UA-108822782-1
topblog Ivoire blogs

jeudi, 16 janvier 2014

Il est devenu la solution

Une discussion amicale a débouché sur le problème de la réconciliation en Côte d’Ivoire et il faut dire que c’est surprenant que le sujet fasse encore partie du top 2 des débats que les ivoiriens tiennent sur la vie de leur nation. La réconciliation nationale est l’une des grandes promesses non tenues par le mentor du Rdr aujourd’hui au pouvoir. Ce fut l’un de ses projets majeurs. On se souvient encore de lui vociférant, devant tous les crachoirs qu’on lui tendait, qu’il suffisait d’extirper Gbagbo du milieu des ivoiriens pour que ceux-ci renouent avec la paix, l’union et l’attente. Apparemment cela n’a pas suffit. Le fait que le gouvernement soit aujourd’hui en train d’en parler, est révélateur de l’un des plus gros mensonges d’Etat. Et ce n’est pas par faute de n’avoir pas essayé ou non, mais par pur sabotage du désir des ivoiriens de se retrouver et reconstruire leur pays après une décennie de gestion des caprices d’une rébellion sauvage. En d’autres termes le régime de Ouattara ne veut pas que les ivoiriens se réconcilient. Cela ne sert pas ses intérêts. Une Côte d’Ivoire unie, comme un corps en bonne santé, se serait déjà immunisé.

Le premier signe de ce sabotage de notre unité nationale, restera toujours l’échec de la fameuse CDVR de Charles Konan Banny. Non seulement il fait un casting qui ne sied pas pour la circonstance, mais il a constamment travaillé à la désincarner. Le succès de Banny n’aurait pas servi sa cause. Second signe que la réconciliation des ivoiriens est nocive pour le régime de Ouattara réside dans le chantage et l’échange contre nature auquel beaucoup veulent croire naïvement. Récemment, ses thuriféraires médiatiques faisaient encore croire que si Ouattara libère Simone Gbagbo et les autres prisonniers politiques, cela donnera un coup de fouet à la réconciliation comme s’il suffisait de revenir sur une injustice pour en effacer les séquelles. De toute évidence, l’histoire même en se mordant la queue comme une roue, draine toujours l’imperfection de ne jamais restaurer totalement le passé. Ce qui veut dire que ce n’est pas parce que le mal fait aux ivoiriens par le régime de Ouattara ne sera jamais réparé, que la réconciliation est impossible. Elle le sera tant qu’on feindra d’en ignorer le principe dans une république moderne. Il faut même penser qu’associer libération des prisonniers et réconciliation est une diversion dont se sert Ouattara pour gagner du temps. Lui-même sait que cette réconciliation nationale qu’on appelle de tous les vœux, ne sera pas consécutive à l’ouverture de tous les goulags du pays. Les citoyens d’un Etat digne de ce nom se réconcilient autour des principes rationnels qui le régissent. Le romantisme politique que Ouattara et ses marionnettistes veulent nous faire prendre pour une démarche de restauration de notre pays est un leurre qui ne trompe que ceux qui veulent avoir les yeux constamment fermés et se nourrir de l’illusion qu’ils émergent. Tant qu’on ne se sera pas assis pour repenser ensemble notre Etat, nous perdons du temps et servons les ambitions de ceux qui sont venus le détruire pour prospérer sur ses ruines. A ceux qui savent lire entre les lignes, le problème de la Côte d’Ivoire ce n’était pas Laurent Gbagbo, au contraire et n’en déplaise à ceux qui ont été "stupéfianisés" pour y croire, il est devenu la solution.

Joseph Marat

Les commentaires sont fermés.