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jeudi, 22 août 2013

Empêcher le président Gbagbo de rentrer au pays

Quelques fois tu ne peux t’empêcher d’écouter aux portes. Il arrive que pendant que tu passes devant la porte, tu entends parler d’un sujet d’une très haute importance. La curiosité est humaine. Elle est même recommandé sur certains sujets parce qu’elle est source de progrès. Hier, j’étais simplement passant devant un kiosque à journaux quand, dans une posture décalée, j’entendais deux de mes compatriotes deviser. Je n’ai pas eu à faire un effort particulier pour ouïr dire ceci : « lui-là, ils vont le libérer, mais il ne reviendra pas ici !» Vous avez certainement deviné qui sont ceux qui parlent et de qui ils parlent. Devant l’évidence de la libération prochaine du président Laurent Gbagbo, nos amis d’en face essaient de se construire une morale. Ils ne sont plus surs que Laurent Gbagbo est un criminel. Leur doute s’est mué en certitude mais ils ont encore du mal à l’avouer. Laurent Gbagbo est innocent, mais il n’est pas facile pour eux de se départir du poids du mensonge qu’on leur a habitué à porter quotidiennement. L’adage qui dit qu’on ne montre pas son village avec la main gauche prend ici tout son sens. Ils n’osent pas reconnaitre qu’on leur a constamment menti. Que leurs responsables politiques sont maîtres dans l’art de distiller des contre-vérités. Aussi sont-ils dans une sorte de conversion difficile qui veut recouvrir de valeur héroïque le fait d’interdire à Laurent Gbagbo d’avoir accès à son pays. Au lieu de désavouer leurs dirigeants politiques, ils vont essayer, comme des êtres automatisés, de les accompagner dans une autre voie qui ne peut être autre qu’insensé. Si le président Gbagbo est encore en prison, c’est parce que les négociations achoppent justement sur sa volonté de rentrer dans son pays. S’il est donc libérer, c’est pour rentrer chez lui et non trouver que les murs de l’exil sont mieux que ceux de la CPI. Pour les puristes de la liberté comme la première valeur à défendre par les hommes, ne pas pouvoir rentrez chez soi est le pire des enfermements. Et les constitutionnalistes ivoiriens ont eu le nez creux en interdisant l’exil des ivoiriens. Alors, que ceux qu’on ne reconnaît que par leur propension à souhaiter et à violer constamment la loi fondamentale ivoirienne se le tiennent pour dit : Laurent Gbagbo à la CPI, lutte comme toujours, pour sa liberté et le respect de son peuple à travers sa Constitution et non pour un exil, même doré. Ce monsieur est reconnu pour laisser la fascination matérielle à ses adversaires politiques. En définitive, je me suis dis une seule chose : ils ne savent pas de qui et de quoi ils parlent. Il n’y a pas longtemps, Laurent Gbagbo sortait des décombre d’un bombardement assassin justement parce qu’il refusait de renoncer aux valeurs auxquelles il tient pour le salut des peuples opprimés. Vers la fin, j’ai été traversé par un sentiment de commisération. Ils sont victimes de la culture de l’obscurantisme politique dans un parti qui jure constamment avec la morale politique.

Joseph Marat

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