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vendredi, 30 août 2013

Clash ou non au PDCI

Un sage qui suit avec une attention particulière les changements de la vie politique ivoirienne m’a envoyé un courriel pour me dire de faire attention à ce qui se passe au PDCI. Djédjé Madi pourrait créer la surprise en donnant un coup de patte dans la fourmilière et transformer le visage politique de la Cote d’Ivoire en récupérant la tête du vieux parti de Félix Houphouët Boigny. C’est ce qu’il ajoute qui me surprend. Djédjé Madi est un Gbagbo de droite. Alors je réponds ceci « Quoi que Djédjé Madi ait fait ou dit au PDCI, je reste un spectateur froid des mouvements dans ce parti. Il a une idéologie qui m'amène toujours à regarder avec circonspection tous ses animateurs. Tu comprends que je suis de gauche et il faut plus pour m'impressionner. Je salue le réveil tardif de Djédjé Madi parce qu'il n'est jamais trop tard pour bien faire, mais je reste froid parce qu'il n'y a pas que la stratégie en politique, il y a surtout la conviction en des valeurs républicaines. C'est en cela qu'il nous faut arrêter de comparer Madi à Gbagbo. Même si c'est pour dire qu'il est de droite. Les deux sont peut-être de grands stratèges. Le premier est par contre un opportuniste notoire. Je ne pense pas qu'il puisse prospérer avec sa stratégie actuelle dans ce parti où les opportunistes qui réussissent foisonnent ». Il m’a relancé, cette fois au téléphone pour dire qu’un intellectuel doit avoir l’esprit ouvert et éviter de s’enfermer dans une idéologie. Il n’a pas tort. Je me souviens que je n’ai pas pu lui dire la raison profonde, pratiquement freudienne, qui justifie mon attitude. Comme un phénoménologue sceptique je suis toutes les gesticulations de KKB à qui vient de s’ajouter le SG Djédjé Madi avec sa déclaration de candidature à la présidence du PDCI. Je reste mesuré en leur capacité à produire un véritable séisme dans la maison de Bédié. Je trouve même que nous assistons à une sorte de duplicité de la part des responsables de ce parti pour ne pas assumer le bilan de la gouvernance du RHDP et continuer à rester dans le jeu malgré l’échec patent de leur alliance au pouvoir. Ils ne nous ferons pas croire qu’on ne leur a pas dit qu’ils s’engageaient à s’asseoir à la table du diable. Je refuse d’être naïf pour ne pas croire que le patron du directoire du RHDP et l’un des gladiateurs de la campagne de Ouattara en 2010 se sont subitement senti interpelés par le salut de la République. Les ivoiriens aujourd’hui n’ont qu’une seule alternative c’est le retour du FPI au pouvoir. Je me garde donc d’écouter le chant des sirènes qui ont, en leur âme et conscience, embarqué ce pays dans une aventure aveugle et qui veulent, pour les mêmes intérêts mesquins de positionnement personnel, reprendre la main en faisant croire au peuple qu’ils ne sont plus les suiveurs de Bédié.
Ce qui, par contre me montre que, Bédié a désormais du mal à tenir ceux qui le suivent, c’est la sortie de Georges Ouégnin. Sur lui j’ai reçu l’information suivante de la part d’un ami qui le connait bien : « Georges Ouégnin (le cacique des caciques) est sortir du bois distiller les secrets qu'il voulait garder à jamais. (N'est-ce pas Georges Ouégnin qui déclarait à Jeune Afrique en 2002 qu'il n'écrirait pas le livre de ses mémoires de son vivant, car s'il parle ou écrit, il allait se faire encore des ennemis, et surtout, il allait perdre les amis qui lui restent encore.) Georges Ouégnin est un homme assez lucide. Mais il y'a des moments de l'histoire où il faut sortir du bois ! Et il le fait avec un certain doigté. » Cette information m’a conduit à lire la réplique du célèbre diplomate à ses détracteurs. J’avoue que Georges Ouégnin a eu de la répartie dans ce texte qui pour moi est le véritable signe du malaise au PDCI. La principale leçon de cette sotie est simple : c’est Bédié le véritable problème du parti et de ce pays. Il doit dégager. C’est alors que je me suis souvenu de cette conversion que j’ai eue avec un bédiéiste fanatique. Il m’a sorti l’idée que Bédié est un homme qui lit beaucoup. Je n’ai pu réagir en conséquence parce que comment apporter la preuve du contraire. Ce sont les révélations que Georges Ouégnin fait dans cette introduction à ses futures mémoires qui me convainquent que Bédié ne saurait lire des tonnes de bouquins ou bien ses lectures ne sont pas sérieuses. S’il lisait des livres sérieux, il aurait perçu dans la génuflexion de Ouégnin le condensé d’un message politique capital dans conduite des affaires d’un Etat comme la Côte d’Ivoire. Lorsqu’on hérite d’un chef de protocole comme lui, à la limite, on fait l’économie de certaines lectures, il suffit simplement de cultiver l’écoute pour apprendre. Je ne connais pas particulièrement cet homme qui est pratiquement devenu un mythe dans ce pays, mais je pense qu’on ne peut avoir été le chef de protocole, les yeux et les oreilles, pendant trois décennies de Félix Houphouët Boigny, un homme d’Etat qui a façonné quoi qu’on dise, l’être Ivoirien, sans être une bibliothèque vivante des connaissances politiquement utiles sur la côte d’Ivoire. Il faut être Bédié pour faire dire à Georges Ouégnin ce qui suit : « Si mes supplications avaient de l’effet sur M. Henri Konan Bédié, il n’y aurait jamais eu le 24 décembre 1999 et la Côte d’Ivoire aurait fait l’économie de toutes les meurtrissures, toutes les haines, tout le sang du peuple ivoirien versé inutilement depuis la disparition du père fondateur, Félix Houphouët Boigny. Je n’en dirai pas plus… » La suite du texte est même une menace directe. Alors quand le diplomate délaisse ainsi gants et pommade pour retrousser les manches, il faut comprendre que le malaise est profond au PDCI. Ce n’est pas parce que nous vouons un culte particulier au chef de protocole d’Houphouët que nous le distinguons des KKB et Djédjé Madi, qui font pire, mais ce monsieur qui a servi tous les régimes jusqu'à la plaie de Gbagbo avec la même constance nous a permis de prendre la mesure de la loyauté et du silence autour des secrets et convictions personnelles à un certain niveau de responsabilité étatique. Sous réserve du contenu des déballages qui vont suivre, je pense qu’il faut être politiquement nul pour ne pas profiter de lui et le pousser à trahir ses propres principes.

Joseph Marat

mardi, 27 août 2013

Gbagbo est un monument pour eux

Je m’en souviens comme si c’était hier de ce grand moment de télévision en 2003, au lendemain du sommet de Kleber qui jouxtait la table ronde de Marcoussis. Je me souviens de Laurent Gbagbo dans le rôle magistral qu’on lui connait dans l’histoire de notre jeune nation. Ce soir là, Il lui fallait convaincre le peuple de Côte d’Ivoire de faire asseoir sur sa table de conseils des ministres des gens comme Koné Mensamba, Tuo Fozie, des roturiers de l’armées rebelles, Konaté Sidiki, un bagagiste dont l’opportunisme se devine derrière le métier de manœuvre et un certain Soro Guillaume dont on se souvenait difficilement avoir une autre ligne sur son CV qu’une probable licence d’anglais et un titre de chef rebelle. J’avoue, avec du recul, que c’était une véritable gageure parce qu’il fallait à la fois baisser la tension politique et faire admettre à des citoyens qui aspirent à la civilisation qu’ils devraient accepter, pour la paix, la déplanification de leur Etat. Laurent Gbagbo a parlé pendant une heure au peuple de Côte d’Ivoire et il est parvenu à faire atterrir l’avion des rebelles à l’aéroport Félix Houphouët Boigny de Port-Bouët. J’étais encore plus jeune et révolté. J’avais même toutes les raisons de me rebeller contre mon pays parce qu’aucune des promesses de l’Etats, à mon égard, n’avait encore eu aucun début de réalisation. J’étais plus avancé, dans mes études, que Soro Guillaume, mais prendre les armes contre la mère patrie ne m’a jamais traversé l’esprit. J’étais à juste titre dans le même état d’esprit que la plupart des jeunes de mon âge parce que nous savions que notre continent a un si grand fossé de retard parce que certains africains se prennent un peu trop souvent pour des "vikings", les hommes de la préhistoire européenne. Et ils se complaisent dans le confort de l’idée qu’ils ont, eux aussi, leur préhistoire à parcourir au moment où la planète se transforme en un village. Nous étions donc dans la plupart des cas des révoltés, des rebelles parce que nous en voulions non pas à notre pays mais un système néocolonial deshumanisant. De là, il n’y a qu’un pas pour dire que nous étions en majorité des pro-Gbagbo qui, les mains nues, ont affronté la soldatesque de Robert Guéi pour qu’advienne un démocrate à la tête de la Côte d’Ivoire. Ce soir-là, malgré nous, nous avons eu un regain d’admiration pour la stature politique de Laurent Gbagbo qui nous a fait voir l’intérêt général et la complexité de la raison d’Etat qui fait souvent des compromissions des passage obligés. Même certains opposants n’ont pas manqué d’avouer qu’ils avaient en face d’eux un animal politique qui venait de retourner à son avantage un coup mortel de l’impérialisme.
Aujourd’hui, ceux qui ne cessent pas de s’essayer à la politique, parce qu’ils ont mal appris le métier, veulent faire comme lui. Mais quand ils l’ouvrent c’est la catastrophe. J’avais déjà dit ici, dans ma position d’observateur lointain que le déplacement et le discours de Soro Guillaume à Gagnoa étaient nuls sur l’échelle de la réconciliation nationale. C’est Boga Sivori, journaliste à Notre Voie par ailleurs chef d’un des villages de Gagnoa, membre actif du comité d’organisation de la réception de Soro qui nous dit que, pire, Soro Guillaume a carrément insulté le peuple de Gagnoa. On peut dire qu’on savait déjà cela. Mais c’est la réplique de Soro à travers son chargé de communication Touré Moussa qui nous révèle à quel niveau nous sommes descendus dans le choix, si choix il y a, de nos hommes politiques.
Moussa dit, dans une interview qu’il accorde à Soir Info du mercredi 21 aout dernier, qu’il est étonné que le citoyen Boga Sivori soit déçu de Soro Guillaume. Les raisons qu’il avance sont les suivantes : « je trouve étonnant ce sentiment de déception. Boga est-il déçu parce que le Pan (président de l’assemblée nationale) va construire une école primaire à Gnagbodougnoa, qu’on ait réparé le château d’eau de Kpogroblé ? (…) Nous sommes déçus de Boga Sivorii. C’est lui qui a insisté auprès du Pan pour qu’il se rende dans le Gôh. Boga à la tête d’une délégation de chefs, a fait savoir que si Guillaume ne se rendait pas Gagnoa, ils auront honte. (…) il a demandé, pour la mobilisation sur le terrain des moyens financiers et matériels qui lui ont été remis. C’est lui qui a dit à Guillaume Soro que Danon Djédjé a donné des consignes dans trois villages pour qu’on l’empoisonne…il nous a fait savoir qu’il était menacé par les responsable du Fpi et que malgré ces menaces, il était déterminé à faire en sorte Soro se rende dans le Gôh. Selon ses propres termes, le FPI est un parti totalitaire et que lui ira jusqu’au bout » Avec des insinuations dignes d’un commérage de ménagère, y a-t-il une autre façon plus indigne de vouloir descendre quelqu’un ou de le livrer à la vindicte populaire pour avoir exprimé un sentiment de déception ? Quand on sait comment Soro Guillaume et ses hommes sont arrivés à la tête de l’Etat, on n’est pas surpris qu’ils prennent une opinion pour un délit tellement grave qu’il faille passer son auteur aux armes.
Dans une conversation froide avec mon ami de tous les jours, nous sommes allés au-delà de cet objectif d’extermination de Boga Sivori pour faire une psychanalyse de la génération des politiciens datant de la rébellion de Soro Guillaume. La région du Gôh n’est pas en sécession, pourquoi y construire une école, y réparer un château d’eau et mobiliser des moyens matériels de l’Etat pour s’y rendre, devraient conduire quelqu’un à s’asseoir sur son opinion ? Ont-ils pris les armes et le pouvoir pour que les ivoiriens perdent leur liberté d’expression en échange de ce qui leur revient de droit dans un Etat soi-disant normal ? A travers cette sortie de Touré Moussa, on devine nettement cette mentalité d’esclavagistes africains qui dans le commerce des esclaves livraient les leurs en échange de miroiteries, camelotes et pacotilles. C’est toute la quintessence du néocolonialisme. Et Touré Moussa pense que ce qui est valable pour lui dans son rapport avec les puissances prédatrices devrait l’être pour Boga Sivori. Il devrait se taire sur la misère de son peuple et sur la division de la société ivoirienne parce qu’il a reçu des sous pour mobiliser ses frères et recevoir Soro Guillaume. Bago Sivori est déçu, avons-nous fini par conclure, parce qu’il a cru naïvement que Soro Guillaume était de la dimension de ces grands hommes politiques (puisqu’il se promène dans leurs habits) qui soignent la souffrance de leur peuple rien qu’avec la parole. Le journaliste-chef de village a cru que Soro, loin des discours démagogiques, pouvait faire voir l’intérêt général au peuple bété et les soulager de la douleur qui serre leur cœur depuis septembre 2002. Il était loin de penser qu’on viendrait infecter leurs plaies…les narguer et montrer la profondeur du vide depuis que Laurent Gbagbo est à la Haye.

Joseph Marat

jeudi, 22 août 2013

Forcement ridicule

Je comprends désormais pourquoi le président Laurent Gbagbo s’est toujours battu contre tous les courants de provocations et même de délits avérés pour éviter de mettre ses adversaires politiques en prison. Au contraire, quel que soit ce qui les poursuit et ce qu’il a contre eux comme dossier de compromission, il les a invités sur la table de discussion. « Asseyons nous et discutons ». Il était convaincu que c’est en discutant avec eux qu’ils paieraient leurs crimes. Les mettre en prison aurait été une sorte d’absolution pour ceux qui rusent avec la volonté du peuple et trouvent dans la haute trahison de l’Etat leur unique apport à la communauté. Laurent Gbagbo avait compris que le peuple n’oublie pas les salissures que les hommes politiques accumulent au cours de leur parcours et qu’il suffisait de les mettre en prison pour les laver, les blanchir. Il en aurait fait des martyrs. Il deviendrait facile d’oublier leur crime contre l’Etat. C’est pourquoi durant les 10 ans de sa gouvernance, il a évité de mettre ses opposants en prison. Pourtant, Dieu seul sait le nombre de casseroles qu’ils traînent aux pieds. Le pire d’entre eux se nomme Soro Guillaume. Il en a fait un premier ministre alors qu’il aurait pu s’entêter à le poursuivre pour tous ses crimes de guerre, crimes économiques avec les casses des agences de la BCEAO et le détournement des recettes douanières et fiscales des zones CNO. Aujourd’hui, cet homme, malgré toutes les justifications et gesticulations dignes d’un damné, arrive difficilement à se positionner comme une alternative politique en Côte d’Ivoire. Nuance, il peut toujours y arriver, mais jamais avec la caution d’un peuple conscient des valeurs sociétales.
Dès son ascension au pouvoir, Alassane Ouattara a mis tous ses opposants en prison pour assouvir un soi-disant sentiment mesquin de vengeance politique. Il a prétendu pendant longtemps que c’est avec lui que l’impunité allait prendre fin en Côte d’Ivoire. Il a transféré le chef de l’Etat en exercice dans une prison internationale et enfermé tous ses partisans dans des goulags au nord du pays en promettant des procès équitables. On passe sur les tortures, exil, et mort pour gèle de leurs avoirs… On a rarement vu un homme politique faire preuve d’autant d’inhumanité, sans tact, avec ceux qu’il considère lui-même comme représentant plus de 46% de la population qu’il gouverne.
Aujourd’hui, après trois ans d’une politique inouïe de répression, Alassane Ouattara est obligé d’ouvrir ses prisons sans jamais avoir organisé un seul procès. Il avale actuellement comme une pilule amère son projet d’impunité zéro au point de s’étrangler. Y’a-t-il un honneur, pour un souverain de se faire tordre le bras au point où il est obligé de se déculotter devant son peuple en reniant ses propres principes ? J’ai compris cette amie qui a failli s’étrangler de rire quand elle a lu dans Le Patriote, le seul organe de presse censé transcrire des discours cohérents sur la politique de Ouattara, cette réponse de Tapé Doh : « Vous savez, moi je tiens à remercier le président de la République. Parce que ce qu’il a promis, il l’a fait. Moi, j’appelle ça un homme, au sens noble du terme. Il a dit qu’il voulait que la justice fasse vite pour que ceux qui sont en prison soient jugés. Eh bien, c’est chose faite. »

Joseph Marat

Empêcher le président Gbagbo de rentrer au pays

Quelques fois tu ne peux t’empêcher d’écouter aux portes. Il arrive que pendant que tu passes devant la porte, tu entends parler d’un sujet d’une très haute importance. La curiosité est humaine. Elle est même recommandé sur certains sujets parce qu’elle est source de progrès. Hier, j’étais simplement passant devant un kiosque à journaux quand, dans une posture décalée, j’entendais deux de mes compatriotes deviser. Je n’ai pas eu à faire un effort particulier pour ouïr dire ceci : « lui-là, ils vont le libérer, mais il ne reviendra pas ici !» Vous avez certainement deviné qui sont ceux qui parlent et de qui ils parlent. Devant l’évidence de la libération prochaine du président Laurent Gbagbo, nos amis d’en face essaient de se construire une morale. Ils ne sont plus surs que Laurent Gbagbo est un criminel. Leur doute s’est mué en certitude mais ils ont encore du mal à l’avouer. Laurent Gbagbo est innocent, mais il n’est pas facile pour eux de se départir du poids du mensonge qu’on leur a habitué à porter quotidiennement. L’adage qui dit qu’on ne montre pas son village avec la main gauche prend ici tout son sens. Ils n’osent pas reconnaitre qu’on leur a constamment menti. Que leurs responsables politiques sont maîtres dans l’art de distiller des contre-vérités. Aussi sont-ils dans une sorte de conversion difficile qui veut recouvrir de valeur héroïque le fait d’interdire à Laurent Gbagbo d’avoir accès à son pays. Au lieu de désavouer leurs dirigeants politiques, ils vont essayer, comme des êtres automatisés, de les accompagner dans une autre voie qui ne peut être autre qu’insensé. Si le président Gbagbo est encore en prison, c’est parce que les négociations achoppent justement sur sa volonté de rentrer dans son pays. S’il est donc libérer, c’est pour rentrer chez lui et non trouver que les murs de l’exil sont mieux que ceux de la CPI. Pour les puristes de la liberté comme la première valeur à défendre par les hommes, ne pas pouvoir rentrez chez soi est le pire des enfermements. Et les constitutionnalistes ivoiriens ont eu le nez creux en interdisant l’exil des ivoiriens. Alors, que ceux qu’on ne reconnaît que par leur propension à souhaiter et à violer constamment la loi fondamentale ivoirienne se le tiennent pour dit : Laurent Gbagbo à la CPI, lutte comme toujours, pour sa liberté et le respect de son peuple à travers sa Constitution et non pour un exil, même doré. Ce monsieur est reconnu pour laisser la fascination matérielle à ses adversaires politiques. En définitive, je me suis dis une seule chose : ils ne savent pas de qui et de quoi ils parlent. Il n’y a pas longtemps, Laurent Gbagbo sortait des décombre d’un bombardement assassin justement parce qu’il refusait de renoncer aux valeurs auxquelles il tient pour le salut des peuples opprimés. Vers la fin, j’ai été traversé par un sentiment de commisération. Ils sont victimes de la culture de l’obscurantisme politique dans un parti qui jure constamment avec la morale politique.

Joseph Marat

dimanche, 18 août 2013

Le pardon de Soro à Gagnoa

J’irai de considérations éparses qui, lorsqu’elles engendrent la méditation montrent à quel point la communication est brouillée dans notre perception du vivre ensemble, dans notre volonté d’aller à la réconciliation, ce qui, pour moi dans un Etat moderne, ne renvoie pas à tout le folklore qu’on voit. La couverture d’un journal fait dire ceci à un prélat : « Il ya des personnes qui continuent d’appeler leur frères "rebelles" ». La question à celui qu’on appelle couramment «Homme de Dieu » est la suivante : « Mon Père, me conseillez-vous de me mettre à mentir si le frère en question n’a pas cessé d’être un "rebelle" ?». Hier matin sur une radio chrétienne, un pasteur, cette fois-ci, dans un prêche insinue simplement que les pécheurs, pour retrouver leur première ferveur chrétienne, ont du mal à demander pardon à Dieu. Je me suis immédiatement dit ceci : « voici un autre qui nous donne un message littérale de la parole biblique. Dieu, il est certainement partout, mais nous ne le voyons pas, (il a même dit a Moise selon cette même bible que celui-ci ne pouvait se permettre de le voir et continuer à vivre), je trouve donc qu’il n’y a rien de plus facile que de s’agenouiller dans le secret de sa cellule pour dire "Seigneur pardonne mes péchés", c’est d’ailleurs ce qu’il y a de plus facile. Le plus dure c’est notre incapacité immanente à demander pardon aux autres, à ceux que nous voyons et que nous offensons réellement par notre cruauté. Pour cela il faut un dépassement de soi dont nous ne sommes pas tous capables et qu’on devrait souventes fois nous enseigner dans les églises, dans les rassemblements politiques… et même dans les écoles. C’est une vertu morale et civique qui pourrait panser beaucoup de plaies consciemment ou inconsciemment ouverte chez les autres qui sont en définitive l’image de Dieu que nous cherchons à rencontrer dans un ailleurs inaccessible.
Je n’ai pas toute la substance de la déclaration de Soro Guillaume devant la notabilité villageoise de Mama, mais en fait ce n’est pas nécessaire parce qu’il a suffit d’une seule phrase pour solder le compte d’une décennie de méchanceté à l’endroit d’un peuple qui a eu la malchance d’être proche de Laurent Gbagbo. De la part du président de l’assemblée nationale pour, selon lui, réconcilier les cœurs, le montage de la RTI m’a fait entendre exactement ceci : « je vous demande pardon, mais vous aussi vous devez demander pardon. » Sur l’échelle de l’objectif qu’il voulait atteindre, c'est-à-dire celui de la réconciliation cette phrase est nulle. Elle n’est ni positive, ni négative. Les mathématiciens le schématise bien (1-1=0). C’est comme s’il était allé dire au pauvres villageois exactement ceci : « vous avez mérité ce que je vous ai fait. Nous sommes donc quittes. » Les pauvres villageois encore sous le choc du martyr qu’ils vivent depuis, se sont certainement demandés : « A quel moment lui avons-nous fait du mal et pourquoi n’attend-il pas que nous allions lui demander pardon d’abord ? » Un ami m’a envoyé un message pour me demander qu’est-ce que les ressortissants de cette région font pour laver cet affront, pour de-profaner et ré-sacraliser leur souffrance. On oublie souvent que ce peuple est profondément attaché aux valeurs démocratiques et républicaines. Il a donc fait ce qu’il fallait. Il a écouté Soro et lui a accordé les honneurs dus à son rang pour qu’il fasse son numéro. Et entre nous, qu’est-ce qu’il aurait bien pu faire devant un Soro qui n’a pas cesser d’être l’auteur de « Pourquoi je suis devenu rebelle » et qui s’est effectivement rendu à Gagnoa avec les mêmes Morou Ouattara, wattao, Dja Gao, Ben Laden, Loss... leurs chars au poing et dans leurs habits de casseurs de République. Alors : « Mon Père, me conseillez-vous de me mettre à mentir si le frère en question n’a pas cessé d’être un "rebelle" ? »

Joseph Marat

vendredi, 16 août 2013

Allons-nous revivre 2010 en 2015 ?

Allons-nous revivre 2010 en 2015 ? Les puristes de l’histoire diront non. Le temps passé ne revient plus. Un philosophe de l’antique Grèce a pu dire en substance qu’il est impossible à un homme de se baigner deux fois dans la même rivière. Le devenir ou l’histoire est irréversible. Même si les sages de l’histoire sont tous d’accord pour dire qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil et que la plus grande leçon de l’histoire des hommes est une succession des événements qui ont déjà pris date quelque part dans l’espace et le temps. Et si pour guérir le mal ivoirien, pour réparer le dérèglement sociopolitique dans lequel nous sommes depuis quelques temps, il fallait réinitialiser l’androïde politique de la Côte d’Ivoire ? C’est l’impression que m’ont laissée deux amis avec qui j’ai longuement échangé au cours des deux derniers jours qui viennent de s’écouler.
Le premier a bénéficié d’une audience du président Affi NGuessan. J’avais déjà noté la nuance que le président du FPI ne se sentait pas du tout en liberté provisoire, mais en liberté tout court et que son premier discours à sa sortie de prison n’était en rien différent de celui qui l’y conduisit. Mon ami est venu ajouter à mes certitudes que le président du parti de Laurent Gbagbo s’était bonifié. Il l’a trouvé jovial, très en forme avec des idées politiques encore plus percutantes et plus ouvertes. En somme, les deux ans de répression et d’encasernement de l’homme ont simplement servi à affaiblir ses ennemis d’en face. C’est cet Affi qui sort de prison que le pouvoir de Ouattara, pour sa survie, devrait incarcérer et non libérer. J’ai simplement ajouté que les quatre murs de la prison ont souvent servi, dans l’histoire de la politique, à forger des grands hommes et que le régime actuel ne s’est pas seulement sabordé, il a rendu un énorme service à la Côte d’Ivoire en faisant vivre l’expérience de Mandela à un grand nombre de nos valeurs politiques. N’avons-nous pas l’impression de respirer l’air des années 90. Nous attendons seulement le retour du Woody de Mama pour revivre la renaissance de 2000.
Le second, un militant PDCI, ami des années de braise universitaires, m’a confié sur un ton de confidence que le plus grand des ennemis de Ouattara reste toujours Henri Konan Bedié. J’avoue que j’ai marqué ma surprise parce que nous sommes tous sans ignorés que l’un des derniers combats de ce dernier est de livrer sa troupe, mains et pieds liés, à celui qui veut être le seul candidat du RHDP en 2015. Il me reprend et m’explique que la jurisprudence de Tia Koné rend Ouattara inéligible en 2015. Ce dernier sortira donc le traité de Marcoussis selon le principe de la prévalence des textes internationaux sur les textes nationaux pour se constituer un bétail électoral (suivez mon regard) et vouloir rempiler. C’est alors que le vieux rusé, qui cache bien son jeu, lui rappellera que le même Marcoussis avait fait sauter les clauses de l’âge et rendu tout le monde éligible. Il va donc susciter sa candidature au sein de son parti au moment venu. Je réplique que si nous devons ressusciter Marcoussis, peut-il y avoir élection présidentielle apaisée ou réparatrice sans Laurent Gbagbo ? Mon ami PDCI me répond calmement que c’est pourquoi l’Homme de le Haye sera déjà Mama. Vous comprenez aisément pourquoi je pense que nous allons revivre 2010 en 2015. Cette fois avec le recomptage des voix pour ne pas faire mentir Héraclite et Dieu qui répare toute chose en son temps.

Joseph Marat

lundi, 12 août 2013

Soro Guillaume ira-t-il à Gagnoa comme il a été à Ouaga ?

Guillaume Soro a annoncé, il y a quelques semaines qu’il se rendra dans la région de Gagnoa. Nous nous souvenons aussi que dans un dépassement de soi, le chef des chefs de village de Gagnoa, rendant visite à Alassane Ouattara à Kong avait invité ce dernier à faire une visite d’Etat dans ledit département. Ouattara n’a pas refusé la demande de la chefferie bété, du coup et depuis lors nous savons que Soro se rend officiellement à Gagnoa en éclaireur pour Ouattara. Officieusement, sous le prétexte d’y aller inaugurer un siège social provisoire des chefs du département, le président de l’Assemblée Nationale a son propre agenda. C’est d’ailleurs pourquoi ce déplacement à Gagnoa n’est plus une mission de bons offices mais un véritable acte politique dont Soro compte bien se servir pour récolter des dividendes et renforcer son positionnement dans l’alternative que recherche Big Brother. Le débat bien animé de savoir s’il y va ou pas n’est que factice parce qu’en réalité les chefs traditionnels qui ne sont pas nés de la dernière plus ont fait comprendre aux émissaires de Soro que, tout comme les accords de Ouagadougou, cette fanfaronnade qu’il prévoit faire dans le département de Gagnoa sur fond de reniement des douleurs et sinistres des populations de cette région ne saurait être gratuit pour celui qui peut largement payer. C’est, au bas mot, avec plus 30 milliards, sans oublié les marchés et les avantages faramineux liés aux nominations, que Laurent Gbagbo, pour la paix dans son pays, a arrosé tous ceux qui se tapent aujourd’hui la poitrine d’avoir accepté sa main tendue. Le message des têtes couronnées à Abel Djohoré et Louis Dakoury, ex-rebelles, aujourd’hui députés du peuple a été clair : « la paix et l’attente entre les fils d’un même pays n’a pas de prix. C’est pourquoi nous avons initié malgré la douleur qui nous serre le cœur, cette diplomatie traditionnelle pour inviter le chef de l’Etat en visite officielle ici et Soro Guillaume à inaugurer notre siège social. Ce sont des mains que nous leur faisons tendre et nous sommes prêts au nom de la réconciliation nationale à la saisir et nulle n’ignore que nous y sommes vraiment disposés. Nous n’aurions rien initié sinon. En revanche, tout comme les rebelles hier dans les accords de Ouaga, allez dire à Soro que nos yeux sont encore imbibés des larmes face aux sinistres, à l’emprisonnement et à l’exil forcé de nos fils. Nous ne saurions faire comme si nous ne pleurions pas et le porter en triomphe dans cette région natale de Laurent Gbagbo et Blé Goudé.» Le message d’essuyer les larmes de ces pauvres villageois a-t-il été bien perçu ? Apparemment non. Les ex-rebelles députés ont tranché dans le vif : « Soro Guillaume viendra à Gagnoa malgré vos jérémiades ». Ce, à quoi le président de l’Assemblée Nationale dont la fortune est à la hauteur de sa très grande sagesse politique aurait ajouté qu’il ne lui sera pas interdit, en tant que deuxième autorité suprême de ce pays de se rendre là où il veut et quand il veut. Sauf changement de dernière minute, Soro ira donc à Gagnoa le 15 aout prochain le couteau entre les dents. Il est avant tout un "saigneur" de guerre et en face de lui, il n’y a que des sages qui n’ont pour seule arme que leur prescription pour soigner la plaie purulente de la nation.

Joseph Marat

mardi, 06 août 2013

Nationalité bâtardisée (1)

J’ai posté le 04 septembre 2011 sur mon blog le texte qui va suivre. Je l’ai intitulé : « Incroyable ! Coulibaly Gnénéma s’ennuie » Je croyais ouvrir un débat pour le clore immédiatement et inviter nos responsables politiques à s’intéresser à ce qui est essentiel pour notre nation. Je ramène ce texte de son archive pour deux raisons : le débat sur la nationalité a refait surface et une très belle réaction de Natalie Yamb conseillère de Mamadou Koulibaly m’a plongé dans une méditation métaphysique. Je republie ces ceux textes pour attirer une fois encore l’attention du peuple ivoirien sur le dessein caché de la politique de Ouattara. S’il était le chef de l’Etat des Côte d’Ivoire, le sort des ivoiriens semble être le dernier de ses soucis.
« C’est dans le numéro 1849 de Nord Sud quotidien du vendredi 26 août dernier que je suis tombé sur un petit compte rendu de la journaliste Anne-Marie Eba. Elle rendait compte d’une table ronde organisée par le ministère des droits de l’Homme. Cette assise avait pour objectif « l’analyse comparative de la convention de 1961 sur la réduction des cas d’apatrides et celle du code de la nationalité ivoirienne ». A l’occasion, Gnénéma Coulibaly, à travers son représentant, Fructueux Bako, dit devoir prendre « toutes les dispositions possibles pour apporter une réponse à la question de l’apatridie en Côte d’Ivoire ». Et la journaliste, forte de tout ce qu’elle a pu voir et entendre donne, à son article, le titre suivant : « la Côte d’Ivoire veut mettre fin à l’apatridie ». Entre nous, depuis quand le phénomène d’apatridie est-il devenu un problème crucial des droits de l’Homme ? Tout se passe comme si dans un pays quelconque, une maladie décime la population au point qu’elle est devenue plus qu’une question de santé publique et le ministre affecté à la santé de ses concitoyens, au lieu de s’en préoccuper, utilise l’argent des contribuables pour organiser des séminaires sur les acnés. Est-ce que ce sont les problèmes des droits de l’Homme qui manquent, dans le contexte actuel dans ce pays ? Quand on interroge la notion d’apatridie, on se rend compte qu’elle est devenue fictive. Dans ce monde quadrillé par le GPS, il est difficile de naître sans patrie. La notion même de naissance est une notion juridique qui confère aujourd’hui à chaque nouveau-né un lieu de naissance. C’est Alassane Ouattara qui nous a révélé cette notion d’apatridie dans ce pays. Je me souviens qu’il s’offusquait de ne pas pouvoir être candidat aux élections présidentielles pour cause de nationalité douteuse. Je ne pense pas qu’il y ait plus de dix personnes qui aient eu le même parcours que Ouattara pour que cela fasse l’objet d’une assise nationale. Alors, que Coulibaly Gnénéma nous dise ce qu’il veut cacher. Si c’est pour naturaliser les trois millions de personnes annoncées à Marcoussis qu’il sache qu’ils ne sont pas apatrides. »

Joseph Marat

Nationalité bâtardisée (2)

Le samedi, 27 juillet 2013, Nathalie Yamb, Conseillère exécutive du Président du Prof. Mamadou Koulibaly, a été interrogée par Danielle Tagro du quotidien Nord-Sud au sujet du débat sur l’apatridie qui divise les partenaires gouvernementaux du Rhdp. Voici la question : « Question : Quelle est la solution, selon vous, pour régler le problème de l’apatridie ? » La réponse de se cette dame montre à quel point ceux qui prétendent défendre les intérêts des Ivoiriens trahissent sans vergogne notre cause.
« Quel problème de l’apatridie ? Qui a un problème d’apatridie ? En tout cas pas la Côte d’Ivoire. Le code de la nationalité règle la question après la succession d’Etats dès 1961. En 1972, le code de la nationalité redonne une opportunité à ceux qui auraient raté l’échéance de 1961 de se mettre à jour. En 2003, Marcoussis règle une fois encore la question. Enfin, l’accord politique de Ouagadougou, à travers le processus d’identification mené par la Sagem, donne la chance à ceux qui ne l’auraient pas déjà fait de se faire enrôler sur simple présentation de leur acte de naissance et d’obtenir ainsi leur carte d’identité ivoirienne. On veut nous faire croire qu’il y a des apatrides d’avant 1961 en Côte d’Ivoire qui auraient raté les opportunités d’utiliser leur droit d’option en 1961, en 1972, en 2003 et en 2007 ? Que le président Ouattara, son parti le Rdr et son partenaire gouvernemental le Pdci arrêtent de nous tourner en bourriques ! Je pense qu’aujourd’hui comme hier, cette discussion est mal à propos. Il y a des centaines de milliers de réfugiés ivoiriens à l’étranger. Ce sont eux qui devraient préoccuper la coalition gouvernementale, plutôt que d’hypothétiques apatrides dont on nous parle depuis 1960. Il est temps de tourner résolument le dos à ces thématiques divisionnistes et aux acteurs et partis politiques qui les utilisent de façon malsaine pour dresser continuellement les populations les unes contre les autres. Il faut que ça cesse et il faut rompre avec cela tout de suite ! A LIDER, nous disons : Que le gouvernement s’occupe des vrais problèmes : nous voulons que les Ivoiriens qui sont contraints à l’exil depuis trop longtemps puissent sans danger rentrer chez eux. Nous voulons que les paysans puissent devenir propriétaires du sol et du sous-sol. Nous voulons que la capacité de nuisance des politiques à travers un pouvoir présidentiel hypertrophié soit limitée. Nous voulons que les habitants de ce pays soient recensés et que les citoyens qui peuvent prétendre au droit de vote soient inscrits sur les listes électorales, afin qu’on mette fin à l’exclusion de millions de jeunes qui ont atteint leur majorité depuis 2009, date de confection de l’actuelle liste électorale, à laquelle les auteurs du chaos ivoirien s’agrippent encore aujourd’hui de toutes leurs forces. Voilà les problèmes qu’il faut régler en urgence. » Après tout ça, comment arrive-t-on à se convaincre que la Cote d’ivoire est un Etat gouverné par des nationaux ? Une simple question que suscite l’altruisme exaspérant du régime actuel au détriment de ceux à qui on a fait le serment de protéger les intérêts.

Joseph Marat

jeudi, 01 août 2013

On continue de traquer pensées et penseurs

Un ami qui me fait l’honneur de revisiter mes aphorismes ne me lâche pas depuis un moment pour que j’enrichisse l’un d’entre eux qui l’a particulièrement marqué. Il trouve que ce que je disais à l’époque est tellement d’actualité que c’est plus que jamais le moment de le reprendre en mettant le doigt sur les occurrences de l’actualité qui l’illustrent. Il n’a pas tort. Mais j’ai bien envie de lui dire que c’est ce je fais tous les jours quand je m’assoie devant mon écran d’ordinateur pour dénoncer les dérives du régime Ouattara. C’est le titre « Est-ce qu’on pense ? » qui n’est pas repris chaque fois, sinon dans ce pays, la tête refuse de penser. Je crois même que le régime s’organise pour mener une lutte farouche contre tous ceux qui essaient de penser. Nous sommes dans la caverne et le philosophe est ostracisé là où il aurait fallu solliciter sa lumière. On ne cite pas ses contemporains, mais entre nous, dans un pays où le cercle de la pseudo-réflexion est animé par Kandia Camara, Cissé Bacongo, Ahmed Bakayoko, Guillaume Soro, issiaka Ouattara, Koné Zakaria et j’en passe…peut-il y avoir une place pour la pensée. Mêmes les Yacouba Konaté et Abou Karamoko qui pouvaient sauver l’honneur d’animer des contradictions bancales pour mériter leur salaire sont devenus inaudibles devant le vacarme de l’idiotie. Y a-t-il encore des débats contradictoires sur TCI…pardon RTI ?
Je n’irai pas loin parce qu’avec ce régime les faits de la non-pensée ne se cherchent pas. On y est tellement englué qu’on deviendrait maniaco-dépressif à vouloir dénoncer toutes les incongruités de la Ouattarandie. Tenez, une campagne associant spots télévisés et messages bidons sur des panneaux publicitaires, sensée sensibiliser les ivoiriens sur la corruption a été épinglée par les confrères comme l’un des plus grand faits de corruption des 20 dernières années de la Côte d’Ivoire. Plus de 81 milliards de surfacturation pour dire halte à la corruption. En clair, la structure que dirige Méité Sindou pour sortir le pays de la corruption s’en est fait le champion. Voilà comment on refuse de penser pour laisser toutes la place à la danse du vendre. Mais au-delà de ce qui pour moi est un niveau déjà inadmissible de corruption par un organisme censé la combattre, je vois un véritable scandale politique qui consiste à détourner notre conscience du véritable mal qui a totalement délitée notre société. L’un des messages de Meité Sindou dit ceci : «J’ai institué le racket, ça a tué mon fils. » Apparemment ce n’est pas le fruit d’une pensée. Il n’y aucun rapport entre la perte d’un fils et le racket qui est d’ailleurs loin d’être une institution. C’est un mal qu’on ne saurait instituer. Un de mes maîtres me disait que la corruption est l’huile du moteur administratif. Sans cautionner la pratique, ce n’est pas la forme de corruption que veut dénoncer ici Meité Sindou qui ruine un Etat. Cela pourrait même servir l’effet contraire parce que je ne pense pas que le volume de petites monnaies qui circulent dans la société moyenne ivoirienne soit vraiment ruineux au point de détourner 81 milliards pour en parler. Si Méité veut vraiment sensibiliser sur la bonne gouvernance, qu’il s’adresse à ceux qui ont introduit des armes non conventionnelles en politique et qui usent de force pour détourner tout le budget d’un Etat en gouvernant par ordonnance et en dévoyant les lois de passation de marchés publics. Pour cela, Méité Sindou n’a pas besoin de débourser un rond, il n’a qu’à actionner la justice et en plus il les connait tous. Ils n’ont rien avoir avec des anonymes pleurant sur des pancartes.

Joseph Marat