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jeudi, 22 août 2013

Forcement ridicule

Je comprends désormais pourquoi le président Laurent Gbagbo s’est toujours battu contre tous les courants de provocations et même de délits avérés pour éviter de mettre ses adversaires politiques en prison. Au contraire, quel que soit ce qui les poursuit et ce qu’il a contre eux comme dossier de compromission, il les a invités sur la table de discussion. « Asseyons nous et discutons ». Il était convaincu que c’est en discutant avec eux qu’ils paieraient leurs crimes. Les mettre en prison aurait été une sorte d’absolution pour ceux qui rusent avec la volonté du peuple et trouvent dans la haute trahison de l’Etat leur unique apport à la communauté. Laurent Gbagbo avait compris que le peuple n’oublie pas les salissures que les hommes politiques accumulent au cours de leur parcours et qu’il suffisait de les mettre en prison pour les laver, les blanchir. Il en aurait fait des martyrs. Il deviendrait facile d’oublier leur crime contre l’Etat. C’est pourquoi durant les 10 ans de sa gouvernance, il a évité de mettre ses opposants en prison. Pourtant, Dieu seul sait le nombre de casseroles qu’ils traînent aux pieds. Le pire d’entre eux se nomme Soro Guillaume. Il en a fait un premier ministre alors qu’il aurait pu s’entêter à le poursuivre pour tous ses crimes de guerre, crimes économiques avec les casses des agences de la BCEAO et le détournement des recettes douanières et fiscales des zones CNO. Aujourd’hui, cet homme, malgré toutes les justifications et gesticulations dignes d’un damné, arrive difficilement à se positionner comme une alternative politique en Côte d’Ivoire. Nuance, il peut toujours y arriver, mais jamais avec la caution d’un peuple conscient des valeurs sociétales.
Dès son ascension au pouvoir, Alassane Ouattara a mis tous ses opposants en prison pour assouvir un soi-disant sentiment mesquin de vengeance politique. Il a prétendu pendant longtemps que c’est avec lui que l’impunité allait prendre fin en Côte d’Ivoire. Il a transféré le chef de l’Etat en exercice dans une prison internationale et enfermé tous ses partisans dans des goulags au nord du pays en promettant des procès équitables. On passe sur les tortures, exil, et mort pour gèle de leurs avoirs… On a rarement vu un homme politique faire preuve d’autant d’inhumanité, sans tact, avec ceux qu’il considère lui-même comme représentant plus de 46% de la population qu’il gouverne.
Aujourd’hui, après trois ans d’une politique inouïe de répression, Alassane Ouattara est obligé d’ouvrir ses prisons sans jamais avoir organisé un seul procès. Il avale actuellement comme une pilule amère son projet d’impunité zéro au point de s’étrangler. Y’a-t-il un honneur, pour un souverain de se faire tordre le bras au point où il est obligé de se déculotter devant son peuple en reniant ses propres principes ? J’ai compris cette amie qui a failli s’étrangler de rire quand elle a lu dans Le Patriote, le seul organe de presse censé transcrire des discours cohérents sur la politique de Ouattara, cette réponse de Tapé Doh : « Vous savez, moi je tiens à remercier le président de la République. Parce que ce qu’il a promis, il l’a fait. Moi, j’appelle ça un homme, au sens noble du terme. Il a dit qu’il voulait que la justice fasse vite pour que ceux qui sont en prison soient jugés. Eh bien, c’est chose faite. »

Joseph Marat

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