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jeudi, 16 janvier 2014

L’assassinat des opposants, une question de méthode

Le monde va mal et l’actualité que les media nous servent chaque jour s’en ressent. En Côte d’Ivoire la météo politique est mauvaise. C’est du « déjà vécu ». Tous les signes d’avant-veille des grands embrasements, connus par ce pays, sont là. Mamadou Koulibaly l’annonce et Ouattara le prépare par son arrogance. Même en affichant des mines qui veulent prétendre le contraire, les animateurs du régime actuel en sont conscients. Leur conscience en est tellement inondée que leurs réactions face aux problèmes des droits humains que leurs alliés d’hier leur posent se trouvent déstructurées.

Hier à la Une du journal Le Patriote, le gouvernement de Ouattara a interpelé l’Onu et a jugé ses accusations irresponsables. Les experts de l’organisation ont pourtant pris des gants. Ils ont dit douter des affirmations du gouvernement Ghanéen à qui ils se sont gardés de demander des preuves pour ne pas enfoncer le clou contre leur poulain installé à la tête de la Côte d’Ivoire. Le très policé Amadou Gbon Coulibaly leur ruera tout de même dans les brancards et trouvera que les experts de l’Onu sont irresponsables. Le sont-ils pour avoir enquêté ou pour avoir remis en cause la probité du gouvernement Ouattara ? L’Onu est-elle devenue irresponsable ou l’a toujours été ? Question intéressante parce qu’on se souvient très bien, dans ce pays, que c’est à la « certification » de cette organisation que le mentor du Rdr doit d’être dit élu.

Un autre à qui le porte-parolat du gouvernement ne fait pas du tout de bien était lui, le jours d’avant, dans tous les canaux médiatiques pour dire que chercher à assassiner les opposants refugiés dans les pays frontaliers ne fait pas partie de leur méthode. Désigner pour parler au non d’un gouvernement abonné aux scandales politiques, Koné Bruno n’a pas assez de marge pour prendre le recul critique nécessaire à une réaction mesurée. Les Ivoiriens qui connaissent bien le Rdr avaient bien compris. Assassiner les opposants est une question de méthode et non de principe. Koné Bruno ne dit pas que le projet d’assassinat des opposants refugiés que dénonce l’Onu est faux, c’est la méthode, la façon dont les experts de l’Onu le décrivent qui n’est pas exacte. Il dit sans le savoir ou de façon subconsciente qu’assassiner les opposants exilés n’est pas un projet moralement répréhensible. La preuve, le gouvernement de Ouattara ne prendra aucune disposition politique pour qu’ils regagnent leur pays. L’houphouëtiste Alassane Ouattara trouve des vices au dialogue politique pour ne pas favoriser leur retour chez eux. Ils peuvent attendre 2015, voter sur place et espérer que Ouattara tombe pour rentrer. Selon le porte-parole du gouvernement Ouattara l’Onu se trompe et c’est certainement pourquoi, elle est irresponsable.

Le régime de Ouattara n’a pas besoin d’envoyer des mercenaires armes au poing pour éliminer ses opposants en exil. Dans la Ouattarandie, on a finalement acquis le raffinement de la discrétion. Ce n’est pas la première fois que les opposants Ivoiriens décèdent ici ou en exil. Ce qui les tue n’a pas besoin d’autant d’ostentation. La torture dans les goulags nationaux et le gel des avoirs pour les désargenter et les rendre incapables de faire face à leur soin peuvent suffire. Quoique pour la gouverne des Koné Bruno et consort… dans un monde immoral une méthode ne saurait exclure une autre.

Joseph Marat

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