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jeudi, 01 août 2013

On continue de traquer pensées et penseurs

Un ami qui me fait l’honneur de revisiter mes aphorismes ne me lâche pas depuis un moment pour que j’enrichisse l’un d’entre eux qui l’a particulièrement marqué. Il trouve que ce que je disais à l’époque est tellement d’actualité que c’est plus que jamais le moment de le reprendre en mettant le doigt sur les occurrences de l’actualité qui l’illustrent. Il n’a pas tort. Mais j’ai bien envie de lui dire que c’est ce je fais tous les jours quand je m’assoie devant mon écran d’ordinateur pour dénoncer les dérives du régime Ouattara. C’est le titre « Est-ce qu’on pense ? » qui n’est pas repris chaque fois, sinon dans ce pays, la tête refuse de penser. Je crois même que le régime s’organise pour mener une lutte farouche contre tous ceux qui essaient de penser. Nous sommes dans la caverne et le philosophe est ostracisé là où il aurait fallu solliciter sa lumière. On ne cite pas ses contemporains, mais entre nous, dans un pays où le cercle de la pseudo-réflexion est animé par Kandia Camara, Cissé Bacongo, Ahmed Bakayoko, Guillaume Soro, issiaka Ouattara, Koné Zakaria et j’en passe…peut-il y avoir une place pour la pensée. Mêmes les Yacouba Konaté et Abou Karamoko qui pouvaient sauver l’honneur d’animer des contradictions bancales pour mériter leur salaire sont devenus inaudibles devant le vacarme de l’idiotie. Y a-t-il encore des débats contradictoires sur TCI…pardon RTI ?
Je n’irai pas loin parce qu’avec ce régime les faits de la non-pensée ne se cherchent pas. On y est tellement englué qu’on deviendrait maniaco-dépressif à vouloir dénoncer toutes les incongruités de la Ouattarandie. Tenez, une campagne associant spots télévisés et messages bidons sur des panneaux publicitaires, sensée sensibiliser les ivoiriens sur la corruption a été épinglée par les confrères comme l’un des plus grand faits de corruption des 20 dernières années de la Côte d’Ivoire. Plus de 81 milliards de surfacturation pour dire halte à la corruption. En clair, la structure que dirige Méité Sindou pour sortir le pays de la corruption s’en est fait le champion. Voilà comment on refuse de penser pour laisser toutes la place à la danse du vendre. Mais au-delà de ce qui pour moi est un niveau déjà inadmissible de corruption par un organisme censé la combattre, je vois un véritable scandale politique qui consiste à détourner notre conscience du véritable mal qui a totalement délitée notre société. L’un des messages de Meité Sindou dit ceci : «J’ai institué le racket, ça a tué mon fils. » Apparemment ce n’est pas le fruit d’une pensée. Il n’y aucun rapport entre la perte d’un fils et le racket qui est d’ailleurs loin d’être une institution. C’est un mal qu’on ne saurait instituer. Un de mes maîtres me disait que la corruption est l’huile du moteur administratif. Sans cautionner la pratique, ce n’est pas la forme de corruption que veut dénoncer ici Meité Sindou qui ruine un Etat. Cela pourrait même servir l’effet contraire parce que je ne pense pas que le volume de petites monnaies qui circulent dans la société moyenne ivoirienne soit vraiment ruineux au point de détourner 81 milliards pour en parler. Si Méité veut vraiment sensibiliser sur la bonne gouvernance, qu’il s’adresse à ceux qui ont introduit des armes non conventionnelles en politique et qui usent de force pour détourner tout le budget d’un Etat en gouvernant par ordonnance et en dévoyant les lois de passation de marchés publics. Pour cela, Méité Sindou n’a pas besoin de débourser un rond, il n’a qu’à actionner la justice et en plus il les connait tous. Ils n’ont rien avoir avec des anonymes pleurant sur des pancartes.

Joseph Marat

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