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vendredi, 16 août 2013

Allons-nous revivre 2010 en 2015 ?

Allons-nous revivre 2010 en 2015 ? Les puristes de l’histoire diront non. Le temps passé ne revient plus. Un philosophe de l’antique Grèce a pu dire en substance qu’il est impossible à un homme de se baigner deux fois dans la même rivière. Le devenir ou l’histoire est irréversible. Même si les sages de l’histoire sont tous d’accord pour dire qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil et que la plus grande leçon de l’histoire des hommes est une succession des événements qui ont déjà pris date quelque part dans l’espace et le temps. Et si pour guérir le mal ivoirien, pour réparer le dérèglement sociopolitique dans lequel nous sommes depuis quelques temps, il fallait réinitialiser l’androïde politique de la Côte d’Ivoire ? C’est l’impression que m’ont laissée deux amis avec qui j’ai longuement échangé au cours des deux derniers jours qui viennent de s’écouler.
Le premier a bénéficié d’une audience du président Affi NGuessan. J’avais déjà noté la nuance que le président du FPI ne se sentait pas du tout en liberté provisoire, mais en liberté tout court et que son premier discours à sa sortie de prison n’était en rien différent de celui qui l’y conduisit. Mon ami est venu ajouter à mes certitudes que le président du parti de Laurent Gbagbo s’était bonifié. Il l’a trouvé jovial, très en forme avec des idées politiques encore plus percutantes et plus ouvertes. En somme, les deux ans de répression et d’encasernement de l’homme ont simplement servi à affaiblir ses ennemis d’en face. C’est cet Affi qui sort de prison que le pouvoir de Ouattara, pour sa survie, devrait incarcérer et non libérer. J’ai simplement ajouté que les quatre murs de la prison ont souvent servi, dans l’histoire de la politique, à forger des grands hommes et que le régime actuel ne s’est pas seulement sabordé, il a rendu un énorme service à la Côte d’Ivoire en faisant vivre l’expérience de Mandela à un grand nombre de nos valeurs politiques. N’avons-nous pas l’impression de respirer l’air des années 90. Nous attendons seulement le retour du Woody de Mama pour revivre la renaissance de 2000.
Le second, un militant PDCI, ami des années de braise universitaires, m’a confié sur un ton de confidence que le plus grand des ennemis de Ouattara reste toujours Henri Konan Bedié. J’avoue que j’ai marqué ma surprise parce que nous sommes tous sans ignorés que l’un des derniers combats de ce dernier est de livrer sa troupe, mains et pieds liés, à celui qui veut être le seul candidat du RHDP en 2015. Il me reprend et m’explique que la jurisprudence de Tia Koné rend Ouattara inéligible en 2015. Ce dernier sortira donc le traité de Marcoussis selon le principe de la prévalence des textes internationaux sur les textes nationaux pour se constituer un bétail électoral (suivez mon regard) et vouloir rempiler. C’est alors que le vieux rusé, qui cache bien son jeu, lui rappellera que le même Marcoussis avait fait sauter les clauses de l’âge et rendu tout le monde éligible. Il va donc susciter sa candidature au sein de son parti au moment venu. Je réplique que si nous devons ressusciter Marcoussis, peut-il y avoir élection présidentielle apaisée ou réparatrice sans Laurent Gbagbo ? Mon ami PDCI me répond calmement que c’est pourquoi l’Homme de le Haye sera déjà Mama. Vous comprenez aisément pourquoi je pense que nous allons revivre 2010 en 2015. Cette fois avec le recomptage des voix pour ne pas faire mentir Héraclite et Dieu qui répare toute chose en son temps.

Joseph Marat

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