrades tapies dans l'ombre comme des sorciers pouvaient surgir d'on ne sait d'où pour nous replonger dans le pire des ténèbres. Il faut demander pardon. Il n'y a pas de honte à reconnaitre sa faiblesse devant l'irruption de la force brutale et sauvage. Les ivoiriens sont murs politiquement. Ils savent ou se trouve les hommes politiques de valeur même quand ils sont à genoux.

Joseph Marat

A bas la démocratie

On commence certainement à oublier la braise de la Syrie. Il se passe maintenant des heures et mêmes des jours sans qu’on ne nous serve en boucle un décompte macabre des assassinats en Syrie. On a semble-t-il tiré le rideau. Bachar Al Assad peut mater sa rébellion tranquillement. Se sont-ils rendu compte de l'impasse ? Dans tous les cas les projecteurs sont désormais orientés vers l'Egypte. Les pyromanes ont depuis quelques temps un autre chat à fouetter. Il n'aime pas Morsi à la tête de l'Egypte. Il n'a pas été programmé par Big Brother. Une fois encore, comme en 2000 en Côte d'ivoire, la démocratie a encore fait des siennes.

On a provoqué la révolution. On s'est laissé entrainer au jeu de la démocratie. A la fin, celui qui sort du chapeau ne fait pas l'affaire. Il faut changer. Contre tout principe démocratique, on destitue Morsi. On se précipite, comme si on voulait atténuer l’effet de la bourde et maintenir le peuple dans son lit, pour former un gouvernement de transition qui se dote d'un programme rapide de sortie de crise. Rien n’y fit. Les pro-Morsi ont remplacé les anti-Morsi dans la rue. On a caller le monteur de la démocratie. Depuis lors l’armée d’Adly Mansour tire sur la population comme Assad sur le peuple Syrien. Le premier est totalement excusable. Il fait même bien parce que c’est le larbin oint par la communauté dite internationale. Et si on nous disait plus clairement : « désormais considérer que la démocratie ce n’est plus le pouvoir du peuple mais celui de la communauté dite internationale ». Cela aura l’avantage de mettre tout le monde d’accord sur le mode de fonctionnement de la gouvernance mondiale. Sinon, pourquoi ne pas laisser la démocratie s’autoréguler. Il faut laisser Morsi aller jusqu’au bout de son mandat.

A supposer que Morsi soit devenu très dangereux pour son peuple, même si de lui on n’a jamais entendu dire qu’il tire sur son peuple, pourquoi son éviction n'est-il pas applaudie? Pourquoi une liesse populaire n'accueille pas la nomination de Mansour et de Mohamed Elbaradei ? Pourquoi le changement crée-t-il autant de problèmes là où on a cru les résoudre. Ces questions relèvent, pour ma part, d'un peu de bon sens.

En Cote d'ivoire Laurent Gbagbo a appelé au recomptage des voix. Personne ne l'a écouté. Aujourd'hui ils prennent le calme naturel des ivoirien pour une victoire. Mouammar Kadhafi avait même finalement voulu qu'on vienne tranquillement instaurer la démocratie dans son pays. Ils ont fait comme s'ils ne l'ont pas entendu. En Syrie ils arment des terroristes contre un régime dit dictatorial, oubliant du coup que la fin ne justifie pas toujours les moyens. Et même si c'était le cas, où a-t-on vu le terrorisme conduire à la démocratie ? En fait ce concept de démocratie est-il encore une valeur en politique ?

Joseph Marat



Qu'est ce que la démocratie ?


A la suite de mes deux derniers aphorismes sur la crise égyptienne un lecteur qui m'est certainement proche m'a appelé pour me poser une question : « cher ami, qu'est ce que la démocratie ? » Passé l'effet de surprise, j'ai pris la mesure de la pertinence de la question. Avec tout ce qui se passe dans le monde autour de la notion de démocratie, il y a finalement de quoi avoir des doutes sur la véritable appréhension de ce concept. J'ai eu du coup une réminiscence du reste de mes connaissances bibliques. Face au Seigneur Jésus Christ qui affirmait sans sourciller « je suis le chemin et la vérité » Ponce Pilate qui avait quelques bribes de la philosophie de Protagoras avait eu cette boutade « qu'est-ce que la vérité ? ». Pour le puissant de ce moment, la vérité est tout au plus relative sinon elle n'existe pas. C'est cela que les puissants d'aujourd'hui, en dépit du discours ambiant, veulent nous faire comprendre a propos de la démocratie. Elle n'existerait pas ou si elle existait elle serait relative, fonction des peuples et cultures comme le dit Protagoras, la vérité serai relative à l'homme à sa sensibilités. De ce point vu des peuples seraient plus démocratiques que d'autres au point qu’ils s’autoriseraient à faire des leçons de démocratie aux autres quelquefois contre tout principe démocratiques.
Pourtant la démocratie est la notion la plus universelle et la plus simple possible qui soit. Au delà de l'interprétation étymologique qui la présente comme le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple, c'est avant tout un jeu, le plus sérieux pour réguler la coexistence pacifique des hommes. Comme tout jeu, elle a des règles qui se résument en un seul: le pouvoir du plus grand nombre durant les mandatures. Il suffit de se battre simplement pour ses règles pour en faire la promotion. Tous les conflits dans le monde sont dus à la volonté de la minorité à vouloir le pouvoir simplement sur la base de la force et du nombre.
Prenons l'exemple du football qui est jeu. Ce ne sont pas tous les buts qu'on accorde. Ce ne sont pas toutes les manifestions de rue qui attestent du nombre. Un arbitre dans son rôle de souverain du terrain, n'a pas le droit d'interrompre un match et déclarer une équipe vainqueur sur la base de son penchant. En 2010 Youssouf Bakayoko avait-t-il le droit de proclamer les résultats des élections sans un procès verbal de délibération confirmant sa comptabilité? Un match de foot dure 90 minutes et la coupe du monde se joue tous quatre ans. Et entre deux coupes aucun moyen n'existe pour denier la victoire au vainqueur de la finale jouée selon les règles de l'art. Un mandat reste un mandat. Il est réglé pour se renouveler. En dehors de la règle qui fixe sa longueur, tout renouvèlement est un vice, un coup d'Etat. Morsi est en cours de mandat, aucune règle démocratique ne le rend destituable. L'application stricte des règles de la démocratie peut amener les hommes à vivre dans un monde apaisé. Et sur la question tout peuple qui se prévaut d'en avoir le monopole au point de vouloir l'imposer aux autres montre par la même qu'il n'en a pas compris l'esprit. Il ne devrait pas avoir de plus grande priorité pour tout gouvernant dans le monde que d’enraciner les principes de la démocratie dans les mœurs de son peuple. Le reste relève de l’accessoires.

Joseph Marat

mercredi, 17 juillet 2013

La bouée de sauvetage appelée RHDP

Alassane ne cache plus son intention de se présenter aux élections présidentielles de 2015. C'est d'ailleurs la seule véritable bonne nouvelle pour lui qu'il se plait à distiller partout où il va. Comme s'il voulait se convaincre lui-même qu'il sera candidat une fois encore. Ca n'a pas été évident la première fois. Alors maintenant qu'il a tous les pouvoirs et vu l'état dans lequel il a mis la Constitution ivoirienne, Ouattara peut se présenter à toutes les élections en Côte d'ivoire. Nous prions chaque jour pour qu'il ait longue vie, il peut donc se présenter aussi à celle de 2020. Il n'y aura rien et il n'y aura personne pour oser lui tenir tête. Mais derrière la répétition de l'information de sa candidature, il ya un message subliminal que Ouattara envoie à ses partenaires d'hier. Ça peut toujours servir qu'ils prennent les mêmes dispositions surtout qu'il est convaincu qu'il gagnera ou il gagnera.
Mais, c'est là que l'obsession de cette candidature devient suspecte. Pourquoi Ouattara craint-il que ceux qui étaient prêts hier alors que ce n'était pas évident ne le seraient pas suffisamment aujourd'hui. En fait ils n'ont pas à prendre des dispositions particulières puisque le mentor a le vent en poupe. Les statistiques montrent qu'il gagne toutes les élections depuis qu'il est pouvoir. Pourquoi faut-il craindre qu'il ne gagne pas en 2015. Derrière cette agitation il ya la peur de ne plus en réalité avoir le même soutien qu'en 2010. Le capital soutien a été noyé dans un bilan politique inexistant. Peut-il encore compter sur la France de Sarkozy ? Apparemment non! Avec les casseroles qu'il traine aux pieds en France, ce dernier est loin d'être encore une référence pour candidat à une élection présidentielle. La communauté internationale à travers leur ONG n'ont pas vu en Ouattara le messie tant espéré. Leurs rapports sont de plus en acerbes à son égard et ils ont pris la mesure de ce que vaut l'homme.
On comprend aisément pourquoi l'homme tient à être le candidat de la coalition RHDP. Le RHDP qu'ils ont crédité de 60% de l'électoral ivoirien est plus crédible à représenter que le RDR qui ne cache plus son accointance avec l'ex-rébellion aux pratiques sanguinaires. Avec 60% de l'électorat au départ de la course, Ouattara peut justifier aisément auprès de ceux qui considère encore les nègres pour du bétail électoral qu'il ne peut pas ne pas gagner avec ce taux initial. C'est malin. Mais là encore pour avoir pratiqué le rattrapage ethnique au détriment de ses alliés du RHDP, le soutien ne semble pas être acquis. Ainsi va la Ouanttarandie. On prépare tranquillement l'explosion politique en 2015.

Joseph Marat

La révolte du fidèle

Le journal Aujourd'hui n'est pas un organe du PDCI RDA. Depuis deux jours en revanche, il se fait l’écho du ras-le-bol du président de la jeunesse dudit parti politique. Ce n'est pas, comme certains pourraient le croire, par calcul politicien. Nous ne partageons pas l'idéologie politique de KKB, mais les démocrates que nous sommes, avons toujours eu conscience que toute démocratie se nourrit de controverses. Et comme dans toute discussion, sans être d'accord on peut au minimum s'entendre sur les termes de référence. KKB est certainement le seul homme politique dans la coalition politique d'en face qui tient un discours que les ivoiriens comprennent sans forcement en partager tous les compartiments. Ce n'est pas la première fois qu'il parle. Il avait déjà fait une conférence de presse, il ya un an et demi, pour tenir dans la constance le même discours que les ivoiriennes comprennent. Nous avions salue en son temps la naissance d'un leader audible et démocratiquement crédible dans le magma d'en face. Souvenir : « Il en va de l'histoire des partis politiques comme de celle de tout organisme vivant. Avec le temps, elle s'enrichit d'expériences et grandit. Le PDCI, affublé du titre du plus vieux parti de Côte d'Ivoire et de l'un des plus importants d'Afrique, n'a pas beaucoup mûri depuis ces vingt dernières années. A force de louvoyer avec les principes politiques et à force de s'engager sur des voies douteuses par pure ambition personnelle de ses leaders, il a flétri comme une peau de chagrin et le voilà aujourd'hui pris dans le tourbillon de ses propres turpitudes. Qui l'eût cru ? Personne n'aurait jamais parié qu'un jour Kouadio Konan Bertin aurait tenu une conférence de presse à la maison du parti du PDCI, dans ce lieu quasi mythique de l'appareil politique, pour braver l'autorité d'Henri Konan Bédié. Pour les observateurs du marigot politique ivoirien, tout le monde peut s'opposer à Bédié au Pdci sauf KKB, reconnu pour son militantisme et surtout pour son attachement à la personne du ‘'sphinx'' de Daoukro. Mais pour peu qu'on ait une dose de bon sens politique, Kouadio Konan Bertin, qui n'est plus un néophyte en politique, pouvait-il continuer de laisser son parti couler chaque jour ? Sous la direction d'Henri Konan Bédié, le parti est passé de la première place à l'avant dernière position dans le carré d'as des partis politiques ivoiriens. Et rien ne semble annoncer la fin de la descente aux enfers. Le parti est complètement en hibernation s'il n'est quelque fois secoué pour être manipulé par le RDR dans une alliance de dupes. La démocratie se nourrit de la force, de la rigueur des démarches critiques et de la grandeur des partis politiques qui ne sont pas au pouvoir. C'était donc gênant pour tout démocrate de voir le Pdci s'aplatir complètement devant le Rdr et se contenter des strapontins que lui jette le pouvoir au détriment des véritables causes politiques. Nous saluons donc très bas le réveil de KKB qui en secouant le PDCI tel qu'il est aujourd'hui, nous donne l'occasion d'espérer au retour de la démocratie »


Joseph Marat

dimanche, 14 juillet 2013

Gbagbo est mon frère

L’un des faits marquant du déplacement d’Alassane Ouattara dans le nord de la Côte d’Ivoire a été sa rencontre avec la délégation des têtes couronnées venue de Gagnoa et conduite par le chef de village de Tchedjelet par ailleurs président du conseil des chefs de village dudit département. Quelque temps après, le chef Gbisié Lambert a accordé une interview à un organe de la place pour éclairer l’opinion quant à l’esprit de cette rencontre avec Alassane Ouattara dans le village de Kong. Un ami qui suivait tout cela à une bonne distance m’a appelé pour savoir si je suivais ce qui se passe. Pas l’événement du déplacement des parents de Gbagbo à Kong en lui-même, mais ai-je entendu Ouattara dire que Gbagbo est son frère ? Sur le coup on s’est demandé si cela n’était pas dû au fait qu’avec tout ce qui se passe et se dit, les mentalités ne seraient pas en train de changer chez les gens d’en face. Est-ce que Ouattara ne se serait pas finalement rendu compte que cela a été une erreur d’avoir pensé et agi comme s’il suffisait de déporter Laurent Gbagbo hors de la Côte d’Ivoire pour qu’elle se porte mieux ? Question de bon sens ! Est-ce que dans une famille, lorsqu’on voue un « frère » aux gémonies et qu’on finit par le déporter après l’avoir torturé, cette famille se porte-t-elle mieux ? Dans cette même logique de traintrain familiale, quand le mal est fait, quelle action mène-t-on pour ressouder les liens familiaux ? Se contente-t-on d’un verbiage creux autour de la notion de réconciliation ? Ouattara se croit-il vraiment à la tête d’un Etat-famille ou d’un Etat-colonie ? En reprenant les propos du chef Gbisié pour dire que Gbagbo est son frère, Alassane Ouattara a dû, l’instant d’un moment, percevoir l’esprit de la loi fondamentale qui interdit d’assigner tout Ivoirien à l’exil.
Après ces observations peut-on encore reprocher au chef Gbisié d’avoir trahi la cause du président Laurent Gbagbo ? La question mérite d’être posée parce que son interview après cette rencontre avec Ouattara est une explication-justification. Il faut se rendre à l’évidence qu’il n’en avait pas besoin parce qu’il a agit et parlé comme un véritable chef. Le chef c’est celui qui est capable de voir l’intérêt général surtout quand la vision est brouillée par ce qui est appelé aujourd’hui rattrapage. Un chef c’est celui qui est capable de voir la fraternité dans la diversité des hommes. Un véritable chef c’est celui qui écoute la raison et non la passion. Contrairement à ceux qui ont lu Malaparte et qui ont pris des armes pour balafrer la société ivoirienne et asseoir une politique plus exclusionniste, Gbisié Lambert, en homme responsable, est seulement allé rappeler à Ouattara et Soro Guillaume que nous sommes des frères. Un seul regret, ce chef bété a-t-il trouvé oreilles attentives ?

Joseph Marat