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vendredi, 01 novembre 2013

Rdr, Gbagbo vous a tout donné. Que lui avez-vous donné en retour ?

30/9/2013

Quand j’ai lu ceci : « Fpi, Ouattara vous donne tout. Que donnez-vous ? », à la Une du journal le patriote, la semaine dernière, man sang a fait un tour. Non de colère, mais de compassion. Ce sentiment, quelque peu condescendant, qu’on a quand on n’arrive plus à haïr son ennemi. Tellement il vous ravale dans votre opposition. L’idée était pour moi de ne pas chercher à tirer sur l’ambulance quand je suis tombé sur la réaction du juriste SERY Zadi Aurelien Gboziagnon. J’apprécie et je partage pour que l’aveugle sache qu’il n’est pas le seul sur la piste de dance :
« Dans sa parution du Mercredi 25 Septembre 2013, « le Patriote » titre avoir tout donné au FPI et s’interroge sur la contribution de ce parti au retour de la paix en Côte d’Ivoire. L’essentiel du tout, qui aurait été donné par Ouattara se résume à la libération de personnalités politiques gratuitement emprisonnés; le refus de transférer Simone Gbagbo, pour éviter de livrer dans le même coup ses chefs de guerre; et une grâce présidentielle qui exclut expressément le restant des quelques 700 prisonniers pro-Gbagbo encore détenus.
Tout témoin objectif de la crise en Côte d’Ivoire ces dix dernières années, ne peut manquer d’être surpris par l’absurdité de ces propos. (...)Libérer un homme arbitrairement emprisonné n’est point une grâce; ce n’est que justice, une consolation ponctuelle qui n’offre aucune solution pour les préjudices irréparablement subis. Le dégel tardif de certains comptes peut-il ressusciter ceux qui sont morts par manque de moyens (Bohoun BOUABRE)? Détenir Mahan GAHE, lui casser cotes et vertèbres, seulement pour s’entendre dire par le juge plus de deux ans après qu’il y a un non-lieu dans son affaire, mérite-t-il d’être ajouté à la bienveillance de Ouattara ? Le FPI en cherchant la paix en Côte d’Ivoire a donné au RDR et au PDCI, même avant la guerre, un Gouvernement d’Union National, et après, un Gouvernement de Plus Large Ouverture. Ce parti a offert à la Nation un Forum National de la Réconciliation auquel, le Président Gbagbo a, lui-même, humblement participé, sans jamais, comme l’orgueilleux Ouattara, le confier à une personnalité subsidiaire de son parti (Ahoussou Jeannot). Confronté à une rébellion, le FPI a sacrifié Affi N’GUESSAN, son Premier Ministre, pour avoir la paix. Il a financé au nom de la démocratie le RDR à hauteur de 800 million par an. Le FPI n’a eu, pendant ces années de braises, que la responsabilité du pouvoir, sans en avoir la gestion, ayant perdu la moitié de ses ministères au profit de la rébellion. Dans un ultime acte de sacrifice, le FPI a confié à l’opposition, l’organisation des élections (la CEI) au nom de la transparence et de la paix. La réponse du RDR à tous ces sacrifices fut un non au désarmement des rebelles, non à la réunification du territoire national et non à l’unicité des caisses de l’Etat. Le RDR parle de don, le FPI parle de sacrifice. De toutes les promesses faites par Le RDR, ce parti n’a tenu qu’une seule. »
Dans cette seconde partie de son intervention SERY Zadi Aurelien Gboziagnon nous présente le tableau du contraste entre la souffrance supposée du bourreau et le ressenti de la victime. La cerise sur le gâteau est que le bourreau certainement drogué par les cimes du pouvoir est convaincu de faire du bien à sa victime qui commet le crime de ne pas dire merci tant qu’il n’a pas encore succombé.
« Il a promis qu’il rendrait la Côte d’ivoire ingouvernable, et il l’a ainsi rendue. Son mentor a dit: « Au moment venu, je frapperai ce gouvernement moribond, et il tombera ». Bédier et Gbagbo en ont fait les frais. Quand Danon DJEDJE dit sans se tromper que le FPI n’a rien à donner, il parle plus d’une situation objective de dénuement, d’un contexte qui ne saurait créer des obligations à la charge du FPI.
Ayant été ouvertement soutenu par les forts et hauts piliers de l’ONU, de la France et des USA, le RDR n’a pas compris qu’en politique comme dans les faits, les hauts sommets donnent le vertige. Malheureusement, une fois au sommet, on ne peut que descendre. Ayez le courage et l’humilité de descendre du sommet pour parler à vos frères Ivoiriens qui ont fait les frais de votre affolement. Il n’y a pas que mesquineries et contrats à signer en politique, il y a aussi la sensibilité, ces choses imprescriptibles qui nous lient les uns aux autres. Nous sommes humblement surpris au FPI d’avoir encore quelque chose à donner qui intéresserait le RDR, ce parti qui a le soutien des grands, du FMI (PPTE), de la France (Licorne), des USA (Drones), de la CEDEAO (Ecomog), de l’UA (Jean PING). Si comme l’affirme notre fameux journaliste, Ouattara a souffert de la profanation de la tombe de sa ‘‘mère’’; nous au FPI souffrons pour ces nombreux disparus ivoiriens sacrifiés à la soif de Ouattara, qui n’ont eu ni l’âge de Nabintou CISSE, ni enfant pour faire leur deuil (comme Ouattara l’a fait pour sa ‘‘mère’’) et ni tombe qui subirait l’honneur d’une profanation. Car la profanation dans cette acception, consacre la fin d’une existence terrestre, bafouée mais constatée, saccagée mais reconnue. Combien plus préférable au collectif ravalement à l’anonymat, au néant, à l’inexistence absolue. Au FPI, notre douleur est amplifiée parce qu’elle ne trouve son expression que dans le silence absolu des disparus. Un très grand penseur ivoirien, auteur des Chemins de sa Vie à lui seul, ne disait-il pas des grandes douleurs qu’elles sont muettes. En vérité, le RDR ne nous demande que le silence et la soumission à l’oppression. Malheureusement pour ce parti, c’est un droit de l’Homme et même un devoir moral, que de résister à l’oppression. Nous irons jusqu’au bout. » Sans plus de commentaire.

Joseph Marat