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jeudi, 16 janvier 2014

Gouverner et communiquer

Dans une conversation a bâton rompu, avec un ami cette idée perspicace que la refondation a eu un sérieux handicap dans sa gestion du pouvoir. Elle l’a prise pour un accessoire du pouvoir alors qu’on leur rabâchait à longueur de journée qu’elle représentait le quatrième des pouvoir politique. J’ai approuvé cette observation pertinente et un retrait méditatif j’ai pondu cette réflexion sur cette question : « Quel doit être la place de la communication dans une organisation politique ? La question est souvent relayée au second plan parce qu’on ne mesure pas, à sa juste valeur, son impact sur l’action politique. En réalité peut-on faire de la politique sans communiquer ? Lieu par excellence d’échange entre le politique et ceux dont il veut conduire le destin, la politique ne devrait pas se faire sans communication parce qu’il faut convaincre et persuader les autres à vous confier leur destin. Comment y parvenir si l’on ne communique pas ou si l’on communique mal ? Il ya des combat en politique qu’on perd parce qu’on n’a pas suffisamment communiqué sur la justesse de sa position.
En côte d’Ivoire et peut-être dans le monde entier, on sait qui est Laurent Gbagbo, son combat pour la démocratie et même son ouverture d’esprit sur les questions qui touchent à la liberté individuelle de ses concitoyens. Par quoi pensons-nous que ses ennemis sont passés pour l’ériger en « dictateur sanguinaire » afin d’avoir la conscience tranquille en bombardant son palais. Aujourd’hui, ses ennemis nous emmène à penser, à travers le concept de la justice des vainqueurs que Laurent Gbagbo ne serait pas si saint que ça.
Un père de famille se fait braquer chez lui. On l’arrête, on le jette ne prison et on laisse les criminelles prospérer dans leur forfait. Devant l’indignation, on transforme le débat, non en manque de justice, mais en manque d’équilibre de justice. Une façon sinueuse de faire admettre, sans preuve, que la poche de moralité politique en Côte d’Ivoire est percée. Que le père de famille est aussi un vulgaire bandit. Que Laurent Gbagbo est le principal auteur, même en parlant de coaction, de la rébellion qui endeuille son peuple depuis une décennie. Et tout le monde est réduit à gober cela comme si la vérité n’était pas ailleurs.
L’opposition a déjà fait toutes ses concessions sous l’effet du discours ambiant sans jamais avoir sérieusement fait connaitre ses revendications. C’est cela la communication. Présenter le mensonge dans un écrin de vérité. Ce n‘est pas une fatalité, mais il se trouve qu’on communique mal autour de la vérité.
On dit de la presse qu’elle est le quatrième pouvoir. Celui qui veut aller loin en politique doit faire du pouvoir de la communication le premier pouvoir. Une idée politique dont on ne parle, quelle que soit sa beauté, n’en sera une. L’anecdote dans le milieu raconte même que si Jésus Christ revenait aujourd’hui et que la presse décidait de ne pas en faire écho, il ne sera pas venu. Il faut donc faire de l’outil de communication un atout essentiel dans toute démarche politique.
Et communiquer, ce n’est pas forcement être présent sur tous les supports de communication à tout moment. C’est un art de la guerre qui nécessite qu’on s’exprime, qu’on se fasse voir, qu’on pose un acte fondamental au moment opportun. La communication est un art de stratégie qui a ses règles. On décide de communiquer avant, pendant, et après tout acte politique quand on veut lui donner toutes les chances de succès. Un homme politique doit maitriser ou contrôler son système de communication. C’est un appareil politique qui doit accompagner le parcours du leader politique. Ce n’est pas un accessoire de condescendance avec les journalistes. C’est tout un organe dans l’organigramme d’une organisation politique à qui on doit demander des comptes quant à l’image du leader dans la presse et qui doit réfléchir constamment à l’améliorer auprès du public cible.
Le monde de la communication s’est aujourd’hui complexifié. C’est un domaine technologique qui évolue aussi vite que la science. Il ne suffit donc pas de créer un journal ou distribuer des per diem à des journalistes pour prétendre communiquer. C’est une affaire de spécialistes de l’image et une affaire de volonté politique clairement affiché. Il ne faut pas attendre l’approche des élections pour y travailler parce que, justement les élections viennent sanctionner, tout le travail qui a été fait en amont sur les idées et l’image du leader. Quand on s’y met la veille il ne faut pas s’entendre à des miracles. Ce sera pareil pour un élève qui décide de bosser ses leçons la veille de l’examen.
Lors du dernier aménagement de la direction générale du FIP la communication a été logé dans l’une des cellules que dirige le Professeur Dédi Séry. Avec tout le respect que j’ai pour cet éminent professeur, j’ai du mal à ne pas penser que c’est une erreur. Sans penser à quelqu’un de spécifique, je pense que la communication mérite un poste de Vice de présidence. Et les hommes politique qui veulent nous gouverner aujourd’hui n’ont certainement plus d’excuse pour ne pas s’approprier tous les instruments de la communication qui évolue a la vitesse de la lumière. Sur la question, nos hommes politiques quelle que soient la pertinence de leur idée ont aujourd’hui le choix entre se démettre et se mettre à la retraire ou se recycles pour ne pas donner l’impression des analphabètes qui veulent diriger des érudits de l’ère nouvelle.

Joseph Marat

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