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mercredi, 23 octobre 2013

Rions un peu

Les anecdotes et les rumeurs n’ont pas pour but absolu de nous rapporté la vérité scientifique. Sinon elles ne seraient plus anecdotiques. Celui qui écoute la rumeur a toujours ses pincettes en mains. Celui qui parle n’a donc pas besoin de recommander qu’on prenne ses propos avec des pincettes parce que celui qui écoute n’est pas idiot. Au même titre que le cartésien, il aime aussi la vérité mais ce qu’il recherche, en tendant les oreilles, c’est de s’évader de la réalité sclérosante pour un monde tout aussi logique que plaisant. Notre imagination en se délectant des histoires vraisemblables nous fait vivre l’instant d’un moment le bonheur de voir l’ennemi dans les cordes de sa propre turpitude. Dieu seul sait comment l’imaginaire défie quelque fois la réalité.
Il parait que le démiurge des milliards a perdu la magie, il n’a vraiment plus l’oseille. Pour le pays on le sait déjà. Les fins de mois difficiles pour les travailleurs, la grogne des commerçants parce que l’argent ne circule plus, les primes impayées à cause de la ratification des excédents financiers. Une sage femme me disait hier qu’elles étaient nombreuses en attente d’affectation depuis deux ans. Non par manque de poste mais parce que l’Etat ne peut pas assurer, pour l’instant, leur salaire. Où sont passés les effets de l’initiative PPTE. Sur cette sécheresse des caisses de l’Etat, il existe une petite histoire qui continuera de tenir la route tant qu’on continuera de tirer le diable par la queue.
Le président Gbagbo détiendrait encore tous les codes secrets des comptes de l’Etat ouverts dans des Etats amis qui attendent toujours la preuve qu’il a vraiment perdu les élections de 2010 au profit d’un certain Alassane Ouattara. Ces comptes qui continuent de recevoir les dividendes des participations de l’Etat dans une multitude d’entreprises ne sont accessibles que par le Woody de Mama. Ils les auraient rendus au cours d’une passation de charge si on n’était pas passé de l’Etat de droit à l’Etat de nature. Mais, on sait comment les dozos ont pris le pouvoir. On sait aussi pourquoi Ouattara aurait demandé expressément qu’on ne tue pas Laurent Gbagbo et pourquoi celui-ci est passé par la case torture à Korhogo avant de rejoindre la Haye où on lui passe désormais la pommade pour qu’il remette les clés de la République à Ouattara. Tout en continuant de leur demander « Qui a gagné l’élection présidentielle de 2010 ? », le président Gbagbo, dans la très grande mansuétude et le très grand humanisme qu’on lui connait, signerait, des fois, des chèques pour débloquer la situation salariale de ses concitoyens. Ouattara n’aurait donc pas le pouvoir d’argent pour la Côte d’ivoire et c’est peut-être pourquoi il admet que l’argent ne circule pas. Mais ce constat serait aussi vrai pour le ménage de l’individu lui-même.
La rumeur raconte qu’il se serait rendu en suisse pour faire un retrait sur ses comptes qui datent d’avant sa prise de pouvoir. Arrivé au guichet, il sort sa pièce. Le banquier constate qu’elle est à l’image de cette banderole que Denis Sassou NGuesso a confectionnée pour le recevoir et sur laquelle une bande noire séparait Alassane de Ouattara. Au Congo on n’a eu cure de se moquer d’un chef d’Etat constamment en tournée de gamelle. En Suisse, le banquier, carré sur les principes, lui aurait dit qu’il n’y a pas d’Alassane Ouattara dans ses livres de comptes, avant de tourner les talons.

Joseph Marat

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